LE "SEKSOU BEL’HOUT", MAÎTRE ABSOLU DE LA MEÏDA JIJELIENNE

vendredi 1er janvier 2010
par BENKAM

A Jijel, le couscous au poisson est appelé "Seksou bel’hout". Qu’il soit de couleur blanche, à base de farine ou de blé ou encore de glands (ce dernier était, dit-on, très consommé par les combattants de l’ALN durant la Révolution), ou plus sombre à base d’orge, le couscous reste le maître incontesté de la table ou de la meïda (table basse) dans les familles de Jijel. "La réussite d’un couscous pour les Jijeliens ne dépend pas seulement de la sauce délicieuse qui sert à arroser les grains mais aussi de la qualité et du mode de préparation de ces derniers", avertit un restaurateur de la place avant d’expliquer avec moult détails la manière de préparer ce plat populaire dont l’existence remonte à des temps immémoriaux.

Pour réussir cette recette traditionnelle, il faut d’abord bien choisir son poisson, dira-t-il, avant de concéder que s’il jette plus volontiers son dévolu sur le mérou ou la bonite, des poissons bien charnus, il ne rechigne pas non plus à accommoder son couscous avec du rouget de roche ou de la sardine écaillée et vidée.

Les qualités de "fin cuisiner" de ce restaurateur qui se proclame "seul maître de ses fourneaux" ne semble avoir d’égale que sa volubilité : "il vous faut des oignons râpés, une gousse d’ail hachée, un petit bouquet de persil, de la tomate fraîche pelée et hachée, deux cuillerées à café de sel, trois ou quatre pommes de terre coupées en deux-dans le sens de la longueur-, une pincée de cumin, un peu de poivre noir, deux feuilles de laurier et quatre cuillerées à soupe d’huile de table". A moins d’être stoppé net dans ses envolées emphatiques dédiées au "Seksou Bel’hout", le bonhomme irait même jusqu’à préciser l’intensité du feu de la cuisinière pour bien faire mijoter la sauce. Le succès jamais démenti de ce plat dans l’antique Igilgili a fait que dans les magasins d’alimentation générale, le couscous d’orge, roulé et prêt à l’emploi, est vendu aussi bien en vrac que conditionné dans des sachets de un kg ou plus. A Jijel ville, ce "plat de grand-mère" garnit, chaque vendredi au moins, les tables, selon un rite observé depuis la nuit des temps. Il n’a pas été détrôné par l’apparition de nouveaux modes de consommation. Même les jeunes qui ont un penchant prononcé pour les hamburgers, cheeseburgers, Panini ou le sempiternel "Frites-omelette", restent fidèles au sacro-saint couscous du vendredi. C’est dire que le Seksou bel’hout, plus qu’une tradition, est bel et bien une culture au pays des Kotama.

Au pays des Kotama : Le couscous d’orge au poisson, une légende culinaire

Qu’il soit préparé sur commande dans les restaurants et les établissements hôteliers, ou conçu à la maison par la ménagère, le couscous d’orge garni de tranches de poisson est incontestablement une sorte de légende culinaire, voire une "culture", dans Jijel et sa périphérie immédiate.

Une bonne présentation de ce mets, qui sacrifie ainsi à la tradition du "plat national" en tirant profit de la profusion de poissons dans cette cité côtière, tourne souvent au véritable chef-d’œuvre, autant pour les yeux que pour les papilles. Parmi la large panoplie de couscous préparés de par le monde, celui cuisiné dans les foyers de Jijel a une certaine particularité et là, les maîtres queux du coin sont formels : le couscous jijelien au poisson est "invariablement apprécié" avant d’être adopté par quiconque le découvre pour la première fois. La femme algérienne a "inventé les plats et les repas dont les ingrédients sont tirés du blé, du maïs et de l’orge, et parmi eux le couscous, plat commun dans tous les foyers algériens", lit-on dans un dépliant de la direction du Tourisme de la wilaya qui a organisé récemment son traditionnel concours du meilleur plat préparé à base de poisson. Le couscous d’orge garni de poisson a trôné en seigneur au cours de cette manifestation d’une journée qui a permis de mettre au jour des talents insoupçonnés chez de nombreux cordons bleus de cette wilaya littorale.


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Réactions

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dimanche 7 novembre 2010 à 23h41, par  BENKAM

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invité(e) Posté le : 02/01/2010 00:10 Mis à jour : 02/01/2010 00:52
Re : LE "SEKSOU BEL’HOUT", MAÎTRE ABSOLU DE LA M…
Le grand oublié de cet article sur le couscous au poisson : eddra, autrement dit le sarrasin.
Quant à la photo, je ne sais pas ce qu’elle représente, en tous cas, pas un couscous au poisson tel que nos mères le préparaient.
Moh del Fobor
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invité(e) Posté le : 02/01/2010 01:09 Mis à jour : 02/01/2010 01:14
Re : LE "SEKSOU BEL’HOUT", MAÎTRE ABSOLU DE LA M…
Mais pourquoi ce genre de plat n’est pas connu dans les autres régions de la Wilaya (Ziama, Texenna, Taher, El-Milia..) ? Quelle est son origine ? Apparemment meme les skikdis et les annabis l’utilisent.

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invité(e) Posté le : 02/01/2010 17:07 Mis à jour : 02/01/2010 17:08
Re : LE "SEKSOU BEL’HOUT", MAÎTRE ABSOLU DE LA M…

Le couscous en général et ce couscous-ci nécessitent une aptitude certaine à choisir ,trier ,répartir approprier et proportionner les différents ingrédients qui doivent entrer en concurrence pour générer cette succulence à nulle autre pareille, lorsque la cohérence gustative de l’ensemble est établie de façon impérieuse.
Le couscous au poisson est également un plat que nos amis algérois maîtrisent bien.
Faut-il avancer que ce met se retrouve partout où des pêcheurs peuvent fournir l’essentiel de la matière carnée .Qu’en est il des cordons bleus de Collo,Tipaza,Tarf,Mostaganem,Oran ?
NINAS EL MADAURI.


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invité(e) Posté le : 02/01/2010 20:49 Mis à jour : 02/01/2010 20:52
Re : LE "SEKSOU BEL’HOUT", MAÎTRE ABSOLU DE LA M…
Pour les plus jeunes : le meilleur poisson pour le couscous, le must, c’est tchelba, la saupe en français. Rien qu’à l’énoncé du nom, seksou be techelba, un vrai jijli salive déjà. La bonite est trop sèche, la sardine de printemps, plus grasse, est meilleure.Pour le mérou, tout dépend de la taille du poisson, il ne faut pas qu’il dépasse les 3 kg, sinon, il est trop filamendreux. Ebbouri, le mulet ou muge, n’est pas mal non plus. Mais tout ça, c’est une civilisation, une culture, un mode de vie qui sont très difficiles à comprendre dans l’Algérie du bizness, du tape-à-l’oeil et du clinquant.
Pour apprécier cela aussi, il faut avoir eu faim au moins une fois dans sa vie.
Moh del Fobor

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