LE NOUVEAU WALI CHEZ LE MAIRE DE JIJEL

Un wali nous quitte vers d’autres missions, au sein d’une autre wilaya, le nouveau locataire à la tête de la notre vient d’enregistrer une première dans les annales de l’administration locale. La boite aux lettres devra en principe disparaître…
Avec cette belle action de communication, en s’invitant cet après midi, au siège de la ville de Jijel, allant à l’encontre des membres du conseil municipal, de quelque citoyens et, bien entendu des fonctionnaires curieux, nous a Permis d’être tous attentifs à ce que le nouveau premier magistrat de la wilaya, allait nous faire entendre, à propos des actions à entreprendre à l’avenir.
Tout a été tellement bref, que nous avions enregistré l’absence du locataire des lieux, non en termes de présence physique en l’occurrence monsieur le Maire, ce qui nous renvoie à cette brève rétrospective, illustrant l’état des lieux de notre belle ville. Nous avons toujours dit que la gestion de nos collectivités locales en général, et celle menée à Jijel en particulier, nous donnent un devoir de vigilance vis-à-vis de nos élus. Vous savez sans doute autant que moi monsieur le Maire, pourquoi je me permets de m’adresser à vous, pour la énième fois, C’est parce que depuis plusieurs décennies, le jeu politicien qui a cours dans notre ville ne nous avait donné que des responsables irresponsables, des gens à la compétence non avérée qui se sont occupés de tout sauf de la ville, des gens qui, manifestement, n’avaient aucune ambition pour leur cité.
Vos tâches sont immenses et vont crescendo, car à Jijel, tout est prioritaire. L’assainissement, l’éclairage, les infrastructures, les routes, la santé, le travail, tout ce qui touche le quotidien, etc. Certains domaines ne relèvent peut être pas directement de vos compétences mais vous devez être l’avocat de votre ville auprès de monsieur le wali et son staff, ainsi qu’auprès de toutes les instances publiques, mais surtout, il faut impliquer les citoyens dans la gestion de la ville. Tenez-leur un langage de vérité, comme cette initiative du 30/9/2010, ou notre commune est sortie du carcan de l’exclusivité et de la substitution, en organisant une rencontre avec la société civile et les comités de quartiers. Ce serait même tout indiqué, pour que dans un avenir proche, vous organisiez une sorte d’états généraux de la ville. Ecoutez toutes les couches de la population, toutes les catégories socioprofessionnelles, car il y va de la bonne gouvernance.
Il faut surtout refuser cette idée consistant à encourager le clientélisme dans le choix des collaborateurs administratifs, en éliminant les critères, de compétence, de qualification et d’expérience, en instaurant une politique de paternalisme, très nocif, tant sur le plan du rendement, que sur celui de l’état moral de ceux qui souffrent du bannissement et de l’exclusion…Ni dit on pas que l’exclusion est plus grave que la condamnation à mort !
Tout porte à croire que la politique à Jijel se résume à distribuer des marchés à quelques uns ou à leur accorder des privilèges indus. La bonne gestion est un gage essentiel de réussite, Il faut mettre de l’ordre dans la ville qui n’a plus de trottoirs. Chacun s’installe n’importe où, n’importe quand et n’importe comment. Jijel ne mérite pas l’état d’abandon et d’oubli dans lequel l’ont plongé tous ceux qui se sont succédé à la tête de la municipalité depuis bien des années. Jijel est une ville aux énormes potentialités, et devait par conséquent être une référence à l’échelle nationale grâce à sa position géographique. Ce que je dis de ma ville que j’aime, j’aurai pu le dire de toutes les autres villes Algériennes, et c’est d’autant valable pour les autres maires, qui devraient en principe faire la même chose. Ne pensez surtout pas que j’ai un préjugé défavorable vous concernant, votre équipe et vous, alors que vous bouclez votre troisième année dans quelque jours. Ce ne serait pas objectif de ma part parce que je n’ai pas de raison particulière de ne pas vous faire confiance, tout en gardant l’espoir intact, de se voir impliqué comme tous ces chanceux fonctionnaires, à qui vous accordez exagérément et dans la démesure, beaucoup d’égards…Toutefois, je n’ai aucune raison de vous accorder une confiance absolue parce que, vos promesses n’ont pas été tenues, sans aucune raison objective. A la commune de Jijel, on nous a habitué au pire. Parce qu’aussi, la citoyenneté, c’est la vigilance, la prévoyance, la lucidité, l’alerte, le doute. Ce doute qui conduit au pessimisme de l’intelligence et à l’optimisme de la volonté. Car il y’a toujours une marge entre ce qu’on doit faire et ce qu’on peut faire, entre ce qu’on peut faire et ce qu’on veut faire. Soyez convaincu monsieur le Maire, que nous tenons mordicus au devenir de notre carrière, que nous sommes dans le droit absolu de revendiquer notre place à la commune de Jijel et non ailleurs. Le proche avenir vous le dira. P.S : S’identifier en signant ou garder l’anonymat, importe peu. L’essentiel el moucharaka à la rencontre de monsieur le Wali
Jijel, 13 octobre 2010



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