Le peuple a voté, ainsi soit-il…

lundi 24 octobre 2011
par Jolanare

Après des mois d’attente, de propagande électoraliste, et de matraquage médiatique, el nahdha semble remporter la majorité aux élections de la constituante. La gauche jusque là, très divisée, l’est encore plus aujourd’hui et doit dès à présent se remettre en question. Hier, j’ai fait un petit tour d’horizon des tendances de vote dans mon entourage. Coupée de la réalité du terrain puisque que je vis en grande partie à Tunis, j’ai vu avec effarement mes proches voter el nahdha. Je leur ai demandé pourquoi ? ils m’ont dit que c’est le seul parti qu’ils connaissent avec le CPR. Vous ne connaissez ni el kotb ? ni le POCT ? ni Ettakatol ? ni le PDP ? C’est qui ça ? qu’ils m’ont dit. Indépendamment des moyens faramineux dont dispose el nahdha, ce parti a fait un travail de proximité très important. Je ne reviens pas sur le populisme, l’appât d’une classe populaire grâce à l’argent et la promesse d’un avenir religieux meilleur. J’ai toujours condamné ces agissements, mais force est de constater qu’ils ont fait un travail très professionnel en matière d’occupation du terrain. Nos voisins ont reçu la visite des membres de ce parti qui appelaient à voter pour eux, des tracts ont été distribués, etc. Ils ont occupé le terrain à un moment où la gauche, élitiste, s’occupait de meetings, de rassemblements et de manifestations… Pour réussir en politique, il faut aller voir les gens, et non attendre que les gens viennent vers nous. Il faut se faire connaitre, envoyer des bénévoles, comprendre les attentes du peuple et essayer d’y répondre. Il faut apprendre à exister dans les régions, dans les villages et non s’entourer d’une élite et fonctionner uniquement avec elle.

Les gens à qui j’ai parlé hier, ne m’ont pas parlé de conviction en votant el nahdha, ni du fait que ce parti promettait monts et merveilles, ils ont tous souligné le manque de connaissance des autres partis. Ils m’ont dit “si tu nous avait demandé de voter pour un autre on l’aurait fait, mais nous on savait pas”. Un seul m’a dit qu’il avait lu leur programme et qu’il en était convaincu, sans comprendre pour autant le modèle sociétal que ce parti offrait. Aujourd’hui la division en partis semble révolue, celle de rassembler des tendance conservatrices etd’autres plus progressistes semble plus à même d’expliquer la réalité du terrain dans une Tunisie qui se cherche encore et qui croit se retrouver dans un repli identitaire panarabiqueet islamique qui apparaît comme une réaction à la souffrance et les exactions commises des années durant par l’Occident. Qu’on ne vienne pas nous faire la morale aujourd’hui en Tunisie quand l’Otan et la France ont ouvert à nos portes le péril islamiste le plus dangereux qui soit. Qu’on ne vienne pas aujourd’hui critiquer un islamisme parvenu grâce aux urnes, quand pour du pétrole, on facilite la mise en place d’un nouvel AQMI. Des reporters de TF1 étaient venus nous voir la semaine dernière pour nous demander si nous craignons el nahdha et les islamistes. (C’est à la mode en ce moment…) Nous avions répondu que nous respectons ce parti qui a sa place sur l’échiquier politique, s’il respecte à son tour le jeu de la démocratie d’autant plus qu’il sera élu démocratiquement. La réponse ne leur a pas plu apparemment, ils ont rajouté, “de quelle Tunisie rêvez vous, avec ou sans les islamistes ?, nous avions répondu “tout le monde a sa place ici, nous rêvons d’une Tunisie plurielle et pour tous”. Tout cela a été coupé au montage. La présentatrice vers la fin disait en plus :” les tunisiens redoutent la montée des islamistes”. Les médias occidentaux ne valent pas mieux que AL Jazira dans leur populisme.

Enfin le mode de répartition des sièges au sein de la constituante est fait de telle sorte que il n’y aura pas de parti majoritaire grâce à la proportionnelle. De plus les alliances entre les partis seront déterminantes par la suite. Respectons le vote de chacun et ne cédons pas à la psychose. La Tunisie a réussi avec brio ses premières élections. La démocratie c’est aussi accepter que l’autre gagne. Le peuple a voté, ainsi soit-il…

http://nawaat.org/


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Réactions

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mardi 25 octobre 2011 à 15h26, par  VM

Vite il faut demander l’intervention du Dr Saadi et le général Nezzar pour sauver le monde arabe des khawnjia.B-)

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mardi 25 octobre 2011 à 13h26, par  SM

Bientôt nous allons voir le même système politique du moyen orient jusqu’à nos frontière est, c’est l’échec du projet du nationalisme arabe et de toutes les idéologies importées de droite comme de gauche, une nouvelle ère s’ouvrent. Quant à nous, nous continuons à payer le prix de la bêtise jusqu’à nos jours seulement pour que certains continuent à faire leur import import tranquillement.

mardi 25 octobre 2011 à 12h54

Le triomphe médiatique des faussaires : y’en a marre !

C’est le même refrain qui passe en boucle depuis quelques jours. Les “ islamistes“ d’Ennahda sont sur le point de rafler la mise aux élections tunisiennes. Vous l’avez lu, vous l’avez vu ou vous l’avez entendu. Eh bien, cette lancinante musique qu’on nous chante commence à m’exaspérer. Et je crois que je ne suis pas le seul.

A les entendre, la démocratie ne s’applique que dans un sens. Oui à la démocratie mais à condition de voter pour le bon candidat qui servira leurs intérêts. Et le bon candidat ce ne sera jamais “l’islamiste“, le barbu ou la femme voilée. Non, ces gens là ne sont finalement pas très sincères dans leurs déclarations. C’est la sempiternelle accusation du double discours (tiens donc !). Depuis quelques jours, le discours médiatique s’est transformé en véritable tribunal. Reportage après reportage, on jette la suspicion sur les visées véritables de ce parti obscur qui souhaiterait appliquer la Sharia. Et quand vous dites Sharia, c’est le réquisitoire suprême. Au dessus, c’est le soleil (lol)…

Comme en Algérie en 1991, comme pour le Hamas en 2006 et comme demain pour les élections égyptiennes, on assiste au triomphe médiatique des thèses portées par les intellectuels faussaires qui jouent la dramatisation à outrance. Et ils n’ont apparemment plus de limites. Récemment, j’écoutais sur une chaîne du service public un universitaire israélien nous expliquer doctement qu’Israël n’avait pas à craindre le printemps arabe et les processus démocratiques qu’on y observe, notamment en Egypte. Car disait-il, si les Frères musulmans venaient à l’emporter « il faisait confiance à l’armée égyptienne pour interrompre le processus électoral ». Si si, vous avez bien lu. C’était du lourd. Du très lourd quand même. Et c’était dans l’émission “C’est dans l’air“ et aucun des autres intervenants n’a bronché.

En réalité, le monde arabe vit encore sous tutelle. C’est tellement vrai que le chiffon rouge qu’on agite en Occident sur les partis “islamistes“ pousse les intéressés à se brider. Ennahda, pour prouver sa bonne foi, a du mettre en avant une femme non voilée pour montrer patte blanche. On est dans la justification permanente. Même les Frères musulmans égyptiens ont promis de ne pas présenter de candidats dans toutes les circonscriptions de peur d’un raz-de-marée électoral qui horrifierait l’Occident. Truc de fou quand même : des partis obligés de se contenir de peur de susciter la colère d’un Occident qui n’a jamais hésité, lui, à fouler au pied les principes démocratiques quand ça lui chantait. L’Irak n’est pas très loin, la Françafrique non plus sans parler du silence complaisant envers l’occupation israélienne. Pauvre démocratie…

Alain Juppé a déclaré que la France serait « vigilante » sur l’application des principes démocratiques et des droits de l’homme en Lybie. Car là aussi les médias ont fait leur choux gras sur les déclarations du CNT à propos de l’application de la Sharia. Evidemment, on préfère voir dans ces pays l’application de codes civils français, italien ou anglais issus des colonisations que de voir ces peuples s’inspirer de leurs références islamiques pour guider leurs orientations constitutionnelles et législatives. Cela porte un nom : de la souveraineté limitée. En fait, tout ce qui se rapporte à l’islam est en soi problématique et dangereux. On a cette vilaine impression de vivre encore sous un air colonial.

Bref vous l’aurez compris, cette situation me soule. Y en a vraiment marre de ces supercheries et de ces explications à sens unique que nous sert la majeure partie de la classe politique et médiatique qui nous a dépeint BHL en libérateur. Un comble !

Alors, il faut s’indigner, s’engager pour tenter, humblement, d’apporter sa petite pierre à l’édifice de la résistance. Il est dit que « si tu ne participes pas à la lutte, tu participes à la défaite ». Ce coup de gueule s’inscrit dans cette démarche. Je n’en ai pas l’habitude mais ça fait du bien. Et pour reprendre l’expression d’un sulfureux humoriste, j’ai envie de balancer à tous ces faussaires : “ah fermez-là !“ Physiquement et à tout jamais.

Ennasri Nabil, un indigné.

mardi 25 octobre 2011 à 12h39

Que nos pseudo démocrates apprennent. Que nos démo-crates révisent leurs positions démoniaques.Un grand bravo pour les tunisiens.

mardi 25 octobre 2011 à 00h05

Tunisienne laique témoigne : "Des reporters de TF1 étaient venus nous voir la semaine dernière pour nous demander si nous craignons el nahdha et les islamistes. (C’est à la mode en ce moment…) Nous avions répondu que nous respectons ce parti qui a sa place sur l’échiquier politique, s’il respecte à son tour le jeu de la démocratie d’autant plus qu’il sera élu démocratiquement. La réponse ne leur a pas plu apparemment, ils ont rajouté, "de quelle Tunisie rêvez vous, avec ou sans les islamistes ?", nous avions répondu "tout le monde a sa place ici, nous rêvons d’une Tunisie plurielle et pour tous". Tout cela a été coupé au montage. La présentatrice vers la fin disait en plus :" les tunisiens redoutent la montée des islamistes". Les médias occidentaux ne valent pas mieux que Al Jazira dans leur populisme.

mardi 25 octobre 2011 à 00h02

Voici une preuve de maturité et d’intelligence, contrairement à ce Toufik beaucoup de démocrates tunisiens ont reconnu leur échec tout en déclarant qu’ils respectent les règles de jeu. Bravo pour les tunisiens, vous êtes un peuple intelligent et civilisé.

lundi 24 octobre 2011 à 22h23

Toufik Ben Brik (Journaliste, écrivain, opposant opiniâtre au régime de Ben Ali) : "Les Tunisiens sont ignorants. Ils sont allés voter pour Ennahda qui propage un islamisme politique qui ne peut être une solution. Aujourd’hui oui, c’est un véritable raz-de-marée. On passe d’une dictature mafieuse à une dictature des barbus"

Apparemment l’histoire va se répéter, les "éradicateurs" de la Tunisie vont s’organiser pour déclencher une guerre civile pour faire stopper la victoire des "barbus" et provoquer 200.000 morts.
Toufik Ben Brik, les ignorants c’est toi et tes semblables qui ne croient ni à la démocratie ni à la volonté du peuple. Tu n’es qu’une image hideuse de Ben Ali.

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lundi 24 octobre 2011 à 20h39, par  Acimi

Les peuples maghrébins, arabes et musulmans, ne donnent leurs voix qu’aux partis qui portent des projets s’inspirant de leurs valeurs. Les peuples votent, ainsi soit-il…Les autres partis s’inspirant de l’’est et de l’ouest ont beaucoup de moyens notamment médiatique mais les peuples leur réserve peu de place dans leurs coeurs, l’Histoire se terminera ainsi…

Brèves

22 mai - Salon des arts plastiques de Jijel Une vitrine pour encourager et promouvoir les plasticiens locaux

Ces derniè

22 mai - TEXENNA (JIJEL) 67 millions de dinars pour l’assainissement

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22 mai - TAHER : 8,44 MILLIONS DE DINARS POUR L’ÉTUDE DU RÉSEAU DE DISTRIBUTION D’EAU

Une étude

19 mai - EL MILIA PROLIFÉRATION DES RATS

La ville

19 mai - RAHIMA NEMER. Elue députée sur la liste de l’UFDS

Ademi-mot,
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