La bureaucratie tue l’espoir des jeunes algériens

mercredi 9 mars 2011
par BENKAM
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Nouveaux dispositifs CNAC pour la création d’entreprises

pour qui se souvient de quelle manière Algérie Poste est en train de créer des centaines de milliers de mécontents chaque jour, il est à se demander si toutes ces institutions ne sont pas en train de comploter, indirectement, contre le président Bouteflika en favorisant les émeutes et les soulèvements populaires.

Suite aux contestations sociales, qu’a connues l’Algérie depuis la révolte contre la hausse des pris de l’huile et du sucre au début de janvier, le dernier Conseil des ministres a procédé à des mesures en faveur des jeunes chômeurs. Dans le communiqué, les jeunes algériens âgés de 19 à 40 ans, ont bénéficié de plusieurs avantages, notamment une réduction de leur apport personnel au titre du financement de l’investissement de 1 ou 2% pour un montant allant jusqu’à 10 millions de DA, ainsi que beaucoup d’autres privilèges. Cette démarche du gouvernement a constitué une lueur d’espoir chez les jeunes, qui constituent la majorité absolue de la société algérienne, désirant créer leurs propres entreprises. En effet, plusieurs jeunes se présentent, quotidiennement et par des centaines, devant les bureaux de la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC), pour déposer leurs dossiers, afin de bénéficier de l’aide de l’Etat pour le lancement de leurs entreprises. Depuis quelques jours, plusieurs chaînes humaines se forment devant chaque entrée des bureaux de la (CNAS), choses qui a poussé notre curiosité journalistique à connaître comment ça marche dans ces bureaux, et est ce que ces jeunes ne trouvent pas de problèmes d’orientation ou de bureaucratie dans ces lieux ? Lors de notre virée, la réalité du terrain et l’application de ces mesures prises par le gouvernement ne sont pas appliquées par les responsables locaux, c’est le constat que nous avons remarqué. Nous avons rencontré quelques jeunes, hier, devant la porte de l’Agence régionale d’Alger, qui étaient contrariés par la lente bureaucratie des responsables de cette agence. Suite à cela, nous avons essayé de voir les responsables pour les interroger sur cette situation, mais on n’a pas pu, puisque ces derniers ont reçu des instructions qui leur interdisent de faire de déclaration à la presse, selon un fonctionnaire. Comme chaque fois, il y en a un qui a le courage de dire certaines vérités, bien sûr en gardant l’anonymat pour des raisons professionnelles. Selon lui, le problème réside dans l’organisation de ces jeunes qui se présentent quotidiennement, par centaines, dans cette agence qui manque aussi de personnel de sécurité. Ainsi que le problème d’effectifs, car celle-ci ne possède pas beaucoup d’éléments pour assurer un accueil à tous les demandeurs. « Nous avons un manque d’effectifs, et le personnel existant est limité. On ne peut pas satisfaire toutes les demandes. En plus de ça, on a la désorganisation de ces jeunes qui rentrent dans cette agence et c’est à notre personnel de les recevoir tous. On a besoin d’agents de sécurité pour aider notre personnel, et pour qu’on puisse faire notre travail dans les règles », a-t-il déclaré. A l’extérieur de cette agence, on a rencontré certaines personnes qui voulaient déposer leurs dossiers, qui dénoncent la bureaucratie dont ils sont confrontés. Ils se retrouvent à chaque fois perdus dans leurs démarches. Parmi eux, le jeune B. Mounir 31 ans, qui s’est présenté à cette agence avec un grand espoir, afin de régler un des véritables problèmes des jeunes algériens, qui est le chômage. Quand il a écouté les mesures prises par le gouvernement, il était très content, d’ailleurs il a directement fourni un dossier, pour créer sa propre entreprise. Malheureusement, dans le terrain les choses ne sont pas comme il les a souhaité. Il nous a parlé avec tristesse son quotidien avec les procédures imposées par la Caisse nationale d’assurance chômage. « On m’a offert cette fiche de liaison qui est remplie et signée, sans cachet par cette agence, pour le déposer au niveau de l’antenne de Dar El Beida », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « lorsque on a demandé le cachet sur les affiches, ils nous ont dit qu’il a été volé du bureau ». « À l’arrivée je me suis retrouvé dans un bureau sans aucune prérogatives ! », s’est-il étonné. « La seule personne qui ma reçu c’est M. Chaib, qui s’est montré étonné de cette fiche (non cachée), et il m’a fait savoir qu’il n’est pas informé sur cette procédure, et il ne peut pas prendre en considération une fiche non cachée », a-t-il indiqué. « À ce moment là, j’étais obligé de revenir, avec mes collèges, au point de départ, à savoir la Caisse nationale d’assurance chômage, agence de Abane Ramdane. Malheureusement notre attente s’est avérée vaine », a-t-il conclu. Devant la porte de l’agence de Abane Ramdane, qui a fermé à 11 h 20 minutes, une dizaine de personnes étaient en colère par les pratiques utilisées. « Il est maintenant 11 h 20, et ils ont déjà fermé la porte. Ajouté à cela, ils ont affiché à l’entrée que la réception se faisait de 8 à 12 heures, et maintenant on doit attendre jusqu’à 13 heurs pour voir les responsables », a déclaré un autre jeune. Avant d’ajouter que « pour moi, les procédures du gouvernement sont bonnes, mais avec ces agences qui ne font rien pour nous, rien ne va se réaliser sur le terrain ». « Par ces veilles méthodes de bureaucratie, je pense qu’ils sont justes en train d’absorber la révolte populaire, et rien de plus pour les jeunes dans ce pays à l’avenir », a-t-il regretté. Pour Rachid, père de famille, toutes les mesures prises par le gouvernement sont bonnes dans les textes, et les responsables ont une volonté à faire avancer l’économie nationale et régler les problèmes de tous les Algériens, mais selon lui le problème de bureaucratie tue toute initiative de changement positif. « Le problème ne réside pas dans la prise de discision ministériel, mais le vrai problème est dans l’application de ces textes de loi sur le terrain, puisque la bureaucratie est notre malheur quotidien », a-t-il indiqué. Selon quelques autres pessimistes, le problème est dans le gouvernement qui ne veut ni écouter, ni régler les préoccupations des citoyens. Pour eux, ces mesures sont justes du noir sur blanc, et elles n’existent pas dans la réalité du terrain. « Leur mesures se sont en réalité que des mesures pour apaiser la colère sociale avec le temps », a-t-il estimé. Ces mesures prises par le gouvernement, appliquées par quelques responsables bureaucrates, produisent l’effet inverse, et cela lorsque le gouvernement agit d’une manière administrative, loin des mécanismes transparents et de la contestation sociale. La société s’accroche à ses propres règles pour fonctionner, qui sont la révolte populaire que personne ne pourra arrêter, puisque les responsables ne prennent pas en considération la demande et les préoccupations des jeunes. F. A. Le post


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