Le miel, source de bienfaits

samedi 20 août 2011
par BNIBRAS

Produit par les abeilles mellifiques à partir du nectar des fleurs ou de certaines sécrétions provenant de parties vivantes de plantes ou se trouvant sur elles qu’elles butinent, transforment, combinent avec des matières spécifiques propres, emmagasinent et laissent mûrir dans les rayons de la ruche, le miel est une denrée qui peut être fluide, épaisse ou cristallisée.

Le miel au fil des millénaires De nombreuses traces archéologiques, notamment la peinture rupestre de la grotte de l’araignée près de Valence en Espagne, datant du mésolithique et qui té- moigne d’une époque où nos ancêtres n’étaient que de simples « cueilleurs » de rayons de miel d’essaims d’abeilles nichés dans un tronc d’arbre ou une anfractuosité de rocher) ainsi que de multiples documents historiques de toutes les grandes civilisations passées (chinoise, indienne, sumérienne, égyptienne, grecque, romaine) permettent d’affirmer que le miel est intimement associé à la vie de l’homme depuis plus de 10.000 ans. D’abord consommé comme aliment ou condiment, il était aussi utilisé pour soigner et embellir la peau ou même embaumer les morts chez les Egyptiens. Durant la Première et la Seconde guerre mondiale, il était utilisé pour accé- lérer la cicatrisation des plaies des soldats blessés lors des combats ou encore pour confire les fruits et les légumes en l’associant au vinaigre et à la moutarde. Dès le Moyen Age, les Chinois puis les Européens l’ont utilisé pour la fabrication du pain d’épices. Au XIX e s iècle, en France, les abeilles étaient encore élevées dans des ruches en paille. A cette époque, le miel était consommé avec la cire ou extrait par pressage. C’est François Huber, apiculteur de Genève et chercheur aveugle qui, le premier, parvient à met t re au point le modèle de ruche à cadres mobiles. La feuille gaufrée fut, quant à elle, découverte en 1858 par Mehring et l’extracteur centrifuge inventé en 1865 par Hruschka. Toutes ces découvertes ont beaucoup facilité le travail de l’apiculture. Le miel objet de recherches Déjà dans le Coran, le miel fait depuis plusieurs décennies l’objet de recherches de la part de nombreux chercheurs, essentiellement au sein des écoles allemande, fran- çaise et russe, et par divers médecins anglais et américains dans le but d’expérimenter méthodiquement l’ensemble des vertus empiriques du miel accumulées au fil des millénaires, afin d’en dégager les véritables propriétés et dé- terminer ainsi scientifiquement ce que l’on pouvait en attendre réellement pour notre santé. Tous ont validé le legs qui a été transmis par les anciens mais ils ont aussi complété certaines données et même trouvé de nouvelles utilisations et applications. Aujourd’hui, il est incontestable que le miel es t doté de nombreuses propriétés diététiques et thérapeutiques. Composition du miel Produit à la fois riche et complexe, le miel est composé en grande quantité de glucides (entre 78 et 80 %), représentés essentiellement par du fructose, glucose, maltose, saccharose et des polysacharides, mél ibiose, turanose, méléz i - tose…). Le miel contient également de l’eau (17 %), des protides (moins de 1 %), beaucoup d’acides aminés (acide aspartique, acide glutamique, alanine, arginine, asparagine…), des sels minéraux (aluminium, argent, arsenic, baryum, béryllium, brome, calcium, cé- s ium, chlore, chrome, cobal t , cuivre, fer, lithium, magnésium…), des acides organiques, un grand nombre de vitamines B1, B2, B3 (ou vitamine PP), B5, B6 et C et accessoirement les vitamines A, B8 (ou vitamine H), B9, D et K, des lipides, des enzymes, qui facilitent la digestion des aliments et sont à l’origine de certaines vertus du miel, des facteurs antibiotiques naturels et de nombreuses autres substances biologiques. Le miel d’Algérie Activité traditionnelle et séculaire des communautés rurales algé- riennes, l’apiculture constitue une source d’approvisionnement en énergie (miel) et un instrument thérapeutique notoire (apport en gelée royale, pollen). Bien plus, l’élevage apicole intervient, par le processus de pollinisation, en tant qu’élément d’inté- gration dans le développement de l ’arbor icul ture f rui t ière sans compter le fait qu’il intervient dans le processus de formation des revenus des agriculteurs implantés dans les zones agro-écologiques difficiles (zones des montagnes et des piedmonts, oasis, steppes). L’élevage des abeilles est répandu dans l’ensemble des zones agro- écologiques et s’insère dans les systèmes de production arboricoles des zones de montagne, des oasis et des plaines. L’élevage apicole contribue, par ailleurs, à valoriser les ressources mellifères (végétation sauvage) des zones steppiques et sahariennes. Les espèces apicoles sont élevées dans le cadre de deux systèmes de production. Le premier, que l’on pourrait qualifier de semi-intensif, fortement soutenu par l’Etat, se pratique dans des ruchers de taille modeste (15 à 20 ruches) fortement intégrés au marché . Le second, traditionnel et fort ré- pandu, s’exerce dans les zones montagneuses pour les besoins de l’autoconsommation. Le cheptel apicole algérien, dont on relèvera au passage la forte fluctuation, est constitué de deux races : l’abeille tellienne, ou abeille noire du Tell dont l’aire de distribution se confond avec l’atlas tellien, et l’abeille saharienne, implantée au sud-ouest de l’Algérie (Béchar, Aïn Sefra). De couleur noire, productive, prolifique, résistante aux maladies et aux prédateurs mais fort agressive et présentant une propension à l’essaimage, l’abeille tellienne est la race dominante en Algérie où elle se présente sous la forme de plusieurs variétés, dont cinq identifiées par les apiculteurs : Maâzi, Nalmi, Begri, ainsi que deux variantes sauvages kabyles : Thih Arzine et harezzine, adaptées aux divers biotopes. Pour ce qui est de l’abeille saharienne, moins connue et peu étudiée par rapport à la tellienne, elle se localise essentiellement dans les oasis du sud-ouest algérien où elle contribue à valoriser les ressources mellifères. D’excellente qualité, le miel algé- rien reste cependant, et ce, de l’avis des apiculteurs eux-mêmes, soumis à des contraintes multiples comme l’épandage anarchique des pesticides, la concurrence déloyale du miel frelaté, pré- sent en abondance sur le marché, la déforestation consécutive aux incendies qui dévastent la faune et la flore, les retards injustifiés dans la livraison des produits de traitements, les techniques modernes non développées par faute de moyens , la f i scal i té lourde et contraignante et l’absence de ré- seau de commercialisation. Variétés et vertus du miel Il existe plusieurs variétés de miel, classé selon l’origine sécrétoire (miels de nectar ou de miellat), la couleur (miels clairs et miels foncés), l’origine mono ou polyflorale et l’origine géographique. Les propriétés thérapeutiques sont, quant à elles, nombreuses. Il est antianémique, antiseptique, apéritif (stimule l’appétit), bé- chique (calme la toux), digestif, diurétique (augmente la sécrétion d’urine), dynamogénique (augmente la force et l’énergie), émollient (relâche, détend et amollit les tissus enflammés), fébrifuge (lutte contre la fièvre), laxatif, sé- datif, vicariant (supplée à la déficience).

Hassina A/ La Nouvelle République


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