La guillotine et la guerre d’Algérie

samedi 13 août 2011
par BENKAM

Pendant la guerre d’indépendance algérienne, de 1954 à 1962, au nom de la lutte contre la “subversion” du FLN, au nom du rattachement de l’Algérie à la France qui interdisait d’y appliquer le droit de la guerre et de considérer les nationalistes comme des combattants, plus de 1 500 condamnations à mort furent prononcées par la justice française.

En 2001, après avoir pu consulter le “registre des grâces” qui répertoriait les noms des condamnés à mort, deux journalistes parvenaient au total de 222 militants du FLN exécutés entre 1956 et 1962, « le plus souvent au terme d’une parodie de justice ». Vous trouverez ci-dessous leur article, publié dans Le Point en août 2001, qui met en évidence l’utilisation politique qui a été faite de la peine de mort au cours de cette guerre. Il est suivi d’un entretien avec Abdelkader Guerroudj, ancien dirigeant du PCA, condamné à mort pour atteinte à la sécurité de l’État, qui put échapper au couperet, tout comme sa femme Jacqueline, grâce à la mobilisation de l’opinion.

La même année, l’historienne Sylvie Thénault, dont le travail de recherche porte sur l’histoire de la décolonisation et de la justice, publiait un ouvrage important issu de sa thèse, Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie [ST]. Vous trouverez ci-dessous une interview de Sylvie Thénault datant d’août 2001… ( Photographie : la prison Barberousse d’Alger à l’époque coloniale)

La guillotine et la guerre d’Algérie http://www.ldh-toulon.net/

dans le gouvernement de Guy Mollet. Les exécutions vont continuer jusqu’à la fin de la guerre :
- 29 en trois mois de gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury.
- 49 pendant les six mois où Félix Gaillard dirige le pays ; Enfin, après une amnistie, le Président de Gaulle puis son chef de gouvernement, Michel Debré, feront exécuter 80 condamnés FLN en quatre ans. La notification de l’exécution de 20 autres se produira durant les vacances de pouvoir entre les différents gouvernements. Gravir l’échafaud, la dernière marche… Au matin du 19 juin 1956, dans la cour de la prison Barberousse, à Alger, le couperet de la guillotine tombe sur le cou de Ahmed Ben Zabana, un ouvrier soudeur de trente ans. Le militant, rendu infirme par plusieurs blessures, est livré au bourreau malgré l’intervention désespérée de l’archevêque d’Alger, Mgr Duval, auprès du ministre résident, Robert Lacoste. Lettre du condamné Ahmed Zabana à sa famille [« Je vous écris sans savoir si cette lettre sera la dernière et cela, Dieu seul le sait. Si je subis un malheur quel qu’il soit, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu car la mort pour la cause de Dieu est une vie qui n’a pas de fin, et la mort pour la patrie n’est qu’un devoir […] Ne me pleurez pas et soyez fiers de moi ». « "tahia el-Djazaïr"] Le même jour tombe la tête d’Abdelkader Ferradj, trente-cinq ans, qui fait parti du commando Ali Khodja. Ce sont les deux premiers martyrs de la cause algérienne. Ces hommes et femmes se sont distingués par leur grande foi et leurs fermes convictions pour servir une cause noble et historique. Reposez en Paix, vos noms ont été ajoutés sur la liste d’or, en compagnie des milliers de martyrs morts pour une Algérie libre et indépendante. « Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons » (Coran 2 :156). Etre bourreau, un métier ordinaire Meyssonnier senior, pied-noir de la deuxième génération, ex-militant du Parti communiste français et patron de café à Alger, avait été initié dès 1928 au maniement de "la guillotine appelée la veuve". Soit, en trente ans, plus de 340 guillotinés à son actif - "144 terroristes et 200 droit commun", selon ses propres termes. Pour sa part, Meyssonnier junior, adjoint bénévole à partir de 1948, a exécuté en vingt ans quelque 200 personnes - la plupart durant la guerre d’Algérie. Ce qu’il résume à sa façon : "Pendant le FLN, c’était à la chaîne." Normal, dans ces conditions, qu’on ne se souvienne pas de tout le monde… "Si de Gaulle n’avait pas fait la paix des braves [en 1958, année où les exécutions capitales ont cessé en Algérie], on aurait dépassé Sanson", soupire l’ancien guillotineur, qui évoque le bourreau de Louis XVI comme on le ferait d’un vieux cousin. Un devoir de mémoire… J’invite les historiens et les personnes intéressées à compléter mon article sur cette période douloureuse. La liste des Martyrs guillotinés est longue, ils sont morts pour l’Algérie et j’aimerai connaitre les noms de ces héros… Merci… SEACO http://www.horizons-dz.com/files.ph… http://guillotine.voila.net/Palmalg… http://guillotine.voila.net/Palmare…

L’exécution de Embarek à la guillotine Mokhtar le Sam 9 Avr - 8:42

L’exécution de Embarek à la guillotine

Du temps du colonialisme Français en Algérie, la guillotine a beaucoup servi à trancher les têtes d’Algériens condamnés, arbitrairement par une justice expéditive, à la peine capitale. L’exécution, qui se faisait en public, offrait un spectacle macabre dans lequel la barbarie et la sauvagerie se disputaient la vedette.

Un journal de Nouvelle Zélande rapporte celle de Embarek à Mascara :

« AWFUL SCENE AT AN EXECUTION.

The execution of an Arab negro named Embarek took place at Mascara, in Algeria, recently. When the prison gates were swung open Embarek appeared before the crowd. He was pinioned, and the executioner’s assistants were pushing him on by the shoulders.

Within a few yards of the scaffold he caught sight of the glistening knife between the uprights, hanging, as if by a mere thread, at an awful height.

Embarek was overpowered with terror. His eyes seemed to roll out of their socket, and his lips muttered inaudible protests. With great trouble he was pushed on to the fatal plank. He offered furious resistence, though pinioned, wriggling in the most unexpected and inconvenient positions. The scene was a shocking one, and several people fainted.

The executioner pulled his victim by the hair with all his might ; two assistants and a couple of policemen pushed from behind, but probably interfered with each, other. Embarek bad his eye on the iron collar, and perversely lunged to the right and left.

The executioner, whose patience and forbearance were exhausted, at length took a rope, made a slip knot, slung it round the patient’s neck, and, using it as a lasso, pulled the man’s bead into the collar.

Then the knife dropped. « 

Extrait de : “ The Marlborough Express ”, journal de New Zeland, Volume XXXI, Issue 168, 20 July 1896, Page 4


Noter cette article :
bottom

Réactions

Brèves

9 juin 2011 - كتاب : "كذبة بيع الفلسطينين لأرضهم" للحاج أمين الحسيني

كتاب : "كذبة
tonimage tonimage

Top Articles