L’AEP en débat à L’APW : une gestion chaotique

mardi 10 janvier 2012
par Zouikri A.

Malgré ses richesses hydriques et les nombreux ouvrages hydrauliques dont elle dispose, la région est toujours confrontée à un manque chronique d’eau.

Lors de la dernière session de l’APW, beaucoup de questions sur la gestion des réseaux d’AEP ont été soulevées par les rapporteurs de la commission de l’équipement et de l’urbanisme. L’enquête menée sur le terrain à travers l’ensemble des 28 communes de la wilaya a fait part d’une situation intenable vécue par des populations livrées à la débrouillardise pour s’approvisionner en eau. « Pourquoi toutes ces contraintes à faire parvenir l’eau dans les robinets ? Pourquoi toutes ces déperditions ? Est-ce la mauvaise gestion qui est à l’origine de cette situation ? » sont, entres autres, les questions posées par les membres de cette commission, qui ne se sont pas privés d’aller constater les défaillances de l’AEP dans les différentes localités de cette wilaya aux ressources hydriques indéniables. Lors des débats, certains intervenants se sont dits étonnés de cet amer constat alors qu’avec ses cinq barrages, Jijel est appelée à devenir, à brève échéance, un réservoir d’eau pour l’Est du pays. Mise en cause dans cette défaillance relevée dans les 9 agglomérations qu’elle gère, l’ADE n’a pas échappé aux salves de critiques des élus.

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A Kissir, une station de traitement et de pompage est en cours de réalisation pour améliorer la situation

Défendant la cause de son entreprise, le directeur a mis en avant certains aléas entravant sa mission. Il cite, à ce titre, l’insuffisance du nombre de réservoirs qui n’a pas évolué de la même manière que l’extension urbanistique des grandes villes. Le nombre limité des agents, 246, selon les données du rapport, qui ont à leur actif, jusqu’au 30 septembre 2011, 1617 interventions pour réparer les fuites, est une autre contrainte avancée par le même responsable. Pour les cités et les localités dont la gestion de l’AEP est confiée aux communes, la situation n’est pas plus reluisante ; elle est encore plus délicate, note le rapport. Les réseaux dans ces communes sont, tenezvous bien, gérés par… des agents du filet social. La vétusté des canalisations, conjuguée à l’anarchie dans la distribution du précieux liquide, a conduit à une situation pour le moins chaotique. En conclusion, le rapport en question a mis en cause l’absence d’une stratégie à même de rétablir l’ordre dans ce secteur sensible, qui, comble du paradoxe, a bénéficié d’un important investissement dans la réalisation de barrages, réservoirs, stations de traitement et de pompage, et renouvellements de réseaux. La solution, prédit-on, n’est pas pour demain ; elle pourrait n’intervenir qu’à très longue échéance.


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