La mafia du sable sévit toujours

Tirant profit de la dynamique que connaît ces dernières années le secteur du BTHP, notamment avec le lancement des grands projets relatifs à la réalisation des équipements publics à titre des plans quinquennaux, certains cercles ont réussi à tisser leur toile d’araignée pour s’adonner au pillage de sable des plages notamment celles de la côte des localités de Bazol et El-Kennar et Mezaïr. En effet, lors de notre passage en compagnie d’une personne très au fait du dossier de la mafia du sable dont l’existence est un secret de Polichinelle dans les plages de Azaroud et Bazol, El-Kennar, El-Mezair et Sidi Abdelaziz, de Tassoust nous avons été désagréablement surpris par l’ampleur de cette « hémorragie » qui menace l’avenir de la côte jijelienne.
Le visiteur de certaines régions de la wilaya notamment tout au long du CW135 reliant Taher à Chekfa et les alentours d’El-Kennar et de Djimar sera frappé par le nombre impressionnant des dépôts de matériaux de construction devant lesquels sont amassées des « montagnes » de sable qui proviennent des sablières clandestines. Selon un rapport établi par les services du groupement de la Gendarmerie nationale l’an dernier, la commune de l’Emir Abdelkader est la plus touchée par ce phénomène qui est à l’origine de la constitution d’une « génération spontanée » de nouveaux riches qui ont tiré profit de la décennie noire pour amasser clandestinement des fortunes colossales en un laps de temps très court. Lors de notre virée aux région d’El-Kennar, Faza, El-Mezaïr, nous avons été impressionnés par la nuée de nouvelles constructions qui poussent comme des champignons dans ces localités dont les habitants avaient du mal à subvenir à leurs besoins il y a une dizaine d’années. En compagnie de notre guide, nous avons aperçu une dizaine de camions sans plaque d’immatriculation stationnés à Djimar et dont les chauffeurs attendent la tombée de la nuit pour commencer leur sale besogne. Un habitant de la localité de Faza, sous le couvert de l’anonymat, nous a affirmé que le va-et-vient incessant des ces camions « maudits » appartenant à certains barons connus sur la place locale en direction des plages de Bazol et El- Kennar, Mezair pour sucer la côte se poursuit quotidiennement, tranquillement au vu et au su de tout le monde à une heure tardive de la nuit. Une hémorragie qui risque de provoquer une catastrophe écologique et elle doit interpeller les services compétents pour mettre fin aux agissements de cette mafia qui, faut-il le souligner est une vraie gangrène qu’il faut combattre fermement. B. Inès
Le Soir d’Algérie



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