L’hypocrisie occidentale face aux soulèvements populaires dans le monde arabe

lundi 13 juin 2011
par Abdel Bari Atwan

L’attitude de l’Occident, en particulier de la Grande-Bretagne, envers les soulèvements et les révolutions dans le monde arabe est remplie de contradictions et doit être dénoncée.

Hier, la presse britannique a révélé que les militaires britanniques ont participé régulièrement à la formation de la Garde nationale saoudienne avec les moyens les plus modernes permettant de faire face à des protestations populaires. Après avoir été formées, certaines de ces forces saoudiennes ont été envoyées au Royaume de Bahreïn pour aider à l’écrasement du soulèvement populaire, lequel appelle à des réformes politiques.

L’actuel gouvernement de coalition de la Grande-Bretagne a affirmé plusieurs fois qu’il soutenait le printemps arabe et qu’il se tenait aux côtés des révolutions populaires pacifiques. Pourtant il forme dans le même temps les forces de sécurité de régimes dictatoriaux qui ont écrasé ces révolutions dans leurs propres périmètres, en particulier en Arabie Saoudite et dans la péninsule du golfe arabique.

Ces incohérences, qui reflètent clairement une politique de deux poids deux mesures et une sélectivité dans le soutien aux révolutions démocratiques, n’a aucune cohérence avec le discours officiel britannique et l’enthousiasme sans précédent affiché pour aider les insurgés en Libye à renverser le régime corrompu et répressif du colonel Mouammar al-Kadhafi.

En outre, cette incohérence si flagrante est en complète contradiction avec la résolution qui a été adoptée au sommet du G8 il y a trois jours. Le sommet, dans lequel la Grande-Bretagne était représentée par son Premier ministre David Cameron, a décidé d’étendre le soutien économique pour les gouvernements arabes mis en place par des révolutions démocratiques, en particulier en Egypte et en Tunisie, afin de les aider à combler l’important déficit dans leurs budgets et compenser, entre autres, la diminution des recettes liées au tourisme. Le sommet du G8 a décidé de débloquer 20 milliards de dollars pour soutenir les deux pays et a promis une aide plus importante à l’avenir.

Il ne faut pas oublier de noter que M. Cameron, qui a pris part à la Foire IDEX dans la ville d’Abou Dhabi il y a deux mois à la tête d’une importante délégation représentant les entreprises qui fabriquent des armes et des équipements de sécurité, s’est transformé en démarcheur faisant la promotion de ces instruments répressifs conçus pour briser par la force des manifestations populaires.

Les gouvernements occidentaux qui se disent les promoteurs de la démocratie et de la liberté d’expression sont les mêmes gouvernements qui ont soutenu et continuent de soutenir les régimes arabes dictatoriaux corrompus sous prétexte de souci de stabilité. Dans leur attitude envers le printemps arabe, ces gouvernements font maintenant une distinction entre les dictatures « bénignes » - qui ont d’énormes réserves pétrolières et méritent une sécurité et un soutien militaire ainsi que la formation la plus moderne pour pouvoir réprimer - et d’autres dictatures « mauvaises ». Ils ne s’inquiètent pas des révolutions dans la seconde catégorie car ces pays n’ont pas de pétrole.

C’est de l’hypocrisie dans sa forme la plus achevée. Ce qui intéresse l’Occident n’est pas la démocratie et ses valeurs, mais le flux de pétrole à bon marché et le maintien de la supériorité militaire israélienne dans la région. Ceux qui ont vu les membres du Congrès américain se lever des dizaines de fois et applaudir le discours du Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou sont absolument convaincus de cela.

* Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

http://www.bariatwan.com/index.asp ?… Traduction : Info-Palestine.net


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Réactions

dimanche 17 juillet 2011 à 15h00

Pour comprendre le chamboulement dans le monde arabe, il nous faut faire appel à des arguments ciselés dans la rudesse des réalités historiques et une connaissances de « l’âme » des peuples en question.
Pourquoi Ben Ali et Moubarak ont été « dégagés » relativement facilement. Et Pourquoi en Libye et en Syrie, la confrontation entre les peuples de ces pays et leurs ubuesques dictateurs tourne au cauchemar ?
Pour tous ceux qui suivent les méandres de la politique de cet « Orient compliqué », les deux présidents « dégagés » étaient, comme on disait à une certaine époque, des suppôts de l’impérialisme. Leurs économies dépendaient en grande partie de la soumission de leurs politiques étrangères à celle de l’Occident et particulièrement des USA. Si l’on veut comprendre les raisons de la facilité de leurs évictions de la scène politique, il faut d’une part ne pas oublier que ces deux régimes quand bien même ils avaient « bâti » une petite base sociale dans les classes moyennes, restaient des dictatures aux pieds d’argile. Car dans les moments décisifs de la confrontation Peuple/dictature, ces classes moyennes n’ont pas constitué un rempart car elles-mêmes se sentaient humiliés et en colère contre un régime qui a privatisé l’économie pour le compte d’une oligarchie familiale, qui a vendu la dignité du pays et s’est soumis au diktat d’un autre pays qui a transformé Gaza en une « réserve d’indiens ».
Abandonnées par leurs classes moyennes, ces dictatures le furent aussi par leurs maîtres qui avaient actionné leurs relais dans l’appareil d’Etat et plus précisément dans les forces armées. L’on sait que les officiers supérieurs de l’institution militaire des deux pays sont formés dans les écoles occidentales et leurs armées équipées par ces mêmes pays. Sans s’être des agents directs, ces mêmes officiers peuvent écouter les « conseils » de ces pays « amis » et du reste les interventions « graduées » de Barak Obama glissaient chaque jour du conseil amical à la recommandation pour finir en exigence. Les USA avaient compris après le désastre de Bush et son « Moyen-Orient démocratique » qu’il fallait plutôt accompagner les peuples dans leurs aspirations démocratiques que d’imposer celles-ci avec des chars et le mensonge.
Les faits cités ci-dessus nous permettent de dire que la partie n’est pas gagnée en Egypte et en Tunisie. Car une fois la face hideuse de la dictature effacée, sont restés en place pratiquement les mêmes hommes ayant servis les dictateurs. Les manifestations et autres émeutes dans les deux pays montrent que le chemin parsemé d’embûches sera long avant d’atteindre l’ultime objectif à savoir une véritable révolution politique et culturelle qui débarrasserait les sociétés arabes de l’éthnico-tribalisme et de ce nouvel opium : l’islamisme politique.
Ce sont ces deux archaïsmes qui persistent et structurent la Libye et la Syrie et qui ont plongé leurs peuples dans un cauchemar sans nom. Les facteurs telles l’absence de classes sociales plus ou moins homogène et la position de ces régimes dans le conflit Palestine/Israël leur on servi de muraille pour résister à une déferlante populaire toutes classes confondues.
Les peuples des autres pays arabes bien que solidaires restent paralysés devant les étranges alliances qui se sont nouées en Libye. Que choisir se disent-ils, entre une coalition qui a dévasté l’Irak, qui ferme les yeux devant les souffrances des Palestiniens et un Khadafi, cet histrion de la politique qui se moque de son propre peuple. Ces peuples du monde arabe ont compris que l’intervention de l’OTAN en Libye n’est pas destinée à éviter un massacre des populations mais comme d’habitude répond à des considérations économiques et géostratégiques. Le pays regorge de pétrole et possède des frontières avec tous les pays du Sahel, une région qui risque à l’avenir de donner des sueurs froides à l’Occident.
Quant à la Syrie, pourquoi intervenir puisque le pays est dépourvu de pétrole mais il est en revanche situé au milieu de la pire des poudrières. Une guerre dans ce coin du monde serait un désastre pour des pays amis de l’occident comme le Liban, la Jordanie et Israël.
Il me semble que le devenir des pays du monde arabe est conditionné d’une part par la maîtrise de tous les facteurs visibles et invisibles de leur histoire et d’autres part de la connaissance, loin des habituels préjugés, de la complexité du monde d’aujourd’hui. Il s’agit en un mot pour ces peuples que leurs révolutions ne glissent pas du parfum du printemps aux morsures de l’hiver comme je l’ai pressenti quand j’ai fait un film au lendemain de la révolution iranienne intitulé : Iran, un printemps en hiver.

Ali Akika cinéaste

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lundi 13 juin 2011 à 09h22, par  F Chikhi

eh ben oui mon ami.qu’est- ce qui empeche ces occidentaux à aller liberé le pauvre peuple Nord Coreen ??makane walou labas et en plus,ils ont de quoi dissuader le premier venu.

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