Le dernier baroud du président

Un vrai miracle s’est produit ces derniers jours : le président algérien a été au diapason avec son peuple ! Cela ne lui est jamais arrivé depuis qu’il est à la tête du pays, c’est-à-dire, depuis plus de dix années. Analyses tronquées, conclusions hâtives, décisions contestables, louvoiements suspects quand il fallait des décisions tranchées, erreurs d’orientation, de planification, entourage suspect, accommodement avec la corruption, échecs économique, social et politique…bref !
Moh del Fobor
tout le florilège du chef d’état arabe sous-dév.(pléonasme ) a été passé en revue pendant ces années-là, sans aucun égard pour le peuple qui essayait de faire entendre sa voix. Le miracle a eu lieu à la suite de l’agression des nôtres en Egypte lorsque le peuple a, comme un seul homme, fait corps avec l’équipe nationale et réclamé que justice soit faite. C’est là où l’Algérie a pris la décision qu’il fallait : celle de transformer Khartoum en banlieue d’Alger afin que les nôtres ne se sentent pas seuls, qu’ils voient qu’ils sont soutenus, défendus et protégés afin de pratiquer au mieux l’art du football et de venger l’honneur de l’Algérie. On nous a dit que c’était le président lui-même qui avait ordonné de mettre à la disposition des supporteurs tous les moyens de transport, civils et militaires afin que dix mille algériens puissent se rendre à Khartoum. Nous ne l’avons ni vu ni entendu mais on nous a assuré que c’était lui-même qui avait décidé. Nous voulons bien le croire même si, à sa place, nous n‘avons vu que son « représentant personnel », personnage si peu algérien par ses antécédents et les costumes étrangers dans lesquels il s’est toujours montré lors des grandes occasions. On aurait bien aimé voir le président nous tenir un discours de la même veine que ceux qu’ils tenait dans les années soixante lorsqu’il était ministre de la jeunesse et des sports ou dans les années soixante-dix dans le combat du non-alignement, du tiers-mondisme et des pays du sud, ou même lors de sa première campagne. Cela n’a pas été ainsi mais la forme y était : la décision qui a été prise c’est une décision d’algérien, celle du nif et du défi. C’est son baroud d’honneur , peut-être la seule chose que Bouteflika laissera à la postérité. A moins qu’il n’en tire leçon et qu’il se mette à écouter son peuple au lieu de continuer, par conseillers interposés, de demander au peuple de l’écouter. S’il le fait, malgré le gâchis, malgré les erreurs accumulées, malgré le passif et les frustrations, l’Algérie sera capable de se relever. S’il ne le fait pas, Dieu seul sait ce qui pourra nous arriver.



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