LE TROISIÈME ÉPI SUSCITE DES DÉBATS

Les travaux d’édification de trois épis sur la plage de Jijel, qui s’étend sur plusieurs kilomètres à l’est, jusqu’à l’embouchure de l’oued Djendjen, dans la commune de Taher, ont retenu l’attention du wali de Jijel, lors de sa visite d’inspection de mardi dernier. Le chef de l’exécutif a tenu à instruire sur la nécessité de revoir le projet, principalement pour ce qui a trait au troisième épi qui n’a pas encore démarré, contrairement aux deux autres. Le souci du wali, de protéger la plage Kotama, rejoint – et on s’en réjouit – une préoccupation de beaucoup de citoyens. Rappelons que cette protection avait même suscité une proposition, alternative à ces épis, par un architecte paysagiste, Mounir Gigelli, établi aux Pays-Bas (El Watan du 25/05/2009),
et dont le ministre des Travaux publics a été destinataire d’une copie. A noter que deux épis ont déjà avancé dans la mer. Le projet auquel une enveloppe de 400 MDA (millions) a été allouée est sensé protéger le port de pêche de Boudis de l’ensablement et la plage Kotama de l’avancée de la mer. F. S.
Article d’El Watan du 25/05/2009
Port de pêche de Boudis Des travaux pour protéger le site contre l’ensablement le 25/05/2009 | 20:57
Imprimer Envoyer à un ami Le projet consistant en la réalisation de travaux de protection du rivage de la plage Est de Jijel (3e km) et de la protection du port de pêche de Boudis contre l’ensablement devrait être lancé avant la fin de l’année en cours. En dépit du désappointement de certains, suscité par l’éventualité de l’édification d’épis perpendiculairement à la ligne du rivage, le chantier devrait s’ouvrir sur l’une des plus belles plages de la région. Une plage à quelques centaines de mètres du centre-ville. La réalisation des travaux a été confiée à l’entreprise publique Sotramest pour un montant de 454 MDA (millions) et un délai d’exécution de 10 mois. Si pour les pouvoirs publics la solution issue de l’étude a été adoptée, d’autres voix–qui ne se sont pas fait trop entendre–soutiennent que la réalisation d’épis n’est certainement pas la solution idéale. Un débat qui est resté tout de même atone, faute notamment d’un véritable relais dans la société. Pour les concepteurs du projet, cette infrastructure répond à l’impérieuse nécessité de protéger le rivage de l’avancée de la mer, et le port de Boudis de l’ensablement. A contrario, pour d’autres, l’édification de trois épis sur la plage ne fera que déplacer ailleurs le phénomène d’érosion et d’ensablement. Un architecte, paysager et urbaniste algérien, établi aux Pays-Bas, propose une autre solution pour lutter contre l’ensablement du port de Boudis. Dans un document transmis au ministre des Travaux publics et au DTP de Jijel, Mounir Gigelli préconise une entrée au port à partir de l’Est où le fond varie entre 4 et 8 m, réduisant ainsi le recours aux dragages. La passe d’entrée, d’une longueur de 60 à 70 m, permettra, selon lui, un mouvement continu des courants entre le bassin et la mer. La digue Sud, où se trouve actuellement la passe d’entrée, sera prolongée jusqu’à la digue Est, fermant ainsi l’entrée. Cette digue servira de promenade où la baignade côté plage sera possible à partir de gradins tournés vers la ville, prévus dans la proposition. Pour assurer la continuité de l’activité au port de pêche, l’idée préconise trois phases pour sa réalisation. Le phénomène du recul du littoral sableux est un fait indéniable qui ne cesse de s’aggraver. Plusieurs causes concourent à l’accélération de cet amaigrissement des rivages balnéaires. Outre l’extraction illégale de sable, activité qui s’est notamment attaquée aux ensembles dunaires auxquels s’adossent généralement les plages, les changements climatiques ne sont pas en reste, puisqu’ils ont provoqué l’élévation du niveau de la mer. Mais à l’avenir, le phénomène de dégradation du littoral s’accentuera immanquablement à Jijel, du fait des grandioses projets hydrauliques annoncés qui auront un impact considérable sur l’équilibre de l’écosystème marin. La recherche de l’eau à travers ces projets exacerbera le piégeage des sédiments, lesquels ne viendront plus se jeter dans la mer. Quand on sait que la wilaya de Jijel, dont les sédiments de l’oued El Kébir sont en partie piégés par le barrage de Beni Haroun, dans la wilaya de Mila, dispose actuellement de deux barrages (Erraguene et El Agrem), que deux autres sont en construction (Kissir et Boussiaba), et qu’un cinquième devrait être lancé prochainement (Tabellout), l’avenir du littoral de la région ne sera certainement pas très radieux. Et dire qu’on pense encore à réaliser trois autres barrages : deux à Ziama Mansouriah (Dar El Oued et Ziama) et un autre à El Ancer (Irdjana).
Fodil S.



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