L’infiltration des rangs du FLN dès son avènement

jeudi 1er décembre 2011
par Boubekeur Ait Benali

La préparation du déclenchement de la révolution ne fut ni une sinécure ni une partie de plaisir. Après l’adhésion de la Kabylie, vers la fin août 1954, au principe du passage à l’action révolutionnaire, les deux mois suivants connurent une intensité de l’activité. Naturellement, les activistes contactèrent les militants connus pour leur engagement révolutionnaire. Cela dit, cette entreprise ne se déroula pas totalement comme les initiateurs le désiraient. En effet, les services secrets français furent informés continuellement par les cafteurs. Selon Ferhat Abbas, dans « L’autopsie d’une guerre », l’organisation nationaliste n’a pas échappé aux infiltrations. Il écrit à la page 67 : « Lorsqu’en septembre et octobre [1954], l’équipe de Zoubir Bouadjadj se mit à fabriquer les bombes en prévision de l’heure H, la police en fut informée. Elle laissa faire. Il lui a suffi de recommander à l’artificier, qui était en relation avec elle, de préparer des bombes inoffensives et peu dangereuses. C’est ce qu’il fit. » Cependant, il est clair que ces hommes mangeant à tous les râteliers représentèrent une infime proportion chez les activistes. Heureusement, l’action révolutionnaire ne reposait pas sur un groupe. En effet, le principe de la collégialité prévoyait une telle mésaventure. Par conséquent, le démantèlement d’un groupe ne devait pas conduire à la neutralisation du mouvement révolutionnaire. Mais quand il s’agit d’un cadre du parti, cela pouvait causer des dommages. Ainsi, à la veille du déclenchement de l’action armée, les services secrets français furent au courant de tout ce qui se tramait. Celui qui asséna le coup dur ne fut autre que l’un des responsables de l’OS (Organisation spéciale). Ferhat Abbas le décrit à la page 68 : « Il s’agissait d’Abdelkader Belhadj-Djilali né en janvier 1921 dans la région de Miliana. C’est ce même homme qui, quelques années plus tard, osera organiser un pseudo-maquis dans la région de Duperré [Ain Defla]. Le FLN finira par l’éliminer et par récupérer troupes et armement. Il était alors connu sous le pseudonyme de « Kobus ». Cet indicateur venait de l’OS. Il avait été arrêté avec toute l’équipe de 1950. Après avoir purgé trois années de prison, on le retrouve dans le MTLD prêt à reprendre son activité révolutionnaire. Mais il est déjà un agent double, collaborateur de la PRG. C’est par lui que M. Vaujour et le colonel Schoen suivaient les activités du CRUA. Quant au second indicateur, la police française n’a pas révélé son nom. Elle indique seulement qu’il est toujours vivant et « assume dit-elle de haute fonction au sein du FLN. » Ces informations donnent froid au dos, notamment pour le second cas. Comment peut-il trahir à ce point et une fois l’indépendance acquise il se retrouve à la haute échelle des responsabilités. En plus un responsable pareil, il n’hésitera pas à donner des leçons de nationalisme. Voila pourquoi l’Algérie a du mal à connaitre l’apaisement. Par Boubekeur Ait Benali


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