La visite du cimetière de Jijel entre hier et aujourd’hui

Parmi nos coutumes ancestrales, la « nécessaire » visite du cimetière pendant les fêtes religieuses, le premier jour de Ramdan, le jour d’El-Aid, etc. La visite d’el « me9bara » a ses disciples, ses lois, ses conditions, mais ce que j’ai remarqué c’est que même ces pratiques se modernisent. Quand j’étais petite j’accompagnais ma grand-mère, à l’époque il y avait une petite chapelle de « SID Ahmed ben Ame9rane » où on faisait allumer des bougies et on servait la « taminna », puis on lisait La Fatiha avec une autre sourate, puis c’est le tour de la visite de la tombe de mon grand-père à côté duquel on lisait encore une fois la Fatiha et une autre sourate, en priant sur son âme, et surtout on fait attention de ne mettre son petit pied sur la tombe d’un mort sinon tu vas le déranger…
Trois ans après j’ai constaté que les visiteurs entraient et sortaient en tournant le dos au cimetière, et on devait dire : « essalamo 3alaykome y a ahle el madinna » (paix sur vous ô gens du cimetière) et à la porte du cimetière on devait mettre un voile et changer de bottes. De nos jours il y a une nouvelle tendance, celle de la plus belle tombe, certains n’hésitent pas à utiliser la faïence pour décorer la tombe ; d’autres mettent de si chères « chahda » pour mentionner le nom ; d’autres utilisent du « jeraniome » et du « hba9 ». J’ai constaté aussi l’apparition de certaines pratiques comme arroser la tombe a la fin de la visite, le 40 éme jour de la mort d’une personne on doit lui gratter la terre, une tombe ne doit pas être de nouveau ouverte qu’après 5 an de le mort du précédant et vous n’avez le droit de le refaire qu’après la tombée de la pluie, et bien sur le gardien doit goûter de son sada9a.
par RIma ALIANE



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