Le peuple algérien entre passivité et résistance

République algérienne et « démocratique » ! Officiellement nous sommes un pays démocratique, dans la pratique c’est autre chose. Démocratie veut dire, libre choix, consensus, référendum, dialogue entre le haut et le bas par l’intermédiaire d’un parlement défendant les aspirations du peuple…etc. ce qui implique forcément que ce dernier impose les lois qu’il voit adéquates à sa vie dans la Cité. Mais pourquoi le peuple n’a pas le droit de rénover ses idées et choisir les lois qui lui conviennent, des lois correspondant à son esprit et sa manière de voir ? Est-ce qu’on est un peuple résistant ou tout simplement on accepte tout ce qui vient d’en haut sans faire la moindre résistance ?
Je me souviens encore lorsque notre gouvernement a décidé d’appliquer le changement des jours de week-end, tous les citoyens ou presque ont dénoncé, réclamé, protesté… peut être ils ne savent pas ce qui leur convient ; tout le monde a protesté, mais n’a rien fait dans la durée, bref un phénomène de protesta sans aboutissement ; à la fin on s’est habitué, logiquement on a accepté la décision. A vrais dire on aime changer les habitudes qui ne touchent pas nos valeurs !…Enfin. Vient ensuite, les décisions prises par le ministère de l’éducation, obligation de porter des blouses bleues et roses sans la disponibilité suffisante de ces échantillons sur marché. Certainement, il a appliqué cette loi pour effacer les différences entre le pauvre et le riche, pour nous donner une autre image trompeuse d’égalité entre les fils de la nation, parce que logiquement combattre les différences ce n’est pas une question d’image, mais une pratique réelle où tout le monde bénéficie des biens de patrie qui nous appartient tous, la question des ayant-droits en est la bonne l’illustration… Après quelques temps, tout le monde s’est habitué à ces deux couleurs fétiches qui ont faillé nous faire oublier les couleurs nationales, heureusement notre équipe nationale était d’une grande utilité pour mettre de « l’ordre » dans les esprits. Finalement les citoyens ont accepté cette loi, en croyant naïvement ou impuissant à la vertu de la légalité entre les enfants de la nation. Après c’était la grève des enseignants, « inconscients » peut-être ils en avaient marre de transformer leur petits élèves en « cobaye », sans parler des heures surchargés, un programme affreusement épuisant, des primes détournées et encaissées par le Ministère de la tutelle. Après plusieurs mois de grèves, on pensait à un naufrage. Mais après les menaces à l’égard des récalcitrants, nous voila devant le fait accompli, les grévistes reviennent à leur travail, mais le plus étonnant c’est les résultats qui ont contredit tous les pronostics, un taux de réussite records, téléguidé d’en haut pour montrer à la foi, la réussite du système scolaire algérien même si on fait que le quart du programme initial, et aussi pour décourager tout futur mouvement social. Une autre histoire qui a marqué la chronique cette année et pas la moindre, celle de la carte d’identité et passeport biométriques. En fait c’est une autre histoire de « cobaye », mais cette fois-ci le ministre de la tutelle a voulu l’appliquer à grande échelle, un électrochoc pour tester si l’Algérien est mort ou bouge encore. En effet, ce « teste » touche le monde adulte, conscient ou non. Le dossier lourd à fournir, ajouter à cela les renseignements demandés ont laissé bouche-bée toute les victimes du colonialisme qui n’ont pas eu la chance d’être scolarisés et ne savant quoi mettre quant à la question de citer des collègues à l’école… Malheureusement ils n’ont trouvé que le nom de leurs collègues bergers, vendeurs d’eau, hammal ou cireurs…un monde d’injustice qui interpelle le ridicule… Ridicules sont ces procédés de notre administration d’un autre âge, mal réfléchies, imposés à son peuple que même les pays non musulmans n’osent pas le faire à leurs hôtes ou à leurs concitoyens de confession musulmane. C’était une affreuse histoire pour beaucoup de citoyens qui refusent qu’on touche à leur intimité. Impopulaires ces procédés ont été apparemment la cause de l’écartement de leur concepteur, une façon de montrer qu’on doit réfléchir avant de vouloir imposer des lois sans passer par un parlement. Un parlement dirais-je ? Malheureusement ce dernier est qu’une institution vide, sans âme, contraire à l’aspiration du peuple. Là c’est une autre histoire, il faut tout faire et refaire, une révolution à tous les échelles … et le peuple doit apprendre comment résister pacifiquement parce que "le pouvoir n’est fort que par la passivité des citoyens", comme l’a dit aujourd’hui un faux démocrate dans El-Watan.
Rima Aliane



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