La sittelle kabyle, hôte de marque au Parc national de Taza

jeudi 14 mai 2009
par BENKAM

La sittelle kabyle, une des particularités du Parc national de Taza (Jijel), serait le seul oiseau endémique à l’Algérie et vit uniquement dans quatre zones montagneuses du nord-est du pays, en Kabylie surtout sur une petite superficie de 250 km2. L’oiseau, qui affectionne les vieilles forêts de chênes, de pins et de cèdres de l’Atlas au-delà de 1.000 m d’altitude, a été découvert en Algérie pour la première fois en 1975 dans la zone protégée des Babors et, en 1989, à des altitudes plus basses dans le versant nord de Guerrouch (Jijel), puis à travers la plus grande étendue du parc de Taza. Il semble que ce passereau ait étendu son champ de prospection dans la forêt domaniale de Tamentout et de Djimla, au sud-ouest de Jijel.

Appelé sitta ledanti par les scientifiques, il est reconnu endémique à l’Algérie et est apparenté à deux autres espèces méditerranéennes, en l’occurrence la sittelle corse (sitta whitehead) et la sittelle de Turquie (sitta krupéri). En été, la sittelle kabyle se nourrit d’insectes qu’elle trouve à l’extrémité des branches et en hiver, sur le Djebel des Babors, elle consomme des noisettes et des graines de pins et de cèdres. La saison de nidification s’étale entre mai et juin sur les escarpements montagneux, mais peut varier en fonction des conditions météorologiques et de la disponibilité de la nourriture. Dans le parc de Taza, la saison de nidification s’achève à la fin du mois de juin. Son terrain de prédilection pour la nidification est le merisier ou l’arbousier où elle creuse des cavités de 3,5 à 5 centimètres de diamètre dans le tronc ou dans les grosses branches, à une hauteur située entre 4 et 10 m du sol, avec une exposition généralement dirigée vers le sud. En période hivernale, ces oiseaux peuvent se mêler à d’autres espèces, comme les mésanges ou les pinsons. Des recherches effectuées par des spécialistes ont révélé que ses « cousines », les sittelles corse et turque, existent depuis bien longtemps mais en nombre restreint. C’est aussi, quelque part, un oiseau énigmatique. Discrète par sa présence en nombre réduit, elle demeure difficile à observer. Un ornithologue peut cependant déceler facilement sa présence grâce aux sons qu’elle émet. Les chants, sons et cris sont émis notamment lors de la recherche de la nourriture ou tout simplement quand elle nourrit ses oisillons. Autre curiosité ancestrale : des populations riveraines croient dur comme fer que la sittelle est une espèce sacrée. Les adultes ont toujours interdit aux jeunes de toucher à cet oiseau prétextant qu’il leur arriverait malheur s’ils le prenaient en chasse. Cette croyance est perçue comme bénéfique pour les défenseurs de l’environnement, dans la mesure où elle contribue à la protection et à la sauvegarde de cette espèce rarissime. Créé en 1985, le Parc national de Taza chevauche entre mer et montagne. De nombreux sites et paysages ont été répertoriés et inventoriés par la direction du parc national de Taza. On cite les célèbres « grottes merveilleuses » de Ziama Mansouriah (35 km à l’ouest de Jijel), mises au jour en 1912 lorsque les travaux de l’actuelle route qui relie Jijel à Bejaia avaient été entrepris. Ce site se distingue par la prolifération des stalagmites et de stalactites, de bien curieuses concrétions calcaires qui se forment lentement au fil du temps.


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