Le P/APC de Zéralda crie à l’injustice

samedi 9 juillet 2011
par BNIBRAS
1 vote

Article+vidéo. Collectif de Soutien à Mouhib Khatir " LMK - Libérez Mouhib Khatir "

Arrestation du maire de Zéralda, Les dessous d’une affaire

Depuis mercredi, le maire de Zéralda, Mouhib Khatir, est en prison. Placé sous mandat de dépôt, il est accusé d’escroquerie et de diffamation. Il a comparu jeudi devant le tribunal de Hadjout. Pour beaucoup de proches du maire, et notamment ses soutiens qui ont organisé deux rassemblements vendredi avant et après la prière, c’est la conséquence des efforts de Mouhib Khatir pour lutter contre la corruption dans sa commune. Lui‑même avait déjà, à plusieurs reprises, fait part de ses craintes. Récemment, TSA l’avait rencontré. Et il prévenait déjà : « je suis très vulnérable ».

Car Mouhib Khatir a eu « le tort », selon lui, de s’intéresser d’un peu trop près à la gestion de son prédécesseur à la tête de l’APC de Zéralda. Dans un premier temps, constatant plusieurs dossiers suspects il dépose une vingtaine de plaintes entre 2007, date de son arrivée à la mairie, et aujourd’hui. « Dès que j’ai été installé, j’ai remarqué des anomalies dans le compte de l’APC qui était bloqué. La commune avait contracté un crédit auprès de la Cnep pour construire un centre d’affaires en 1994 et ne l’avait toujours pas remboursé. J’ai déposé plainte notamment contre l’ancien président de l’APC qui est actuellement vice‑président et j’ai informé ma tutelle, la wilaya, de tous ces dépassements et ces dilapidations et le manque à gagner pour la commune – il se compte en terme de milliards – que j’ai constatés »,racontait‑il dans cet entretien.

On aurait pu penser la justice satisfaite de l’activisme du maire contre ces malversations présumées, mais bizarrement, c’est tout le contraire qui se passe. Quelques temps après, une plainte est déposée contre lui pour négligence et complicité dans la mauvaise gestion de la gare routière de Zéralda. « Les gens qui ont été convoqués comme témoins étaient déjà impliqués dans le dossier de la plainte que j’avais déposée », s’étonnait ainsi le maire.

Les déboires du maire ne se sont par arrêtés là. Il va encore une fois constater son isolement lorsqu’il tente de faire fermer un hôtel, un cabaret et une salle des fêtes dans le centre d’affaires de la ville, parce que, selon lui, ils ne sont pas en conformité avec la loi. Là encore, expliquait‑il, ses décisions seront systématiquement contrecarrées par d’autres responsables locaux. « Les habitants se plaignaient depuis 2003 que ce cabaret était déjà ouvert sans autorisation. Mais il fonctionnait toujours grâce à la complicité des responsables locaux. Mon avis était alors défavorable, c’était au début 2008 », détaillait‑il.

Un rapport de la Cour des comptes lui parvient confirmant ses doutes. « Après avoir vu le rapport, j’ai demandé au chef de sûreté de mener une enquête ». M. Khatir demande aussi des documents aux élus pour compléter son enquête. Ils lui seront refusés. « Je demande au chef de sûreté de voir si le cabaret et la salle de spectacle ont des autorisations », expliquait‑il. Le responsable le lui confirme et lui envoie un rapport signé. « J’envoie ensuite sur place une équipe de l’APC pour l’hygiène. Je signe après un arrêté de fermeture que j’envoie au chef de sûreté pour exécution », continuait‑il. Le même chef de sûreté lui envoie alors un autre rapport, complètement opposé au précédent, lui affirmant que ni le cabaret, ni la salle n’avaient d’autorisations.

« On a tenté de me corrompre » Le maire de Zéralda, sceptique, fait dès lors un rapport détaillé au wali, au ministère de l’Intérieur et au procureur général de Blida, pour dénoncer ces dysfonctionnements. Il dépose aussi une nouvelle plainte contre les gérants, les associés et l’ancien P/APC pour dilapidation, signature de faux contrats et falsification. Le wali signe l’arrêté de fermeture le 6 juillet 2008. Mais le cabaret, l’hôtel et le bar du centre d’affaires sont toujours ouverts. Pour Mouhib Khatir, les gérants bénéficient de la complaisance des autorités, dont plusieurs responsables fréquentent selon lui l’établissement. « On a même tenté de me corrompre », affirmait‑il, tantôt par l’argent et tantôt par des garanties et des promesses pour un nouveau mandat. En 2008, il avait déjà déposé plusieurs plaintes sans qu’aucune n’aboutisse. Ce ne sera pas le cas des plaintes déposées contre lui.

Fin décembre 2008, la gérante de l’hôtel porte plainte contre Mouhib Khatir, l’accusant de lui avoir demandé de l’argent. Quelques temps après, une autre convocation lui parvient du tribunal de Blida pour détournement, dilapidation et signature de faux contrats. D’autres plaintes seront déposées contre lui par la suite. S’étonnant de l’évolution de l’affaire, M. Khatir envoie une lettre au procureur de Blida lui demandant la raison pour laquelle les plaintes que lui a déposées n’ont toujours pas été instruites.

L’affaire prend une nouvelle tournure lorsqu’un habitant de la commune fait une requête concernant la distribution de logements sociaux. Le maire étudie le dossier et tombe sur la demande de logement du frère du procureur de Blida. Il aurait selon lui bénéficié d’un logement social à Zéralda alors qu’il n’est ni natif ni résident dans la commune. Le maire constate alors qu’« un acte de résidence (dont TSA détient une copie) a été falsifié avec comme adresse le siège de la commune ». Il dépose alors une plainte contre le procureur général de Blida et son adjoint, parent d’un élu de la commune de Zéralda, que le maire soupçonne d’avoir organisé la fraude.

Au moment de notre entretien, Mouhib Khatir affirmait qu’à l’issue de ce dépôt de plainte, il avait été menacé de mort à plusieurs reprises. Mouhib Khatir venait également d’initier un mouvement pour la défense des droits des maires. Il avait avec quelques élus locaux élaboré une liste de revendications et menacé de marcher dans la capitale. Une menace qui lui en a valu plusieurs autres en retour. Quelques semaines avant son incarcération, il affirmait ainsi être harcelé pour son militantisme et s’inquiétait de ce qui pouvait lui arriver.

TSA

Le procès de l’Office du centre des affaires de Zéralda ne semble pas connaître son épilogue de sitôt. Lors de la dernière audience, le procureur de Blida en charge de l’affaire a requis des peines de prison ferme à l’encontre des mis en cause y compris l’actuel P/APC, Mouhib Khatir, qui risque quatre ans de prison pour dilapidation de deniers publics et passation de contrats non conformes à la réglementation. Et c’est sur cette condamnation que le maire revient en criant à l’injustice. “Je suis littéralement outré par une telle condamnation qui fait de moi aujourd’hui un accusé alors que c’est moi le plaignant”, nous confie-t-il. Et de s’interroger sur la manière dont est conduite cette affaire : “De quelle dilapidation parle-t-on ? Alors que trois jours à peine après mon installation à la tête de l’APC en décembre 2007, j’ai demandé la fermeture de l’Ocaz pour les raisons connues de tous les citoyens de la commune ? On veut tout simplement noyer le poisson au vu de la plainte déposée contre le procureur général de Blida et son frère pour avoir bénéficié de plusieurs logements sociaux à Zéralda entre 2003 et 2006 avec la complicité des élus de l’époque. Ils avaient fait établir pour cela de faux certificats de résidence”. Le maire se dit également étonné par l’introduction d’un nouvel élément dans l’affaire ayant trait à la suspension de fonction de la directrice du centre qu’on lui impute alors que, selon lui, la décision a été prise par le wali d’Alger. Mais ce qui fait sortir le P/APC de ses gonds, c’est de constater que “le juge a refusé d’accuser réception de la correspondance remise le 13 janvier dernier du procureur de Chéraga et destinée au PG de Blida expliquant que la plainte a été déposée par le plaignant Mouhib Khatir”. Pour rappel, le maire de Zéralda s’est attelé dès son installation à l’ouverture du dossier de l’Ocaz, suite à un rapport de la Cour des comptes faisant état d’une gestion catastrophique de l’établissement mettant en cause plusieurs responsables.

Liberté


Noter cette article :
1 vote
bottom

Réactions

Logo de Aghzer
lundi 11 juillet 2011 à 12h35, par  Aghzer

Mais que fait la commission de la lutte contre la corruption créée il qq mois par sid arayès. On entend plus parler, c’est bizarre !

Logo de Acimi
dimanche 10 juillet 2011 à 18h01, par  Acimi

Je fais suite à cette triste nouvelle l’arrestation Mouhib Khatir, je trouve que c’est toute à fait normale son arrestation, la Mafia Algérienne en Général ne peux laisser la liberté aux citoyens nobles de notre cher pays, comme hier ont éliminé un par nos glorieux résistants à leur tete Boudiaf, aujourd’hui ils continuent leur mission pour éradiquer tout mouvement de résistance de la part d’honnetes citoyens. Ils veulent voir un peuple de moutons. la question donc est quand est ce que notre jeunesse prendra son destin en main ? quand est ce que notre peuple va-il s’indigner ? combien de Mouhib Khatir vont encore payer pour cette Mafia ?

Logo de Slimoune
dimanche 10 juillet 2011 à 17h05, par  Slimoune

Tout est possible en Algérie de la "gloire" et "l’honneur". Ils jetent un honnete maire en prison, ils libèrent un assassin, cheb mami un autre "honorable citoyen" a reçu 500 millions juste pour avoir chanté 2 heures. Comment voulez-vous que Vive l’Algérie !

Logo de SM
samedi 9 juillet 2011 à 23h57, par  SM

Malheureusement c’est ça le sort réservé à tous ceux qui veulent travailler bannia wal qalb assafi. La meilleure illustration est celle de Boudiaf qui reste et restera gravé dans la mémoire des algériens. Rabbi yfaradj alik.

Brèves

22 mai - Salon des arts plastiques de Jijel Une vitrine pour encourager et promouvoir les plasticiens locaux

Ces derniè

22 mai - TEXENNA (JIJEL) 67 millions de dinars pour l’assainissement

Une envelo

22 mai - TAHER : 8,44 MILLIONS DE DINARS POUR L’ÉTUDE DU RÉSEAU DE DISTRIBUTION D’EAU

Une étude

19 mai - EL MILIA PROLIFÉRATION DES RATS

La ville

19 mai - RAHIMA NEMER. Elue députée sur la liste de l’UFDS

Ademi-mot,
tonimage tonimage

Top Articles