LETTRE OUVERTE AU WALI DE JIJEL

Selon l’office national des statistiques, Les relations personnelles familiales et tribales sont les moyens les plus utilisés pour trouver un emploi en Algérie. Telle est donc la conclusion de cette institution publique sur le mode d’accès au travail en Algérie. En termes de chiffres, 40,6 % des travailleurs ont eu recours à leurs relations personnelles et familiales voir tribales même pour trouver l’emploi qu’ils exercent.
Par un groupe de fonctionnaires
Dans une lettre transmise à l’ex wali de Jijel, un groupe de citoyens ont dénoncé la crise larvée qui s’est installée au sein de l’administration de la municipalité chef lieu de la Wilaya. Le népotisme est devenu une pratique courante au su et au vu des autorités de tutelle, qui encouragent les détachements vers cette importante institution, dotée d’un organigramme plus qu’encourageant en matière de salaires. Tout au début de son investiture, en septembre 2004, L’ex wali avait entamé, une grande opération de recrutements de cadres, destinés à pourvoir les communes sous encadrées.
Rien de concret n’a été fait, et c’est le contraire qui s’était produit, à savoir le déferlement de plusieurs fonctionnaires sur la ville de Jijel, en hypothéquant les communes concernées par l’opération déjà citée. La conclusion est sans appel : Une gestion informelle, et des nominations de complaisance ou à la tête du client, qui ont cours jusqu’à l’investiture du nouveau chef de l’exécutif de la wilaya. Ce n’est pas tout. La situation financière de la commune de Jijel, exige une attention particulière, de la part des autorités de la wilaya, nouvellement installées, à savoir le secrétaire général de la wilaya et le Directeur de l’administration locale. Il n’ y a pas mieux que le langage de la vérité pour convaincre.
Notre but n’est pas d’enfoncer les fonctionnaires. Non, il y a une simple dénonciation de ce qui est immoral. Nommer un agent de niveau de 4e année moyenne, au poste supérieur de directeur des moyens généraux, d’une commune qui compte plus de 150.000 habitants, s’apparente à une manœuvre occulte qui cache mal ses tenants et aboutissants. Toutefois, heureusement que l’on peut encore ouvertement dire un peu ce que l’on pense, sinon ? C’est dans ce contexte que nous saisissons l’occasion, tout en ayant l’insigne honneur de venir auprès de votre haute personnalité, vous qui aviez passé toute votre vie professionnelle, dans la gestion des collectivités locales, solliciter votre intervention, aux fins de diligenter une commission d’enquête au niveau de la commune de Jijel, qui aura à mettre à jour les pratiques clientélistes et népotiques, en matière de gestion de la carrière des fonctionnaires locaux, et particulièrement la situation insupportable, tant sur le plan professionnel que socio familial, des cadres administratifs et techniques, vivant une marginalisation honteuse.
En effet, nous nous retrouvons réduits au statut de simples spectateurs passifs de la vie de notre commune, voyant ainsi notre potentiel réduit à néant. Votre brève rencontre du 13/10/2010, avec messieurs les élus de la commune chef lieu de la wilaya, les fonctionnaires et quelques représentants de la société civile, ainsi que les directives que vous leur aviez instruites, font revivre en nous l’espoir et les rêves que nous avions au départ, au tout début de notre vie professionnelle. Nous aurions aimé, nous aussi, être au devant de la scène, comme certains privilégiés qui n’ont pas forcément fournis plus d’efforts que nous pour y arriver.
Ce qui est d’autant plus regrettable, c’est que la majorité des honnêtes fonctionnaires, triment à longueur de journée pour essayer de survivre jusqu’au lendemain et voir ensuite comment renouveler leur quotidien. Monsieur le Wali, nous vous prions d’user de vos prérogatives, afin d’asseoir une équité qui a grandement fait défaut. Aujourd’hui, au niveau des institutions publiques de la wilaya de Jijel, et spécifiquement au niveau de la commune de Jijel, il relève du miracle d’obtenir un emploi stable sur la seule base du mérite ou de la compétence. Non, cela n’existe plus. Il y a désormais d’autres conditions pré requises, qui n’ont rien à voir avec le profil académique et professionnel du postulant. Monsieur le Wali, nous avons essayé, à travers cette missives, de vous faire part de notre vécu quotidien, amère et désabusant. Puissiez vous ajouter à votre noble mission de réhabilitation de l’action publique, le retentissement, que nous souhaitons salutaire, de votre intérêt porté aux cadres de l’administration, à travers une réaction conséquente, qui puisse mettre fin à des pratiques réputées être des temps révolus..
Nous fondons une grande partie de nos espoirs sur votre réaction, et attendons impatiemment. Veuillez agréer, Monsieur le Wali, l’expression de notre respect.



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