La Libye en révolution !

Chronique du monde arabe
Par Chérif BOUDELAL – 16 mars 2011 - immigrationstorys@yahoo.fr
Au 30e jour de la révolution, Kadhafi persiste et signe :
Il a mis en exécution ce qu’il avait promis : tout brûler s’il le faut !
Kadhafi veut terroriser son peuple en employant toutes ces capacités militaires. Il y aurait déjà plus de 6000 morts s’il on croit la déclaration de René Naba (journaliste et écrivain). Ceci montre que les régimes oligarchiques sont capables d’exterminer leurs peuples pour rester au pouvoir. Et comme on sait que tous les régimes arabes sont tenus par des oligarchies, il faut s’attendre à d’autres situations similaires. Mais la volonté des peuples finira par triompher tôt ou tard sur la barbarie.
N’ayant pas pu réaliser de victoire dans les villes pétrolière du Golfe de Syrte et celles de l’Est où il lance et relance des attaques en vain, Kadhafi ordonne à ces milices de bombarder à coup de canon la petite ville de Zouwarah (à la frontière avec la Tunisie), où il n’y a pratiquement aucune résistance armée. Il veut donner l’exemple d’un terrorisme d’Etat aveugle en vue de dissuader les populations de sortir en manifestations pour soutenir les opposants à son régime. Il s’est réjoui d’avoir « pacifié la ville » en laissant une désolation par la destruction que ses milices ont opérée. Cette destruction nous fait penser à ce que Israël avait fait à Jénine et à Gaza.
Une autre ville stratégique que Kadhafi veut absolument récupérer, Ajdabiyah, sur laquelle ses milices concentrent leurs efforts en utilisant tous les moyens possibles, en la bombardant par les forces terrestres, par air et par mer. Bien que les forces de frappes sont inégales, les fidèles au régime n’ont pas réussi à la reprendre face à la combativité des jeunes révolutionnaires déterminés qui veulent en finir avec un régime dont le chef (zanga zenga) a perdu tout sens de moralité. Les révolutionnaires déclarent avoir détruit plusieurs chars, tué plusieurs dizaines des miliciens de Kadhafi et fait prisonnier plusieurs autres.
Les Occidentaux envisagent un embargo aérien sur la Libye pour empêcher l’aviation de Kadhafi de continuer à bombarder les installations pétrolières et les populations, mais ils ne se sont pas arrivés à se mettre d’accord, probablement à cause du partage du gâteau.
Ayant déjà reçu l’aval de la dite Ligue arabe pour l’embargo, un sénateur US propose que celle-ci prenne en charge le coût de l’intervention ; sinon il prévoit que les USA interviennent unilatéralement pour mettre hors d’état de nuire les forces fidèles à Kadhafi.
Mais ils ne savent pas sur quel pied danser ; ils veulent d’autres assurances avant de prendre le risque de l’aventure. Il demande que le financement de l’opération soit supporté par la Ligue arabe ; et que l’engagement de l’armée terrestre soit assuré par les armées arabes. Autrement dit, les soldats qui devront tuer des Libyens et mourir doivent être Arabes, et s’ils parviennent à mettre en échec les forces de Kadhafi, à ce moment-là les USA interviennent au sol pour dicter leur politique au nouveau régime. D’emblée les Libyens promettent qu’ils combattront toute armée étrangère qui poserait ses pieds sur leur sol.
Les révolutions dans d’autres pays arabes ne désarment pas non plus.
Au Yémen : les manifestations continuent et exigent le départ d’Ali Abdellah Salah, et ceux malgré des dizaines de morts et des centaines de blessés tombés au cours des dix derniers jours.
A Bahreïn : les manifestants demandent le changement du régime ; l’armée a réprimé les manifestants.
En Syrie : les Syriens ont manifesté pour demander des réformes, mais le pouvoir en place l’a fait réprimer.
En Egypte, la secrétaire d’Etat des USA, H. Klinton, a reçu une gifle magistrale. En visite dans ce pays, elle a souhaité s’entretenir avec les jeunes qui ont déclenché la révolution égyptienne ; mais ces derniers ont rejeté sa demande purement et simplement, en lui rappelant ses bonnes relations avec le régime de H. Moubarak. Une leçon de plus de ces jeunes aux impérialistes qui veulent s’en approcher pour essayer de les corrompre.
Par ailleurs, en Tunisie comme en Egypte, les révolutionnaires surveillent de plus près ce qui se passe au sein des instances provisoires qui dirigent leurs pays respectifs.
En Syrie, des manifestations pacifiques ont été organisées, mais les manifestants ont été réprimés par la police. Bien que le régime ait proposé des réformes, et même libéré des prisonniers politiques, par peur d’un tsunami qui l’emporterait, il n’a rien perdu de son caractère répressif.
Rien ne sera plus jamais comme avant
Le malaise touche pratiquement tous les pays arabes, et les peuples se réveillent de leur long sommeil. Par enchantement, les régimes en place se bousculent pour proposer « plus de droits », « plus de liberté », etc. Ils se sont rendus compte, enfin, que leurs peuples souffrent des injustices qui s’abattent sur eux, e part leur despotisme, et ils veulent soudain alléger leurs souffrances !
Quels que soient les résultats que donnent ces révoltes, ou révolutions en cours dans les pays arabes, les dirigeants au pouvoir savent désormais que rien ne sera plus jamais comme avant. Aucun d’entre eux n’est à l’abri : un tsunami populaire pourrait les emporter à tout moment.



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