Le discours de Sarkozy et le fiasco HLM

Nicolas Sarkozy demande de déchoir les délinquants d’origine étrangère de leur nationalité française ! S’agit-il d’un lapsus sous la colère ou d’une lucide idéologie ? Ce vendredi 30 juillet 2010, nous avons appris que le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a émis son souhait de voir la nationalité française retirée aux délinquants d’origine étrangère ! C’est en faisant son discours à Grenoble où il est allé investir dans ses fonctions le nouveau préfet de l’Isère, Eric Le Douaron, en remplacement du préfet limogé, Albert Dupuy, qui aurait manqué de sévérité envers les délinquants que Nicolas Sarkozy a prononcé ce discours controversé.
Par Chérif BOUDELAL
Lors de son discours, le président de la République a demandé que « la nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de tout autre dépositaire de l’autorité publique » ! Ces « délinquants » qui ont suscité la colère du président sont des jeunes du quartier de la Villeneuve qui ont livré bataille pendant plusieurs jours à la police qui a abattu un jeune de leur quartier (Karim) le 16 juillet 2010.
Déchoir ces jeunes de leur nationalité et les renvoyer dans les pays d’origine de leurs parents parce qu’ils sont délinquants ou parce qu’ils sont Arabes ? Et que fait monsieur Sarkozy de ceux qui sont de « souche française » et commettent les mêmes actes ? Et puis, y a-t-il vraiment en France de citoyens « pure souche » qui n’ont pas des origines étrangères ? S’il en existe réellement, cela devrait se compter sur les doigts d’une poignée de personnes.
Monsieur Sarkozy a-t-il oublié que lui-même est d’origine étrangère ? Et qui sont ces jeunes ? Devrions-nous rappeler à monsieur le président que ces citoyens français sont des descendants de ceux qui ont développé l’économie française durant plus d’un siècle ? Faut-il lui rappeler encore que les ascendants de ces jeunes sont morts par centaines de milliers sur les champs de bataille pour la France ? Comment monsieur Sarkozy peut-il oublier que c’est grâce aux ascendants de ces jeunes qui ont développé et libéré la France qu’il est devenu président de la République ? Nous disons à monsieur le président que la France a besoin plutôt de discours et de faits qui apaisent les esprits et non l’inverse.
P-S. : voici en pièce jointe un projet de haute importance au sujet des créateurs de la délinquance, que nous avions élaboré en 2005 et envoyé aux hautes autorités de l’Etat, y compris à monsieur Sarkozy lui-même en tant que ministre de l’Intérieur de l’époque. Inutile de dire que les oreilles de ces autorités sont restées sourdes à notre appel de détresse. Et que toutes les promesses qui ont été données à ces jeunes révoltés sont restées lettre morte.
Nous renouvelons aujourd’hui cette proposition à monsieur Sarkozy qui pourrait être la clé de tous les problèmes de la délinquance que produisent les quartiers HLM.
Dossier : Propositions d’un nouveau type de logements H.L.M.
(Projet élaboré par l’association « L’Immigration Repère et Citoyenneté »)
Le monde se souvient des incidents qui se sont déroulés à Clichy-sous-Bois le 27 octobre 2005, entre jeunes et policiers, qui ont duré trois semaines et pris une dimension grave : des milliers de voitures ainsi que des biens publics et privés ont été incendiés dans plusieurs villes de France. Les origines de cet incident étaient la mort de deux jeunes et d’un autre grièvement blessé. Ziad, 17 ans, d’origine tunisienne, et Banou, 15 ans, d’origine malienne sont morts électrocutés après avoir fui la police et se réfugiés dans une central électrique. Le troisième, âgé de 21 ans, d’origine turque, a plus de « chance » puisqu’il n’est mort, néanmoins il est grièvement blessé. Pendant ces émeutes urbaines qui ont duré trois semaines, l’association mentionnée avait adressé un projet intitulé « Un nouveau type de logements H.L.M » au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de l’Intérieur, au Ministre de l’Emploi, de la Cohésion sociale et de l’Habitat ainsi qu’au Ministre Délégué à la Promotion de l’Égalité des Chances ainsi qu’aux groupes parlementaires et aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale. Il proposait à l’Etat d’opter pour une politique de décentralisation des logements sociaux, tout en évitant la ghettoïsation et le gaspillage dû à la destruction du patrimoine HLM qui coûte cher aux contribuables. Cette décentralisation permettrait de répartir les populations immigrées et issues de l’immigration sur l’ensemble des quartiers de chaque commune de France. En optant pour une telle politique urbaine, les HLM et ses locataires, comme l’Etat et la société entière, seraient gagnants à moyen ou à long terme. Si un tel projet est adopté, les HLM pourront répondre aux besoins de leurs locataires sans construire de quartiers qui leur sont propres, et qui posent problèmes à la société. L’idée est très simple : il suffirait de voter un décret-loi qui obligerait les promoteurs immobiliers d’accepter la copropriété des HLM (à hauteur de 10% par exemple) dans toutes les habitations qu’ils construiront ultérieurement. Certains diront que l’Etat ne peut pas prendre de telles mesures car il toucherait « à la liberté » des promoteurs immobiliers ! Quand il s’agit de l’intérêt général de la société, l’Etat a le devoir de prendre des mesures draconiennes pour garantir l’ordre, la sécurité des citoyens et la stabilité du pays, comme il le fait pour le code de la route, etc. L’intérêt général de la société doit avoir la priorité sur l’intérêt des individus et des sociétés privées. Ainsi, les HLM n’auront plus à investir des milliards d’euros dans la construction de leurs propres quartiers, mais elles investiront dans des appartements et des maisons individuelles répartis sur l’ensemble des habitations qui seront construites dans chaque commune de France où la nécessité l’exige. Les HLM seront alors copropriétaires dans les logements collectifs des immeubles et propriétaires des maisons individuelles dans les lotissements. Un tel choix donnera forcément ses fruits, car lorsqu’une seule famille étrangère vit dans un immeuble de dix appartements, par exemple, c’est elle qui s’adapte à la vie commune des locataires. Le contraire donnera exactement le résultat inverse, et c’est bien le cas des quartiers HLM tels qu’ils existent actuellement, où il y a moins de 10% de familles de « souche européenne » qui y habitent. Cette idée est, à note sens, la meilleure solution qui soit - pour ne pas dire la seule. Elle permettra la réalisation d’une intégration digne de ce nom des populations concernées, à moyen ou à long terme. Ainsi, une nouvelle ère de logements sociaux commencera, et les HLM seront soulagés d’un poids budgétaire énorme ; désormais, elles ne paieront plus que le coût de l’entretien au prorata de leurs acquisitions. Dans l’hypothèse de l’adoption de ce choix, nous sommes persuadés que les problèmes que connaît la France aujourd’hui ne seront qu’un mauvais souvenir en moins d’une génération… Pour ce faire, il n’y a pas de miracle. Il suffit d’avoir du bon sens d’abord, et ensuite la capacité de se mettre autour d’une table (gauche et droite ensemble) pour décider d’un « programme commun » qui donnerait naissance à un projet unique et immuable en matière de logement HLM en mettant fin à l’arrogance des uns et des autres qui consiste à jeter à la poubelle tout projet venant des adversaires politiques qui ont précédé ceux qui ont pris le pouvoir. Afin de réaliser le souhait de ceux qui sont sincère, à savoir l’intégration des populations immigrées et issues de l’immigration, il convient d’avoir une politique exceptionnelle à ce problème exceptionnel dans l’intérêt de la société. Pour qu’il y ait une transparence dans la gestion des logements HLM, il conviendrait d’associer aux collectivités locales toutes les formations politiques et les syndicats des locataires à ce projet de grande envergure. Il convient de donner un statut spécial à ce projet, basé sur le respect de la démocratie à la manière du Conseil municipal, mais en donnant aux syndicats des locataires un doit de vote lors des décisions concernant la construction de logements et la dotation des quartiers des équipements importants.
Pourquoi détruire des quartiers entiers ? Nous assistons depuis plusieurs années à la destruction des quartiers dans toutes les villes de France. Quel est le « crime » que ces bâtiments ont commis ? Un vrai gâchis qui coûte très cher à l’Etat et aux contribuables, alors qu’il pourrait être évité. Avec une nouvelle politique urbaine, les logements sociaux pourraient être vendus aux promoteurs immobiliers qui les transformeraient en logements « normaux », dont les HLM gèreraient les appartements qui lui reviennent de droit pour y loger les familles à revenu faible, y compris des familles immigrées. Ce projet pourrait mettre dix, quinze ou vingt ans avant d’atteindre son objectif, mais la France aura gagné la stabilité sociale tout en évitant le gaspillage de plusieurs milliards d’euros par an. Ce choix peut assurer à la fois la cohésion sociale, la sécurité des habitants et faire économiser à l’Etat l’argent des contribuables pour mieux l’investir dans d’autres projets qui serviraient le bien-être des habitants. De plus, l’intégration des populations qui sont actuellement en marge de la société sera facilitée. L’Etat français aura prouvé à ces populations, à son peuple et au monde que les valeurs de la République ne sont pas que dans les textes mais qu’elles sont aussi appliquées dans la réalité, sans aucune discrimination sociale. Au fur et à mesure que la copropriété des HLM avec le privé gagnera du terrain, l’échec scolaire et la délinquance diminueront ainsi que le vandalisme qui coûte cher aux contribuables. La discrimination et le racisme diminueront à leur tour car tout est lié à la concentration de ces populations, laquelle concentration produit la délinquance et suscite des réactions d’hostilité contre les populations immigrées et issues de l’immigration. Une fois les « quartiers difficiles » auront disparus, il n’y aura plus de conflits sociaux que nous connaissons aujourd’hui : il n’y aura plus de ghettos ni dans les quartiers, ni dans les écoles, ni dans les têtes. Ainsi, les jeunes n’auront plus la mauvaise réputation qui les empêche de trouver du travail à cause de la « célébrité » de leurs quartiers respectifs. En se débarrassant de ces stigmates, ils auront la même chance que leurs concitoyens d’origine européenne pour trouver du travail et construire leur avenir. D’une pierre plusieurs coups : la France sera ainsi débarrassée à la fois de la délinquance, du vandalisme, de la discrimination et des spéculations politiques qui tendent à déstabiliser la société. Ce n’est qu’à ce moment-là que la France pourra prétendre à une intégration effective de ses populations immigrées et issues de l’immigration ainsi qu’à la stabilité sociale. Nous renouvelons cette proposition à monsieur Sarkozy s’il veut réellement voir la France débarrassée de la délinquance et du racisme qui déstabilise le pays. Car ces deux phénomènes sont interdépendants.
Par Chérif BOUDELAL
(président de l’association « L’immigration Repère et Citoyenneté » - le 2/8/2010)



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