La maison de Ferhat Abbas à Taher sera-t-elle érigée en musée ?

vendredi 9 décembre 2011
par Cylia Lateb

Article+vidéo. C’est avec un pincement au cœur que nous avons visité la maison natale du regretté Ferhat Abbas, sise à Taher (30 km de Jijel) et qui devrait d’ailleurs être érigée en musée. Nous avons rencontré sur les lieux son neveu, le Dr Abdelmalek Mimoune, qui nous a parlé de son oncle l’intellectuel humaniste et militant à la fois.

D’abord en homme de paix, il essaya de dialoguer avec la puissance occupante avant de recourir aux armes. Fondateur de l’Union du manifeste algérien (UDMA), il n’eut de cesse à travers ce parti de rassembler les Algériens autour d’un programme politique à soumettre à la France. Humaniste, Ferhat Abbas persistait à croire que l’autre pouvait lui ressembler, surtout lorsque celui-ci descendait de Voltaire et de Rousseau. Pacifiste, il a de tout temps prôné la liberté et la justice.

Ferhat Abbas n’était pas seulement le fils d’un caïd algérien, mais aussi le fils de la mechta qui a partagé les peines et les joies des enfants de son village. De cette enfance magique, il a gardé une profonde admiration et un grand respect pour les montagnards. Mais Paris n’écoutait que les gros colons, en l’occurrence ceux de la Mitidja qui faisaient « suer le burnous ».

Intellectuel, il maîtrisait la langue française à la perfection, ce qui irritait encore plus les racistes qui voulaient maintenir l’Algérien dans l’analphabétisme et l’ignorance. En fait, Ferhat Abbas aurait pu mener une vie tranquille, matériellement à l’aise, puisque pharmacien à Sétif et intégré la société française, car de surcroît marié à une Européenne.

Cependant, c’est méconnaître le caractère de l’homme généreux, car celui-ci, au-delà de sa personne, voulait le bonheur de tout son peuple. Ainsi, il essaya toutes les voies pacifiques pour l’émancipation des Algériens, mais cela n’aboutit à rien. En effet, l’élection de Naegelen et les massacres du 8 Mai 1945 sont les remerciements de la France à l’engagement des Algériens durant la Seconde guerre mondiale.

Ferhat Abbas, n’eut alors aucune autre alternative que de rejoindre le FLN, après discussion avec son frère le regretté Abane Ramdane, lequel eut le génie politique de rallier à la lutte armée la plus large composante de la population algérienne, des communistes aux Oulémas en passant par les centralistes. A la proclamation de l’Indépendance, Ferhat Abbas est assigné à résidence par Benbella qui s’empara illégitimement du pouvoir. En 1980, Abbas publie ses mémoires dans « Autopsie d’une guerre ».

Quatre an plus tard, dans « L’Indépendance confisquée », il fait une virulente dénonciation de la corruption et de la bureaucratie qui régnaient alors en Algérie, engendrées par les régimes de Ben Bella et de Boumediene. Il est décoré par le président Chadli Bendjedid, le 30 octobre 1984, de la médaille du résistant. Décédé à Alger le 24 décembre 1985, il est enterré au Carré des martyrs du cimetière d’El Alia. Cylia Lateb Le Temps d’Algérie


Noter cette article :
bottom

Réactions

lundi 12 décembre 2011 à 10h45

Les quotidiens Liberté et El-Khabar ont consacré des articles à ce sujet il y a quelques temps. Le citoyen BOUKEFFOUS Noureddine a été le premier à proposer la transformation. Il a écrit à toutes les autorités du pays, seule La Ministre de la Culture s’est intéressée au sujet en lui répondant tout en saisissant la direction de la culture de la wilaya de jijel….pour les autres…..ce sujet trainerait beaucoup de casseroles…..J’ai déjà écrit sur www.jijelecho.com concernant cette situation ….M.F.TOUMI

samedi 10 décembre 2011 à 09h57

Le reste de la maison où est né Ferhat-Mekki ABBAS se trouve à BOUAFFROUNE (OUDJANA/JIJEL) malheureusement c’est devenu une écurie où les nouveaux occupants des lieux gardent leur troupeau. Plusieurs démarches et correspondances ont été transmises par BOUKEFFOUS Noureddine Ben Mebarek aux autorités locales et même à l’actuel président de la république pour y intervenir hélas !….Sa propre maison avait été vendue à G.M….centre de Taher . Ce qui reste appartient à son père, et racheté par feu Docteur Mahmoud…..Une seule chambre actuellement en décrépitude était réservée au Président du GPRA lors de ses rares venues à Taher où j’ai eu l’honneur de le voir deux fois. Les ennemis d’hier de ce personnage sont ceux qui tirent les ficelles actuellement. Contrairement à la maison de Abane Ramdane lâchement assassiné par les sbires de l’ennemi, transformée en musée à Ighil-Oufella/Azzouza/Larbâa Naït-Irathen (T.OUZOU) je demeure fortement pénétré que rien ne sera fait pour celle du 1er Président du GPRA . Un citoyen dépité0

Brèves

9 juin 2011 - كتاب : "كذبة بيع الفلسطينين لأرضهم" للحاج أمين الحسيني

كتاب : "كذبة
tonimage tonimage

Top Articles