Le calvaire à l’hôpital de Jijel

Je me permets de dénoncer beaucoup d’agissements contraires à l’éthique et à la morale à l’hôpital de Jijel. Je déplore le manque de conscience (les médecins ne se soucient guère des malades), le laxisme, l’incompétence de certains médecins et des gestionnaires qui ne savent pas gérer nos institutions, causant ainsi beaucoup de préjudices à la dignité humaine et, surtout, aux malades à un âge avancé,
condamnés d’avance : les personnes âgées à l’hôpital de Jijel sont livrées à elles-mêmes, en proie à des angoisses terribles et à des souffrances indescriptibles. Mon cauchemar a commencé le 10 janvier 2011, lorsque ma mère octogénaire a été admise à l’hôpital, au Service des urgences, pour une hémorragie digestive due aux médicaments pris pour traiter son asthme. Le médecin de garde l’a auscultée et a trouvé une tension artérielle de 6/4. Souffrant en sus de méléna (évacuation de selles de couleur très foncée, contenant du sang digéré provenant d’une hémorragie digestive), il a jugé nécessaire de l’admettre au service de pneumo-phtisiologie. Là, elle n’a eu droit à la consultation que vers l1h30, pour que l’on décide, enfin, de la transférer vers un autre service, celui de médecine interne femmes. Dans ce service, trois généralistes et un médecin interniste soignent toutes les pathologies. La nuit, les malades sont confiées à des médecins stagiaires, souvent novices, qui viennent tout juste de terminer leurs études. Etant garde-malade, je voyais ma mère souffrir de plus en plus, son hémorragie digestive persistait et les médecins essayaient d’y remédier par la transfusion sanguine, mais la prescription du traitement approprié, à savoir le Mopral 40 (bien sûr procuré par nos soins, vu son inexistence au niveau de l’hôpital), n’a été administré à ma mère que 10 jours après son admission, ce qui a contribué à la détérioration de son état. Durant tout ce temps, personne n’a jugé nécessaire de soulager ses crises d’asthme répétitives. Malgré mes incessantes réclamations, les médecins qui s’occupaient d’elle ont totalement négligé ce côté-là, et le comble est qu’ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur un diagnostic commun : l’un disait : OAP, l’autre fibrose, un troisième pleurésie, un autre suspectait une anémie… Et vu la confiance qu’on avait en eux, les anges de la miséricorde, on ne pouvait en aucun cas les contredire, jusqu’à voir notre mère disparaître « lentement ». Par cette lettre, je viens aussi dénoncer la lenteur dans la récupération des analyses et leur lecture : prélèvement effectué à 8h30, résultat récupéré à 16h. Lorsque j’ai fait la remarque à l’un des médecins, j’ai eu droit à une remise à l’ordre avec indifférence : « Tu es gardemalade, ta place est auprès de ton malade. » Autre fait scandaleux, les infirmiers dans ce service n’acceptent pas qu’on perturbe leur sommeil après minuit, refusant d’assumer leurs obligations et tâches, et de veiller sur des malades qui souffrent le calvaire en attendant patiemment qu’ils les soulagent. Et si je leur crie au secours en voyant ma mère dans un état lamentable, ils me répliquaient : « Ouf ! Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? On ne peut rien faire, elle a reçu son traitement. » La surveillance de la tension artérielle n’était pas effectuée régulièrement, comme mentionné sur la fiche établie par son médecin traitant. Impuissante, je voyais ma mère se tordre de mal et souffrir. Les médecins du service public, quant à eux, ne travaillent pas le vendredi et le samedi ; les spécialistes, eux, se font désirer et agissent à leur guise. Ils font la pluie et le beau temps. A l’hôpital de Jijel, on ne s’occupe pas des malades, mais de la peinture, de la boiserie et du compacto !! Ne serait- il pas préférable de garder ces finances pour se doter de matériel utile pour diagnostiquer et apaiser les malades ! Il n’y a pas de fibroscope, de scanner, d’écho cœur, d’écho doppler, etc. J’ai dû apporter à ma mère, à l’hôpital, son inhalateur personnel. Les malades hospitalisés et qui sont transportables ont la chance de passer leurs examens à l’extérieur chez des privés. Ceux qui sont alités n’ont pas cette chance. Ma mère est partie sans que je sache quelle maladie l’a emportée. Certes, c’est une fatalité, mais puisse Dieu apaiser les douleurs des autres et faire que les infirmiers et les médecins aient plus de pitié et de conscience envers ceux qui souffrent de maladie.
Djoufelkit Nabila
El-Watan



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