La Syrie à feu et à sang ! Bachar el-Assad est devenu fou

vendredi 12 août 2011
par Chérif Boudelal

1) Le régime syrien de Bachar el-Assad veut en finir avec son peuple, et le peuple veut en finir une fois pour toutes avec sa dictature 2) Le régime yéménite de Ali Abdellah Salah est sur le point de s’écrouler et le peuple ne se contente pas de son départ mais aussi de son jugement 3) Les révolutions tunisienne et égyptienne sont dans la bonne voie : Hosni Moubarak, ses deux fils et certains de ses collaborateurs sur le bang des accusés 4) Palestine : les « autorités palestiniennes se rendent compte, enfin, de leurs erreurs et se retournent vers leur peuple 5) Le Conseil national libyen se débat entre la « révolution » et la trahison, et les combattants doutent de la sincérité de leurs dirigeants

La Syrie

La révolution pacifique syrienne est entrée dans son cinquième mois ; et malgré sa passivité le régime a assassiné des milliers d’entre eux et autant de blessés, en plus des milliers de prisonniers et de disparus. Des dizaines de manifestants tombent tous les jours sous les balles et les bombes de l’armée d’el Assad. Et à chaque enterrement d’autres tombent encore et encore. Le seul jour de dimanche 7 août dernier il y avait 145 morts - c’était le jour le plus meurtrier.

Le régime prétend que ce sont des étrangers qui tuent les manifestants, alors que le monde entiers voit, à travers les écrans de télévision des médias libres des images ; des images envoyées par des amateurs à travers l’Internet car la presse est interdite de faire son travail en Syrie ; on voit des miliciens, protégés par les chars, tirer dans la foule, des soldats en armes automatiques et des chars font de même. Il veut entraîner les Alaouites auxquels il prétend appartenir, mais ces derniers s’en démarque, condamne ses crimes et se rallient au peuple. Le peuple syrien veut poursuivre ses manifestations pacifiques, il refuse le tribalisme et rejette toute intervention étrangère.

Les manifestants affirment ne pas courir aux armes pour ne pas donner le prétexte au régime de justifier sa boucherie quotidienne en faisant davantage de victimes. Mais ils sont aussi déterminés à continuer leur protestation pacifique jusqu’à ce que le régime se retire du pouvoir. Cette sage stratégie des manifestants, et cette tuerie gratuite du régime ont incité des centaines de soldat et officiers à rejoindre les manifestants, demandant à leurs camarades dans l’armée d’en faire autant. Il convient de rappeler les crimes que le père du président-héritier actuel a faits contre son peuple : il avait fait exterminer, en quelques jours, 30.000 personnes dans une seule ville (à Hamah) en 1982. Leur « crime » était d’avoir demandé plus de droits, plus de dignité et de liberté. Cela fait 44 ans que le Golan est occupé par Israël, mais ni le père ni le fils n’ont fait tirer une seule balle contre les occupants de leur terre ; cependant, ils ont bombardé leurs concitoyens à la mitrailleuse et à coup de canon, et envahi toutes les villes de Syrie pour terroriser leur propre peuple, en commettant des carnages. Donc, tel père tel fils. Le peuple n’a pas d’autre choix que de se débarrasse. Tous les jours les chars encerclent et pénètrent dans les villes, tuant et blessant des dizaines de personnes. Ce mardi, on parle de 21 morts ; des observateurs syriens donnent le nombre de 2.600 tués depuis le commencement des manifestations jusqu’à ce jour, sans compter ceux qui n’ont pas été identifiés et enterrés à la sauvette. Que le sanguinaire, el Assad, sache que le peuple ne reculera pas, et que la fin de son régime est très proche. Même les morts vivants, les cheikhs du Golfe, ont appelé leurs ambassadeurs à Damas en guise de protestation contre les crimes commis par le régime syrien contre son peuple.

El Assad « permet le multipartisme dans le pays et des élections à court terme ! Peut-on croire à la transmission du pouvoir de façon pacifique, de ce président-sanguinaire autoproclamé, héritant le pouvoir de son père qui avait gouverné la Syrie pendant 40 ans ? A notre avis non ; il ne le fera pas sans faire des centaines de milliers de morts et blessés, car au point où il est arrivé la transition du pouvoir lui vaut la condamnation à mort. Ceci dit, il ne voudra pas tendre son cou à la pendaison sans qu’il extermine le plus grand nombre de citoyens cyprines ; à moins qu’une solution surprise et heureuse pour ce peuple survienne d’un brave homme de son entourage proche qui débarrassera le peuple de ce bourreau, entrainant avec lui l’écroulement de son régime. Il faut espérer qu’un honorable soldat le fasse dans un jour très proche pour préserver la vie de dizaines, voire des centaines de milliers d’autres victimes, en inscrivant son nom avec la plume d’or dans l’Histoire de la Syrie, en libérant ainsi le peuple syrien de ses bourreaux.

Enfin, désormais il n’y a pas que l’armée israélienne qui est considérée par ses dirigeants comme « l’armée la plus morale du monde », il y a aussi celle de Bachar el-Assad. Le commandant d’une brigade de la mort, après avoir fait le « nettoyage » à Hamah, a déclaré que son unité a fait le travail qu’il fallait selon l’étique en vigueur de l’armée ! Quant au président sanguinaire, il a déclaré tous les citoyens assassinés sous ses ordres comme « des martyrs », et que son armée lutte seulement contre les terroristes au solde de l’étranger. Cette déclaration a été confirmée par son représentant à l’ONU, et ce, sans aucune honte ni gêne ! * Le Yémen

La révolution pacifique du peuple yéménite est sur le point de réaliser une grande victoire de façon pacifique. Cela fait six mois que le peuple yéménite n’a pas cessé de manifester en réclamant le départ du président-roi. Comme l’ont fait avant lui Ben Ali de Tunisie et Moubarak d’Egypte, le président yéménite a déclaré ne plus se représenter aux prochaines élections présidentielles, en demandant aux manifestants de le laisser terminer son mandat. Mais ces derniers n’ont pas cédé et exiger son départ ; suite aux massacres qu’il avait fait commettre, le peuple ne se contente pas de son départ mais veut le faire juger pour ses crimes ainsi que ses collaborateurs qui ont le sang des citoyens sur les mains.

Après avoir obligé le dictateur Ali Abdellah Salah à quitter le pays, sous prétexte de se faire soigner en Arabie Saoudite, après s’être blessé et échappé à la mort lors d’un tir de mortier sur son palais, le mouvement a constitué un Comité chargé d’étudier le transfert du pouvoir à une coalition démocratique regroupant tous les représentants du peuple, avec toute sa diversité ; il a demandé au vice président qui remplace le dictateur de coopérer pour préparer la transition, en organisant les élections législatives et présidentielles. Par ailleurs, le conseil des Etats du Golfe exigent de Ali Abdellah Salah de céder le pouvoir sous un délai d’un mois, sous entendu s’il veut qu’ils lui garantissent la vie sauve en restant en Arabie Saoudite, aux côtés de son ami, Zine El Abidine Ben Ali.

* Deux révolutions modèles

Les soulèvements dans le monde arabe, dont certains sont de vraies révolutions sociales et politiques, ont pris comme modèles les révolutions des peuples tunisien et égyptien dont l’œuvre est unique au monde. D’autres peuples à travers le monde les suivront certainement pour mettre fin aux dominations des impérialistes et de leurs valets locaux ; alors que leurs pays regorgent de richesses mais que les sociétés économique de ces impérialistes extorquent, en ne laissant que des miettes aux peuples affamés. Que les régimes arabes aient dans l’esprit que ceux qui s’aventurent dans les crimes contre leurs peuples auront le sort de Ben Ali et de Moubarak et leurs entourages, c’est-à-dire seront en cage comme des poules et jugés en tant que criminels. Ceux qui sont un peu plus intelligents parmi ces despotes (aussi bien les rois que les président-rois) devront écouter leurs peuples avant que leur situation ne s’empire, sinon le tsunami de la Révolution les écrasera un par un, tôt ou tard. * La Palestine

Les « autorités palestiniennes » se rendent compte, enfin, de leurs erreurs et se retournent vers leur peuple. Se rendant compte que les israéliens et les USA se sont moqués d’eux en les corrompant à coup de milliards, ces « autorités » veulent se rattraper en allant à l’ONU pour quémander la reconnaissance de l’Etat palestinien. En faisant ce geste dont ils savent pertinemment que les USA vont imposer leur droit de veto - et au moins deux d’autres membres du « conseil de sécurité » vont s’abstenir, ils veulent montrer qu’ils sont aussi dans la résistance, ce qui est positif pour la cause palestinienne malgré leur trahison par le passé. Israël, quant à lui, fait des manœuvre en menaçant « de déclarer caducs les accords d’Oslo », comme s’il avait la moindre volonté des les appliquer ; un cynisme qui ne surprend personne. Il convient de rappeler que ces accords existent depuis 18 ans, que pendant ce temps il a construit plusieurs dizaines de colonies en expropriant les terres à leurs propriétaires palestiniens, expulsé des dizaines de familles de leurs maisons, tué et blessé des milliers de Palestiniens et emprisonné des milliers d’autres. Israël accourt à sa stratégie par laquelle avait réussi à créer parmi les Palestiniens la « cinquième colonne » dirigée par Mohamed Dahlan.

Aujourd’hui, Israël et les USA utilisent ce même Dahlan contre Abbas, devenu indésirable - comme l’a été Yasser Arafat avant lui- et ce, après avoir joué ses dernières cartes au-delà desquelles toute concession sera considérée comme une haute trahison par les Palestiniens. Les USA menacent déjà de supprimer leurs aides empoisonnées aux « autorités palestiniennes » si elles persistaient à se rendre à New York, en septembre prochain, pour soumettre leur projet aux « Conseil de sécurité » et à l’Assemblée générale de l’ONU, qui consiste à reconnaître l’Etat palestinien, le considérant désormais comme un membre à part entière de l’Organisation des nations unies. Ceci peut donner, une fois de plus, la preuve aux Palestiniens que les solutions de leurs problèmes ne viendront jamais des USA, et que seule leur unité oblige les Etats membres de l’ONU à reconnaître leurs droits légitimes. Tant que les Palestiniens comptent sur les aides empoisonnées des Etats occidentaux, ils seront toujours prisonniers de ces derniers, car les donneurs commandent. Et comme ces donneurs ne sont pas libres, ils sont obligés de faire ce que Israël et leurs propres lobbies sionistes leur demandent de faire, pour se faire pardonner de leur « antisémitisme » passé.

Et toutes les humiliations que reçoivent ces « autorités palestiniennes » et les arrogances d’Israël et de leurs alliés viennent de la trahison des régimes arabes qui collaborent avec eux pour éterniser le statu quo en Palestine, car un modèle démocratique dans ce pays peut contaminer toute la région ; mais leur tour viendra de « dégager » un jour ou l’autre. Si les dizaines de trillions (un trillion = 1018) des régimes arabes qui remplissent les banques occidentales et servent à faire la guerre à « leurs frères » en Irak, en Palestine, au Liban, ou encore en Afghanistan et au Pakistan, étaient entre les mains de dirigeants dévoués à leurs pays et à leurs peuples, les Palestiniens n’auraient pas besoins de demander des aides aux autres ; ils auraient déjà arraché leurs droits depuis longtemps. Mais les Intifadas révolutionnaires des peuples arabes donnent l’espoir au peuple palestinien et à tous ceux épris de liberté de voir un renversement de la vapeur, et, comme dirait l’autre, la politique n’a pas de morale, les Etats membres de ce « machin », y compris les USA, finiront par se soumettre au rapport de force des pays arabes qui se seront libérés. Et les complices des crimes d’Israël d’aujourd’hui seront demain du côté de la Justice ; et les Palestiniens seront, enfin, libérés de cette hydre qui les a oppressés depuis trois quarts de siècle. Israël et le lobby sioniste mondial sont conscients de leur fin qui approche jour après jour ; c’est pourquoi les soulèvements des peuples arabes les inquiètent énormément, car ils n’auront plus de régimes dans la région du Moyen-Orient à leur botte. * La Libye

Quant à la Libye, la révolution a été avortée par la trahison des dirigeants de Benghazi qui se sont jetés dans les bras des USA et du lobby sioniste. Si les peuples épris de libertés sont solidaire avec les Libyens qui se sont levés conte la dictature de Kadhafi, les plus observateurs d’entre eux savent que l’entrée dans la danse de l’OTAN est un signe de la main mise sur le « Conseil national libyen -CNL » dont les dirigeants sont des anciens collaborateurs du régime de Kadhafi. Le président du CNL, Mustapha Abdeljalil, était ministre de la « justice » au sein de ce régime ; le général Abdel Fatah Younès (chef de « l’armée rebelle ») et deux de ses suppléants (des colonels) ont été assassinés le 28 juillet dernier dans des conditions ambiguës. Le général Younès était ministre de l’intérieur de Kadhafi. Ceci dit, aussi bien Abdeljalil que Younès avaient des postes ministériels les plus répressifs au sein de ce régime.

Que peut-on tirer comme conclusion de l’assassinat du général Younès ? D’une part, le président du CNL avait, le même jour, affirmé l’assassinat du général en le déclarant comme « martyr » de la nation, et en décrétant trois jours de deuil. D’autre part, il a déclaré que le corps de la victime n’a pas été retrouvé encore ! Ceci laisse à penser que des divergences, voire des tensions existent au sein même de ce CNL. Et quant on sait que Abdeljalil est le « filleule de BHL (le philo-sioniste franco israélien) et ses acolytes à acquérir ce poste, sans parler de l’aide de l’OTAN qu’il a appelé de ses vœux dès le premier jour, il est évident que les combattants sincères sont déçus de cette « révolution » piégée de l’intérieur.

Des rumeurs circulent selon lesquelles Younès était un agent double au service de Kadhafi ; d’autres pensent qu’il a été assassiné par des agents du régime qui ont infiltré le mouvement des « révolutionnaires » ; tendis que d’autres voient dans cet assassinat la main des islamistes qui n’ont pas oublié la torture dont ils ont été victime lorsque le général Younès était ministre de l’Intérieur de Kadhafi (si c’était le cas, la logique veut que son collègue de la « justice » passera à son tour aussi, un jour ou l’autre).

Dans tous les cas de figure, les Libyens ont été trahis, entrainés dans une guerre dont aucun d’entre eux ne sortira vainqueur, jusqu’à épuisement des deux camps ; après quoi les puissances de l’OTAN imposeront des conditions aux antagonistes pour être sûres de leur allégeance, à elles-mêmes et à Israël. En tout cas, BHL et compagnie veilleront à ce que ceci se terminera ainsi. Les purges vont continuer au sein du mouvement anti-kadhafiste, et ceci favorise la politique des USA et de ses alliés, y compris des israéliens qui sont, nous l’imaginons, très actifs sur le terrain, en Libye. Officiellement leur rôles est de « coordonner les frappes de l’OTAN », lesquelles frappent sont dirigées aussi bien contre les civils, contre les forces de Kadhafi (sans toutefois détruire ses stockes d’armes lourdes et minutions) que contre les forces armées adverses. Cette politique des « alliés de la révolution » ne peut pas être ignorée par ledit président du CNL, Mustapha Abdeljalil, dont le principal conseiller n’est autre que le philo-sioniste Bernard Henri Levy.

* Soutenons les peuples à se débarrasser de leurs bourreaux

Que les peuples épris de liberté à travers le monde soutiennent les peuples arabes à se débarrasser de leurs dictatures et à construire leurs sociétés futures basées sur la Justice, la Démocratie et le Respect de la diversité. Si je me permets d’émettre un souhait pour les futurs nouveaux dirigeants arabes, c’est de leur recommander d’abolir le tribalisme et le confessionnalisme de leurs futures constitutions. En effet, les systèmes politiques et sociaux des régimes arabes en place sont basés sur le tribalisme et le confessionnalisme, notamment dans les pays du Moyen-Orient. Les Administrations des pays de cette région mentionnent la religion de leurs citoyens sur les cartes d’identité nationales et sur les passeports (on retrouve ce phénomène, aussi, dans « le seul Etat démocratique du Moyen-Orient », Israël !) Le tribalisme a les mêmes conséquences que le confessionnalisme sur les relations entre les citoyens. La mention sur les papiers d’identités des citoyens peut entrainer des discriminations qui pourraient déboucher sur des tensions graves entre les différentes communautés religieuses ; comme il peut provoquer des divisions par clan au sein des peuples, comme est le cas au Liban, par exemple, qui a hérité cette politique empoisonnée du colonialisme français.

Ceci dit, il est souhaitable de voir cette politique discriminatoire abolie des futures constitutions d’après les anciens régimes ; les futures dirigeants devraient effacer toutes les traces discriminatoires qui ont été légiférées ou adoptées par les anciens régimes ou ceux qui sont encore en place dont la stratégie est de diviser pour mieux régner. Sans cela les révolutions qui ont été faites, ou celles qui seront faites ultérieurement souffriront d’une autre injustice dont les victimes seraient certainement les communautés minoritaires.


Chronique du monde arabe

(Par Chérif BOUDELAL – jeudi 11 juillet 2011 – contact : immigrationstorys@yahoo.fr)


Noter cette article :
bottom

Réactions

tonimage tonimage

Top Articles