Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus

lundi 6 septembre 2010
par Nourdine Bennabi

Si la critique n’est pas fondée, elle devient vite de la calomnie et son auteur petit, ridicule et mesquin. Mais pour échapper à cette ignominie, il faut critiquer toujours à bon escient et ne jamais céder à son cœur, surtout lorsqu’il s’agit de valeurs et surtout lorsqu’elle vient d’hommes de valeur. Avant de s’adonner à la critique, le critique honnête se doit de connaître à fond son sujet ; autrement, mieux vaut s’abstenir : il y gagnera sûrement en estime et en dignité. Les ennemis de l’Islam critiquent l’Islam sans le connaître, sans même faire le moindre effort de le connaître ou de le comprendre.L’adage ne dit-il pas : « La critique est aisée et l’art est difficile ! » Quand cela vient de gens médiocres et obscurs comme nous en avons connus tout récemment, cela fait sourire, mais quand il s’agit d’un Voltaire ou d’un Camus, cela mérite réflexion. Voltaire est connu pour son sarcasme.

Par Nourdine Bennabi

Il aimait ridiculiser son prochain, il s’en était pris à Mohamed (QSSSL) lorsqu’il avait appris que celui-ci avait fait l’ascension.

Il avait dit : « Est-ce sur une bourrique qu’ila fait l’ascension ? » (1) Cette réflexion avait été faite par méchanceté, mais surtout par ignorance. Au XVIII e siècle, l’époque où Voltaire a vécu, il n’y avait pas encore d’engins qui volent : pas d’avions et encore moins de vaisseaux spatiaux. Pour l’auteur de cette réflexion, il était absolument impossible de s’élever de terre ; de là à imaginer que le ciel, deux siècles plus tard, connaîtrait des engins volants, voilà ce que le génie d’un Voltaire était incapable d’imaginer. Pourtant, dans le Coran, un verset explicite sur cette évolution est prévu. Il aurait seulement fallu le lire et le comprendre pour éviter de dire pareille sottise. Mais par orgueil et mépris, Voltaire n’aurait jamais accepté de lire le Coran dont l’auteur, à ses yeux, n’est autre que « ce fanatique du désert. » Si de tels progrès ont pu être faits par l’homme en aviation et dans d’autres domaines technologiques, que dire alors de Dieu omnipotent et omniscient ; et à ce propos, au VIIe siècle déjà, lors de la révélation du Coran, bien avant donc le XVIIIe siècle et la naissance de Voltaire, le Coran prévoyait ce progrès : en voici le verset : « Ô peuple de djinns et d’hommes ! Si vous pouvez sortir du domaine des cieux et de la terre, alors faites-le. Mais vous ne pourrez en sortir qu’à l’aide d’un pouvoir (illimité). » Sourate 55 ; verset 33.

De nos jours, si Voltaire connaissait ce verset ou ce pouvoir illimité dont parle Dieu, il ne se serait jamais permis une telle incartade. Ce que nous avons dit de Voltaire est valable pour Camus : c’est par ignorance, ironie et mépris qu’il écrit : « Marcel était préoccupé à déchirer son pain. Il empêcha sa femme de boire de l’eau. » Elle n’est pas bouillie. Prend du vin (. ..). Et puis, il y avait du porc au menu. « Le Coran l’interdit. Le Coran ne sait pas que le porc bien cuit ne donne pas de maladies.(C’est nous qui soulignons). Nous autres, nous savons faire la cuisine. A quoi penses-tu ? ». Janine ne pensait à rien, ou peut-être à cette victoire de cuisiniers sur les prophètes ? En s’arrêtant à cette tirade, on s’aperçoit que Camus rabaisse les prophètes, en l’occurrence celui de l’Islam, puisque c’est de lui qu’il s’agit ici, bien au-dessous des cuisiniers ; mais pire encore, il s’en prend, toute honte bue, sans égard aux millions d’adeptes de l’Islam, au Coran !

Pour lui, il est clair que le Coran n’est pas divin ; autrement, comment expliquer qu’à ses yeux, Dieu, omnipotent et omniscient, ne soit pas en mesure de prévoir une telle lacune ; et pour tout dire, on s’aperçoit que Camus aurait pu se passer d’une telle tirade puisqu’elle est mal à propos dans la bouche de Marcel ; mais au contraire, c’est une occasion en or, pour lui, d’en parler même si cette tirade vient comme un cheveu sur la soupe : il ne pouvait pas ne pas céder à la démangeaison d’en parler et à son mépris pour l’Islam. Mais qu’en est-il au juste de l’interdiction de la viande du porc par le Coran ? Il est bien connu que le porc contient des vers parasites ; mais il est vrai aussi qu’une longue cuisson tue ces vers parasites. Cela est bien connu des musulmans depuis fort longtemps. Est-il nécessaire de rappeler ici, aux lecteurs, que l’illustre médecin arabe Averrhoes a vécu au XIIe siècle ? Et que Camus ne vienne pas nous dire que les Arabes n’ont pas de savants ! Mais la vraie raison de l’interdiction du porc est ailleurs.

Des études médicales sérieuses datant du XXe siècle seulement ont prouvé que « la constitution anatomique et biologique du porc est très proche des humains ; que la taille des organes internes du porc est la même que celle des humains ; que leur fonctionnement est le même que ceux des humains ; que la peau du cochon est très proche de celle des humains » ; en un mot, que le porc est l’animal le plus proche de nous ! Cette ressemblance entre le porc et nous constituerait plutôt la vraie raison de l’interdiction de la viande du porc : elle est morale que sanitaire ; que consommer des organes semblables aux nôtres c’est tomber à l’anthropophagie et que c’est un cas de conscience que d’avoir dans son assiette un plat de viande porcine. Enfin, dans les deux cas ci-dessus, celui de Voltaire et celui de Camus, la science est en étroite relation avec le Coran : elle le corrobore. Rien d’étonnant à cela : la science est à Dieu, le Coran est sa parole ; les deux convergent et se confondent. Sans leur connaissance, il est inutile de fronder ; or, ni Voltaire ni Camus, nos deux frondeurs, ne les connaissaient.

A. Camus in : L’exil et le royaume /p 20, Ed : Gallimard.

Nourdine Bennabi, Ancien sous-directeur au ministère de l’Education nationale

El-Watan


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Réactions

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mercredi 1er décembre 2010 à 19h23, par  BENKAM

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invité(e) Posté le : 06/09/2010 09:43 Mis à jour : 06/09/2010 10:14
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
Djazak allah alf khair M Bennabi !
Merci du fond du coeur ;-Algérie

Nessim

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invité(e) Posté le : 06/09/2010 10:59 Mis à jour : 06/09/2010 11:09
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
Réflexion très intéressante.

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invité(e) Posté le : 06/09/2010 12:33 Mis à jour : 06/09/2010 14:01
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
Essalamu ’alaykum
Article très intéressant, ;-très bien 2. Cet article montre bien l’être humain face à son ignorance et démontre son arrongance. Que Dieu Taala nous en préserve, amine

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invité(e) Posté le : 06/09/2010 13:25 Mis à jour : 06/09/2010 14:02
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
la science est en étroite relation avec le Coran

Si c’est vrai alors comment se fait-il que les découvertes scientifiques réalisées depuis la période anté-islamique jusqu’á nos jours soient l’oeuvre surtout de chercheurs qui n’ont approché ni de prés ni de loin le saint Coran ?
Une fois que les "kouffars" découvrent quelque chose on crie haut et fort " c’est écrit dans le Coran".C’est vrai mais alors pourquoi nos oulemas n’ont pas échanger leur gandoura contre des blouses blanches ?
Pour les deux cas concrets…le porc est interdit dans la religion juive et dans la bible aussi.C’est pas pour rien que ces religions l’ont interdit car cet animal est un vrai "réservoir á parasites" et á l’époque les sciences vétérinaires et les techniques de conservation étaient absentes…et en plus ce porc n’a pas de cou et donc impossible á égorger suivant le rite musulman.La ressemblance du porc avec l’homme est une réalité á tel point que le porc est devenu un donneurs d’organes(pour l’homme) potentiels non négligeables en chirugie.
Pour rester dans l’alimentation, pourquoi notre religion a interdit la consomation de vin, par exemple ? des études trés sérieuses ont prouvé que la consomation MODÉRÉE du vin rouge est trés bénéfique pour l’organisme…
Pour l’ascencion du prophéte Mohamed saws, je pense qu’elle n’est pas physique mais spirituelle…Bien avant Voltaire, l’homme a toujours voulu imiter les oiseaux et essayer de voler comme eux.Le plus souvent avec des fins tragiques mais déjá en 1500, Léonard de Vinci fut l’un des premiers á étudier scientifiquement le probléme et de nombreux dessins le prouvent.
Saha ftourkom.
Salahovski

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invité(e) Posté le : 06/09/2010 13:26 Mis à jour : 06/09/2010 14:03
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
Citation :
Il avait dit : « Est-ce sur une bourrique qu’ila fait l’ascension ? » (1) Cette réflexion avait été faite par méchanceté, mais surtout par ignorance. Au XVIII e siècle, l’époque où Voltaire a vécu, il n’y avait pas encore d’engins qui volent : pas d’avions et encore moins de vaisseaux spatiaux. Pour l’auteur de cette réflexion, il était absolument impossible de s’élever de terre ; de là à imaginer que le ciel, deux siècles plus tard, connaîtrait des engins volants, voilà ce que le génie d’un Voltaire était incapable d’imaginer

Bien sur qu’à l’époque de Voltaire, il n’y avait pas d’engin volant ! Mias il est vrai aussi qu’une bourrique (ou plutot le Bourak de la fable)ne peut voler !

"…l’illustre médecin arabe Averrhoes …."
Averroes (Ibn Roshd) est un libre penseur dont beaucoup d’oeuvres ont été brulés par les "savants musulmans" qui l’avaient considéré comme hérétique !

Cet article est un reflet du concordisme ! Laisser la religion à dieu et la sciences aux scientifiques !

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invité(e) Posté le : 06/09/2010 19:30 Mis à jour : 06/09/2010 19:57
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
- Citation :
l’illustre médecin arabe Averrhoes a vécu au XIIe siècle

- Citation :
Et que Camus ne vienne pas nous dire que les Arabes n’ont pas de savants !

Averrhoes (Ibn Rochd) est un savant andalou. Il est considéré comme l’un des pères fondateur de la pensée laïque en Europe de l’ouest.
Son ouverture d’esprit et sa modernité déplaisent aux autorités musulmanes de l’époque qui l’exilent comme hérétique et ordonnent que ses livres soient brûlés.
Et maintenant, tous les islamistes sont fiers de leurs "savants musulmans", qu’ils ont autrefois pourchassés pour hérésie !!! Hypocrisie et malhonnêteté, voilà la réalité. Presque tous les savants dits "musulmans" (et non arabes !) étaient en fait des gens de libres pensées, laïques et pour certains carrément athées ! Ils ont tous été pourchassés de leurs vivants par les "Chouyoukhs".

Aghil

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invité(e) Posté le : 07/09/2010 01:50 Mis à jour : 07/09/2010 02:10
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
Où il se vérifie que n’importe qui peut dire n’importe quoi ;il y aura toujours des " vulgus pecus "qui vont s’engouffrer dans la brèche, pourvu qu’on apporte de l’eau à leur moulin et qu’on sanctifie leur chapelle.
Quelle vanité ! s’attaquer à des géants avec des outils de savetier et de colporteur !On aura tout vu ."3ich Etchouf,3ich tesma3".
La médiocrité qui s’étale dans toute la saveur crasse de son ignorance millénaire .Il suffit de chauffer le "Bendir" , même avec du mauvais charbon, pour se sentir, dans la petitesse de sa mesquinerie ,une sorte de tribun de quartier désaffecté ,désigné par le sort pour enfourcher le baudet désincarné de la parole facile !Quel "laghw" !
Dieu nous préserve de ce genre de pensées infécondes !Amen !
"La yestawi alladhi ya3lem wa elladhi la ye3lem "
Wally El Haq .

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invité(e) Posté le : 07/09/2010 12:53 Mis à jour : 07/09/2010 18:22
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
Ni Camus ni Voltaire ne sont les grands Hommes de la littérature. Il faudra prendre en compte les pensées d’un géant comme Victor Hugo plutôt que ceux d’un pieds-noir colonialiste ou d’un fou de roi. Ceci dit, je pardonne plus volontiers à Voltaire qu’à Camus. L’époque de Voltaire était une époque de troubles où le baroque était à son comble alors que celle de Camus avait le sérieux des révolutions et des droits des peuples.
D’ailleurs Voltaire a fini par revenir sur sa vision de l’islam.

Ceci dit, nous nous posons des questions en tant que musulmans aussi sans pour cela tomber dans l’insulte de caniveau.
Mon questionnement concerne la lapidation et les coups de fouet que je n’arrive pas à lier au dieu qui a créé le monde et l’homme avec ses faiblesses. Je trouve ce châtiment d’une incroyable cruauté, indigne du Dieu invisible ?
Ma question est sincère et je cherche des réponses en vain.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 07/09/2010 17:23 Mis à jour : 07/09/2010 18:28
Re : Le Saint Coran, Voltaire et Albert Camus
Voici la bourrique de l’ascension :
Cette image existait et existe peut être toujours dans de maisons

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