L’oubli

Maison où sont tes habitants ? « Paroles d’un vieux Jijeli »
Que reste-t-il à Jijel des sites archéologiques, des monuments et objets historiques ? « Le temps, l’ennemi vigilant et funeste », comme écrit Baudelaire, a presque tout effacé.
Que reste-t-il de la vaste nécropole phénicienne unique avec celle de Carthage, de Tipaza et quelques tombes au sud de l’Italie, là jalousement gardées. La nécropole de Jijel s’étalait de la pointe Picouleau limitrophe avec la citadelle jusqu’à la pointe noire (Rabta).
Des ruines de la cité romaine près de Ziama. « A élio – Chobba » (La cité de l’ail).
Des mosaïques découvertes à Toilbia (Béni Caïd) et une autre découverte au centre de la ville, aussitôt enterrée par un citoyen en creusant des fouilles pour construire sa maison.
D’une pierre qui ne sert plus qu’à décorer l’entrée d’un jardin adjacent d’un immeuble administratif. Cette pierre de l’époque romaine découverte lors de l’ouverture de route Mila – Jijel au Col F Douls (Jemila) exposé gravés en latin des inscriptions.
REY GENTISV KUTAMA NORUM
« Le Royaume du peuple des Kotama »
Et les ruines du palais romains aux Ouled Bounar (El Kser) à moitié enterrées.
Et les forts « Saint Ferdinaud » et Sainte Eugénie d’Ayouf.
Et de « Bordj Echetté » construit en 1664 disparu, visible jusqu’en 1934, construit lors de la conquête de Jijel par les troupes de Louis XIV et dont subsiste un pan du mur d’enceinte auprès de l’ancien abattoir, au bord de la mer.
Et du mausolée de Sidi Amor qui avait servi de terrain d’assiette pour l’édification de l’actuel Fort Duquesne en 1839 (Conquête de Jijel par les troupes coloniales).
Après l’annexion de la tombe du saint, un coin du mur d’enceinte au bord de la mer, blanchi et revêtu d’un caractère sacré permettait aux visiteurs d’antan de brûler des encens et déposer des bougies.
Et que dire de la Zaouya Rahmania de Cheikh Benyouras transformées en mosquée (Bilal Ben Rabah), rien ne rappelle son passé.
Et des canons Turcs à longue portée, exposés jadis devant la caserne. Ces canons avaient repoussé les attaques de la marine de Louis XIV contre Jijel en 1664.
Et du moulin à vent de nos aïeux (Tahona) situé sur la coline El-Korn à proximité de l’ancien cimetière. La chambre de meule et les ailes ont disparu certes, il en reste la pièce du bas qui servait à entasser les sacs de grains, utilisée actuellement de sacristie au gardien du cimetière pour déposer les outils nécessaires au creusement des tombes.
Et de la monnaie locale (Soltani) pièces en or, frappées par Mouley Nacer de bejaia.
Que reste-t-il de l’église et de son magnifique jardin. Ce sanctuaire eût pu être transformé en mosquée comme partout en Algérie, sans grands frais.
Et du monument aux morts avec le nom de certains Jijelis morts durant les deux guerres mondiales ; oubliés et les leurs, payés en retour par l’emprisonnement et les massacres.
Et j’en passe, ce qui reste de l’archéologie, des monuments et des objets historiques n’est que la partie émergée de différentes civilisations, cultures et événements qui ont marqué Jijel dans le passé.
Pour conclure, je répète ce qui a déjà été dit : « Ô mort où est la victoire ? »
L’observateur



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