Le lépreux, le chauve et l’aveugle
mercredi 27 juillet 2011
par
BNIBRAS

C ’est l’histoire d’un lépreux, d’un chauve et d’un aveugle parmi les fils d’Israël.
D’après Abderrahman ben Abi Amra, Abou
Hourayra rapporte avoir entendu le Messager
d’Allah dire : « II y avait parmi les fils d’Israël
trois hommes : un lépreux, un aveugle et un
chauve… Décrétant qu’ils seraient éprouvés,
Allah leur envoya un ange.
Ce dernier vint dire au lépreux : ’’Qu’est-ce
que tu aimes le plus ?’’
’’Les gens me trouve répugnant, répondit le
lépreux, je voudrais tellement avoir un beau
teint et une belle peau’’, répondit-il.
Sur ce, l’ange lui essuya la peau et l’homme
de voir la lèpre disparaître, cédant la place à
un teint et à une peau des plus beaux.
’’Quel est le bien que tu aimes le plus ?’’,
interrogea de nouveau l’ange.
’’Les chameaux’’, répondit-il.
On lui donna une chamelle et l’ange lui dit :
« Pour toi, elle sera bénie. »
Il s’adressa ensuite au chauve et lui dit :
’’Qu’est-ce que tu aimes le plus ?’’
’’Une belle chevelure’’, répondit l’homme.
En effet, l’ange lui essuya [la tête] et l’homme
eut de suite une belle chevelure.
’’Et quel est le bien que tu aimes le plus ?’’
interrogea de nouveau l’ange.
’’Les vaches.’’
Il lui donna une vache pleine en lui disant :
’’Pour toi, elle sera bénie.’’
Il passa ensuite à l’aveugle et lui dit : ’’Qu’estce que tu aimes le plus ?’’
’’Qu’Allah me rende la vue afin que je puisse
voir les gens.’’
Et l’ange de lui effleurer les yeux. Allah lui
rendit alors la vue.
’’Et quel est le bien que tu aimes le plus ?’’
reprit l’ange.
’’Les moutons’’, fut la réponse de l’homme.
Allah lui donna une brebis sur le point de
mettre bas.
Les trois virent la reproduction de leurs animaux ; le premier eut une vallée remplie de
chameaux ; le deuxième une vallée de vaches
; et le troisième une vallée de moutons.
Un jour, ayant repris l’aspect du lépreux
[durant sa maladie], l’ange se présenta à
celui-ci et lui dit : ’’Je suis un homme malheureux, j’ai perdu tout ce que j’avais au
cours de mon voyage ; et à part Allah et ton
aide [que j’espère avoir], je ne peux arriver à
destination… Je te conjure, par Celui qui t’a
donné le beau teint, la belle peau et la richesse, de me donner un chameau pour continuer mon voyage.’’
’’C’est que, répondit le lépreux, j’ai plusieurs
charges à assumer.’’
’’II me semble que je te connais, dit l’ange.
N’étais-tu pas un lépreux que les gens répugnaient, et un pauvre à qui Allah a accordé
[des biens] ?’’
’’Moi ! s’écria le lépreux ; mais cette fortune
je l’ai héritée de mes ancêtres, qui étaient
d’ailleurs des seigneurs.’’
’’Si tu mens, puisse Allah te faire redevenir
comme tu étais !’’
Il fit la même chose avec le chauve. Ayant eu
la même réponse, il lui dit aussi :
’’Si tu mens, puisse Allah te faire redevenir
comme tu étais !’’
Enfin, l’ange se rendit chez l’aveugle en
ayant pris son même visage d’autrefois. Il lui
dit :
’’Je suis un homme démuni, un voyageur qui
a perdu toutes ses ressources pendant le
voyage ; je n’ai personne à qui m’adresser,
sinon Allah et toi. Je te conjure, par Celui qui
t’a rendu la vue, de me donner une brebis
pour que je puisse poursuivre mon voyage !’’
’’J’étais aveugle, répondit l’homme, et Allah
m’a rendu la vue ; j’étais pauvre et II m’a
rendu riche. Prends ce que tu veux. Par Allah
! Je ne t’infligerai rien que ce soit pour ce que
tu prends en vue d’Allah.
’’Garde ton bien ! répondit l’ange, tout cela
n’a eu lieu que pour vous éprouver. Allah t’a
agréé mais a manifesté Sa colère contre les
deux autres.’’ »
(El-Boukhari n° 3464)
Réactions