Le Rapport Ahmed, de nouveaux problèmes
Le 21 Juin 1955 dans un accident de la circulation à Alger la police a arrêté une 203 dans laquelle se trouvaient Krim Belkacem et Abane. Les deux passagers ont réussi à se fondre dans la foule. Mais dans voiture est restée une serviette. Le "Rapport Ahmed " envoyé au Caire par Mohamed Boudiaf, fut saisi par la police. Ce document permettra de faire éclater au grand jour les contacts pris par le Front de Libération Nationale, avec un des chefs des Centralistes, Ferhat Abbas, que voici :
Mon cher Omar, D’abord je réponds poste par poste à ta lettre. Pour Michelet nous ne serons vraiment tranquilles que lorsque tu auras réglé définitivement la question. Il faut voir à tout prix avec Amirouche et savoir s’il n’y a pas anguille sous roche. Tu me parles du chef de la zone de la Haute. Qui est-ce ?
J’ai pris bonne note pour la question des effets. La question sera étudiée et réglée. Tu me demandes des cachets. Qui t’as dit que j’ai des cachets ? Pourtant au moment de ton départ, il n’y en avait pas.
Voilà, je me suis débrouillé : deux systèmes de cachets, mais ce ne sont pas des cachets ronds. On compose à volonté ce que l’on veut. Front, Armée, ou chef de zone. Ils sont rectangulaires. J’ai déjà donné un à Arezki pour la Kabylie. J’ai gardé un autre pour Alger. Mais je pense te l’envoyer. Ici nous n’en avons pas besoin et puis j’essayerai d’en avoir un autre. Mais je ne peux te l’envoyer. Il est 08 heures du soir, l’agent de liaison part demain et le cachet et chez Ahsine pas à la maison mais caché chez un autre. Car il y a alerte encore, les frères Haradj et Saïd le chauffeur de la Redoute sont arrêtés….
Cartes d’état-major et…pris note. Au sujet de ton retour ici je reviendrai plus loin sur la question. J’ai répondu à toutes les questions, maitenant venons à la situation ici. Tout d’abord un grand travail a été fait.
I)- Contact avec ABBAS. Il est d’accord pour que ses amis soignent les blessés. Il nous donnera des médicaments et ce qu’il pourra comme argent. J’ai chargé quelqu’un de voir si la marchandise est prise.
Arezki et moi l’avons vu en personne. Il nous a posé trois questions : 1)- Est-ce que ma politique vous gêne ? Si oui, je me retire, sinon je persévère. On lui a répondu : d’accord continu. 2)- Que puis-je faire pour vous aider ? On lui a répondu : médecins, médicaments, finance. Il a répondu : je ferai de mon mieux. 3)- Dans le cas où la France me contacte pour proposer un arrangement, que dois-je faire ? Notre réponse : Viens nous voir, si nous sommes d’accord nous te dirons d’accepter, si ne nous sommes pas satisfaits nous te diront : refuse. Il nous a répondu : d’accord.
II)- Contact chez Cheikh Tebessi. Rendez-vous ici avec Arezki et moi manqué. Il a été suivi par la police. Deux des nôtres l’ont vu. Entièrement d’accord avec nous. Il fera tout pour nous aider, propagande il est prêt à rédiger des tracts en arabe mais point d’argent.
Je ne sais si j’ai tout dit. Je m’arrête j’ai un rendez-vous dans un moment. fraternellement, Ahmed.
P.S :
Tâche d’envoyer un agent de liaison tous les dix, quinze jours. Ainsi, nous pourrons nous renseigner mutuellement et de nous aider.
Tâche de voir ce qui se passe en Petite Kabylie Arezki ne peut pas y aller. Il est pris ici. D’ailleurs, cette fois il va se soigner. Je n’ai pas le temps de me relire. Si j’ai sauté des mots tant pis ! Bon courage et bonne chance !
Un élément nous a donné avant ton départ au maquis une petite Camionnette. La Vespa je l’ai prise à la Redoute. L’agent de liaison prendra avec lui le contingent de la Haute, des tracts mozabites et tabac. Les directives sont déjà parties à Souk. Sources Historia-magazine nrs 200/205 pages 197/372.
M.F.TOUMI.



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