La Cueillette des olives à Jijel : Plus qu’une tradition, une passion féminine

mercredi 21 décembre 2011
par Sid Ahmed Merabet
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Infatigables, plutôt adroites et habiles, les femmes « cueilleuses » des olives à Jijel ont de l’énergie à en revendre et se donnent à cœur joie dans cette tâche. Plus qu’une tradition. Une passion tout simplement.

Tâche plus que séculaire, la cueillette des olives à Jijel est une question de famille. Et d’honneur aussi. « Celui qui ne s’y met pas n’a pas de places parmi nous », s’amuse à commenter la vieille Messaouda, 72 ans et toutes ses dents. En tout cas suffisamment en bonne santé pour pouvoir effectuer son sport favori, à savoir cueillir en haut des arbres les olives et les trier avec une adresse et une finesse remarquables, comme elle le fait depuis une cinquantaine d’années. Telle une rengaine, devenue par la force des choses un jeu d’enfant. Une passion surtout. L’oléiculture n’est vraiment pas un vain mot à Jijel, plus particulièrement dans la zone Est où sont concentrées plus de 60% des exploitations d’oléiculture. « Ça se transmet de père en fils mais aussi de mère en fille », lance-t-elle du haut d’un vieil arbre qu’elle escalade avec une maîtrise impressionnante. « Je l’ai connu alors que j’étais enfant », se souvient-elle, évoquant avec affection « son » olivier. Les Messaouda, il en existe pourtant par dizaines dans les monts de Chahna, une commune distante du chef-lieu de wilaya d’une quarantaine de kilomètres. Et comme partout à Jijel, d’El Milia à El Aouana en passant par El Ancer, Taher, Emir Abdelkader ou encore Texenna, elles attendent patiemment l’arrivée de l’automne pour se lancer dans la cueillette des olives. Peu importe si elles sont propriétaires des oliviers ou simples « employées », l’essentiel est de participer à la « fête ». Il est vrai qu’avec une surface de plus de 14.800 hectares d’oliveraies (30% de la surface agricole utile) pour un total de plus de 1,2 million d’arbres (80% de la surface consacrée à l’arboriculture), l’on peut dire sans risque de nous tromper qu’il y a de la place pour tout le monde. Pourvu qu’on éprouve de l’envie. Et justement, ce n’est pas ce qui manque chez la femme jijelienne, comme d’ailleurs la femme de plusieurs régions du pays, la Kabylie notamment, autre bastion par excellence de l’olivier.

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En effet, et depuis la nuit du temps, la femme participait activement à cette tâche. Autant que les hommes, pour ne pas dire plus. Infatigables, plutôt adroites et habiles, elles ont de l’énergie à en revendre et ce, du lever au coucher du soleil. « Elles sont exemplaires et elles ne rechignent jamais à l’effort », reconnaît, admiratif, Abdessalem, 26 ans, un habitué lui aussi de la cueillette des olives. « J’en sais quelque chose, enchaîne-t-il, car je connais beaucoup de femmes, jeunes et vieilles, qui se donnent à cœur joie pendant que des jeunes bons à rien sont attablés dans les cafés et passent leur temps dans des futilités ». Hormis les fortes chutes de pluie, rien ne peut se dresser sur leur chemin. Leur seule arme ? Des bâtons de troncs d’arbres qu’elles utilisent pour gauler les branches afin de faire tomber les olives sur le sol, recouvert de filets pour éviter l’éparpillement de ces dernières. Ramassées puis entassées dans des sacs, elles prennent la direction des huileries où elles subissent la trituration et le pressage pour être transformées au final en l’huile, la finalité de tout cet exercice. Une aubaine pour celles qui n’ont pas la chance de posséder des oliviers. C’est le cas de Meriem, 31 ans, mère de trois enfants. « Chaque saison, on sollicite mes services moyennant une part de la cueillette », confie-t-elle. Ici, il n’est pas question de rémunération sonnante et trébuchante, tout se paye en huile d’olives. « C’est une règle d’or que d’être rémunéré avec de l’huile d’olive. Et puis, tout le monde trouvera son compte », ajoutera Meriem. Aliment ou remède, l’huile d’olive reste toujours très prisée. Et d’année en année, sa cote ne cesse de monter. Désormais, les gens viennent de loin, notamment d’Alger, pour fructifier leurs biens, ils commencent sérieusement à prendre conscience de la richesse qu’ils ont. « L’olivier est un trésor inestimable », résume Messaouda. Et elle n’a pas tort si on jette un coup d’œil sur les prix affichés de l’huile d’olive. Pas moins de 500 DA le litre. Rien que ça. Alors qu’elle était cédée à moins de 300 DA il y a quelques années à peine. A Jijel, les prévisions de cette saison s’annoncent plutôt acceptables. A se fier aux prévisions de la direction des services agricoles, la campagne de cueillette des olives devrait générer une récolte de près de 250.000 quintaux d’olives. Et au final, l’on table sur une production de quelque 4,4 millions de litres. Pour la trituration des olives, il faut compter cette année sur 144 huileries, dont 91 de type traditionnel et 53 modernes. Ces dernières ont toujours le succès et attirent plus de clients. « Normal puisque le goût de l’huile est beaucoup plus raffiné lorsqu’il subit la transformation dans les huileries traditionnelles », assurent les vieux habitués.

El-Moudjahid


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Réactions

Logo de Sofiane
mercredi 21 décembre 2011 à 06h13, par  Sofiane

C’est ça le vrai Jijel, le Jijel ancestral. Merci pour la tphoto qui me rappel tant de souvenirs d’enfance avec des hommes et des femmes où regnait la NIYA en maitre où faisait bon à vivre loin des vacarmes et les pollutions de toute sorte.

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