Kutama

mardi 20 juillet 2010
par BENKAM

LES KETAMA, TRIBU DESCENDUE DE BERNIS QUI SUBJUGUA LES AUTRES TRIBUS ET RENVERSA LA DYNASTIE AGHLABIDE AU NOM DES FATIMIDES.

L’un de ces auteurs ajoute qu’Ifriqus laissa parmi les Berbères deux branches de la tribu de Himyer, savoir : les Sanhadja et les Ketama, et qu’ils y subsistent encore. La souche de Ketama étendit ses ramifications sur le Maghreb et pour des rejetons dans plusieurs parties de ce pays ; mais, après l’introduction de l’Islam, à la suite des bouleversements causés par l’apostasie des Berbères, cette tribu se trouva établie dans les campagnes fertiles qui s’étendent à l’occident de Constantine jusqu’à Bougie, et au midi de Constantine jusqu’au mont Awras. Ce fut dans ce territoire que les Ketama dressaient leurs campements passagers et faisaient paître leurs troupeaux ; ils possédaient même toutes les villes importantes de cette région ; puisqu’ entre l’Awras et le rivage de la mer qui s’étend depuis Bougie jusqu’à Bône ils occupaient Ikdjan, Setif, Baghaya, Ngaws, Belezma, Tiguist, Mila , Constantine, Skikda, Al-Coll et Djidjel. Les nombreuses ramifications de cette tribu proviennent de deux aïeux : Gharsen et Issuda, lesquels étaient fils de Ketm b. Bernis. Les enfants d’Issuda sont : les Felasa, les Denhadja, les Mettusa et les Urisen. Le Qasr Ketama, place forte du Maghreb al-Aqsa, porte encore aujourd’hui le nom de Qasr Denhadja. Les enfants de Gharsen sont : Messala, Kalden, Mawiten, Mad, Inaw, Intasen et Ayan. Inaw engendra Lehissa, Djamila et Messalta ; Intasen fut père d’Ulattaya, Iddjana, Ghosman et Awfas. Ayan, fils de Gharsen, fut l’aïeul des Melusa, tribu dont une des branches, celle des Bani Zeldwi, habite actuellement la montagne qui domine Constantine. Les Berbères comptent au nombre des tribus ketamiennes les B. Istiten, les Hechtiwa, les Messalta et les B. Kankila. Ibn Hazm regarde les Zwawa avec toutes leurs branches comme appartenant aussi à la tribu de Ketama, et cette opinion est conforme à la vérité. Plusieurs peuplades ketamiennes allèrent se fixer dans le Maghreb al-Aqsa, où elles se trouvent encore, mais le corps de la tribu resta dans son ancien territoire et continua à mener le même genre de vie qu’auparavant. Rien ne se changea dans sa position depuis l’introduction de l’Islam jusqu’au temps des Aghlabides. Fort de sa nombreuse population, le peuple ketamien n’eut jamais à souffrir le moindre acte d’ oppression de la part de cette dynastie ; B. ar-Raqiq nous l’assure positivement dans son Histoire. Plus tard, ils se firent champions des Fatimides. Après avoir établi un empire dans l’Occident , les guerriers ketamiens passèrent en Orient et s’emparèrent d’Alexandrie, de l’Egypte et de la Syrie. Quand ils eurent fondé Le Caire, métropole de l’Egypte, leur 4è calife, Al-Moëzz, partit avec le reste de la nation, organisée en tribus comme elle l’était, et y établit sa demeure. Comme cet empire devint très puissant, le peuple ketamien finit par s’éteindre dans le luxe et dans la mollesse, mais quelques-unes de ses branches étaient restées dans leurs anciens territoires, le Mont Awras et les plaines voisines. Les unes conservent encore leurs anciens noms et prénoms, les autres ont changé les leurs ; mais toutes, à l’exception de celles qui se sont retranchées dans leurs montagnes, comme les B. Zeldwi, les Zwawa et les habitants des montagnes de Djidjel, ont été obligées de se soumettre à l’impôt et de passer au rang de sujets (de l’empire hafside). Parmi les tribus ketamiennes établies dans les plaines, la plus marquante est celle des Sedwikich. Ce peuple prend ses chefs dans la famille de Swak. Bien que nous ignorions auquel de ancêtres que nous venons de nommer il faut les rattacher, les historiens s’accordent à les représenter comme ketamiens d’origine.

Ibn Khaldun, Histoire des Berbères, XIVè siècle.


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