Le feu de Ras-EL-Afia fête son 138e anniversaire

A partir d’informations consignées dans des écrits de l’époque coloniale essayant de retracer aussi fidèlement que possible l’historique de ce feu qui n’a encore pas livré tous ses secrets. Toute mer a ses limites. Ce sont les côtes. Mais, pour les marins la terre notamment sous sa forme morcelée, îlots, roches, bancs, émergés, ou émergeants (marée), ou proches de la surface (hauts-fonds, basses) constitue aussi, et principalement, les dangers, non pas le < danger > mot abstrait ; le terme concret, désigne, tout objet susceptible d’être heurté ou de faire briser la mer. Il faut donc signaler de façon permanente, ces dangers, ou leurs absences (passes).
C’est de jour, le balisage, de nuit, la signalisation maritime faite par des feux, ne pas dire < phare > mot peu marin qui désigne l’ensemble du feu et de sa tour visible de jour. Ces feux peuvent être flottants (sur bouée ou bateau-feu) ou élevés sur le sol (terre ou roche isolée, parfois submergée), sur tour, clocher, maison, cabane, colonne, pylône, poteau et, en mer, sur des tourelles de maçonnerie de balisage.
Les feux à terre sont généralement gardés (personnel y habitant) ou surveillés. Les tours en mer tantôt gardées, tantôt automatiques. Ceux qui sont gardés ou commandés à distance s’allument à l’instant légal du coucher du soleil ; les autres sont permanents. Chaque feu à ses caractéristiques particulières. On distingue :
Les feux fixes, à portée faible.
Les feux à éclats, dont la lumière est plus courte que l’obscurité. Le rythme peut être compliqué, par exemple : éclat 0.2 sec. éclipse 2.3 sec. Cela trois fois ; puis éclat 0.2 sec. obscurité 7.3 sec. le total de ces phases constitue la période (de 15 secondes) d’un < feu à 4 éclats blancs >.
Les feux à occultation où c’est le contraire.
Les feux isophases à alternance régulière de lumière et d’obscurité, moins de 20 lumières par minute. Par exemple : période 04 secondes, lumière 02 secondes.
Les feux scintillants - ne pas dire clignotants - à éclats rapides dont la phase n’est pas précisée et peut être un peu irrégulière (bouées).
On a souvent choisi le rouge et le vert pour couvrir les dangers, le blanc pour les chenaux, mais il y a de très importantes exceptions : feux entièrement blancs ou rouges.
Quant à la portée, il y en a deux :
1)- La portée lumineuse, qui dépend de la couleur (blanc beaucoup meilleur, puis rouge, puis vert), de l’intensité lumineuse, et des conditions atmosphériques. Le chiffre donné indique en milles marins la distance à laquelle ont à 50 chances sur 100 de voir le feu lui-même ou son pinceau dans le ciel. La lune gène beaucoup, la brume terriblement.
2)- La portée géographique, tangente à la terre, qui dépend donc de l’élévation du foyer, d’une part, et de l’oeil de l’observateur, d’autre part, au-dessus de la l’eau. Le chiffre indiqué sur le livre est celui au niveau de la mer ; on y ajoute la correction pour l’oeil par un barème ; pour les petits bateaux, où l’oeil est à environ 0,5 m au plus 2 m, ajouter 2 à 3 milles. Si la portée lumineuse est supérieure à la portée géographique, on verra d’abord le pinceau.
Le feu du Cap de Ras-El-Afia (Jijel/Algérie) a été construit sur la parcelle distraite du régime forestier, elle est située dans la forêt domaniale de Djebel Mazghitan, douar des Beni-Caid (Jijel). El-Gherifatt, El-Bessat, Dar El-Afia et Ras-El-Afia sont les appellations données à cet endroit.
Ce feu placé dans un tour octogonale, avec corps de logis, est de couleur rouge, scintillant à éclipses de 04 secondes avec une portée lumineuse de 28 km et une portée géographique de 17. La hauteur du foyer est de 14.20 m au-dessus du sol et 42.20 m au-dessus de la mer.
Son optique en cristal et cuivre a été fournie par la société des phares et balise Barbier Bernard et Turenne d’Aubervilliers/Paris/France, en 1867.
Sur la carte marine d’origine nr 3029, publiée en 1872, il apparaît avec la mention : feu scintillant. Celle-ci a été levée en 1869 par le Capitaine de vaisseau MOUCHEZ, Commandant le navire Le Travailleur. A l’occasion rappelons que les deux redoutables écueils situés sur la côte Ouest de Jijel, le banc de la Salamandre et le banc des Kabyles (plus connu localement sous l’appellation légendaire Gharkatt Meriem et Aïcha), sont portés sur la carte susvisée depuis sa publication.
Ce feu fête son 138e anniversaire car l’appareil a été allumé dans la nuit du Lundi 01 mai 1871. Souhaitant lui donc une longévité qui ne saurait se réaliser sans un entretien permanent et une attention particulière de tous les opérateurs : Le Ministère des Travaux Publics, L’Office National des Signalisations Maritimes (ONSM), l’Antenne Régionale ONSM de Béjaïa, la Wilaya de Jijel, les employés du feu et le large public. Espérant lui aussi l’amélioration de la situation qui était peu reluisante (Lire le posté de HDE/Jijel-Echo.com du 18.11.2008 intitulé la disgrâce du phare).
Med-Fouad TOUMI



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