La disgrâce du phare

mardi 18 novembre 2008
par BENKAM

Relevant du Ministère des travaux publics, géré par l’unité régionale de l’Office National de signalisation maritime, sise 61 boulevard des frères Amrani à Béjaia, le phare de jalonnement de Ras El Afia (Jijel) traversant une période critique de son existence pourtant plus que centenaire, lance un S.O.S. Sur les lieux on constate un triste visage d’une bâtisse mal comme jamais. On remarque de visu des paumelles solidement rivées aux cadres des fenêtres dont des volets manquants non pas été replacés ou refaits.

Des gouttières défectueuses facilitant l’écoulement des eaux sur les murs. D’ailleurs et à y voir de près, on n’en a pas fini d’énumérer les stigmates qu’a occasionnées dame nature au niveau de la construction par sa lente mais combien dévastatrice œuvre qui ne peut être freinée que par une gestion adéquate et un entretien permanent.

Les liaisons téléphoniques et radiophoniques seraient aux abonnés absents depuis la nuit des temps. A celles-ci, se greffe l’épineux problème de l’eau. Ce liquide traditionnellement puisé d’un réservoir construit en contrebas de la forteresse, est transporté non sans peine jusqu’au premier étage par les gardiens aux fins de nettoyage. Quant à étancher leur soif, c’est une autre histoire !… Et dire, la pompe à eau qui leur évitait ce labeur, amenée il y à des mois dans la capitale des Hammadites (Béjaia) pour réparation n’a jamais fait le chemin du retour, créant des "Sisyphe" du temps moderne. Jadis, le phare directement alimenté d’une source du mont de Mezghitane n’avait jamais manqué d’eau. De nos jours, ce sont les camions-citernes de l’APC qui approvisionne cette construction. Ironie du sort !… Pour peu de volonté et d’argent, un raccordement au réseau d’AEP mettrait fin à cette « sécheresse » embarrassante à plus d’un titre. En l’absence d’une réglementation, le visiteur se heurte à des embûches sur son chemin dressées par des gardiens que rien ni personne ne peut désigner comme tels en l’absence d’attributs (insignes, tenues etc. …). Seule leur présence à l’intérieur indique qu’ils sont les gardiens du « temple » qui considèrent comme propriété privée où les membres de leur grande famille ou relations personnelles ont accès à toute heure sans restriction aucune. Pour les autres, la porte de Sésame ne s’ouvre qu’aux grés et humeurs des vigiles parfois zélées. Ailleurs, de par le monde après la numérisation les phares n’ont plus de gardiens !?… Au lieu d’une note de service définissant les conditions et modalités d’accès et de visite de la forteresse, la tutelle se contente de gérer ce chapitre par des instructions verbales, de manière Stalinienne, probablement pour éviter toute implication ou responsabilité en cas de vol, dégradation, chute grave, mortelle, suicide ou meurtre de visiteurs à l’intérieur du bâtiment, mais aussi et surtout en cas d’acte qui viendrait à le détruite complètement. Cette gestion laisse les « surveillants » agir à leur guise, à leurs risques et périls aussi. L’administration gagnerait à régir ce volet quitte à permettre toute entrée au phare contre une modique somme de 10 à 20 DA. Tout en renforçant les mesures de sécurité pour éviter tout impondérable fâcheux. Jouxtant le phare, le terrain qui a tant attisé la convoitise, entretenu la faim, et aiguisé les dents ô combien longues des insatiables Vampires du foncier, appelés de nos jours investisseurs, ne sera qu’un lointain souvenir. Une "ponte" ayant déjà mainmise !….privant ainsi des pans de la société qui viennent se relaxer dans cet eldorado, loin des centres urbains tumultueux et paupérisés. Il n’y à pas de fumée sans feu dit-on !… Surplombant ce lieu, sans se soucier des manigances se tramant à ses pieds, le phare continue fidèlement et inlassablement son rôle comme narguer tout le monde. MFT


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Réactions

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dimanche 17 octobre 2010 à 12h31, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 18/11/2008 11:53 Mis à jour : 18/11/2008 14:44
Re : La disgrâce du phare
Il est navrant que ce phare puisse en arriver là !….Les responsables concernés se doivent de réagir face à cette situation pour préservant les lieux contre toute forme d’agression. Un lecteur.

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