Le pillage et la destruction du cordon dunaire de Bazoul continue

En dépit de la clarté des dispositions de la loi n° 02-02 du 05 février 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral, le pillage et la destruction de l’important cordon dunaire de sable fin blanc de Bazoul, dans la commune de Taher, a pris des proportions alarmantes au vu et au su de tous. Une sablière clandestine des plus sauvages est chaque nuit quasiment assaillie par des camions pilleurs.
Jouissant d’une impunité étrange, « les gestionnaires occultes de cette sablière » ont tout simplement réalisé une piste de fortune en arrachant et en tapissant le sable de branchages des végétaux dunaires sévèrement protégés dans tout le pourtour méditerranéen et en mettant des balises. Cette piste s’enfonce au cœur du cordon dunaire, d’une largeur exceptionnelle de 400 m, à partir du rivage et où des cratères gigantesques témoignent de la sauvagerie de ce pillage qui semble aller dans le sens d’un projet funeste pour la wilaya de Jijel : la destruction de 50 ha de dunes situées entre la rive ouest de l’oued Ennil et le port de Djen-Djen.
Par Ali Azaroud
En effet, les autorités locales, pressées par de pseudos-investisseurs étrangers à la wilaya qui convoitent les terres du littoral, de très haute valeur touristique, pensent avoir trouvé le moyen de prendre possession de terrains privés d’une vingtaine d’hectares appartenant à une famille de chahid en les intégrant dans « une zone extra-portuaire » en vue de les redistribuer à des entités privées. C’est du moins ce qui ressort d’un article paru sur un quotidien national. Ces terrains, une fois soustraits du domaine touristique, seront destinés, entre autres, à la réalisation d’un « pôle bitumes », ce qui a soulevé la colère des Jijliens en raison de ses effets néfastes sur la santé des personnes et l’environnement. Ce funeste projet se traduira par la destruction totale d’un site unique de dunes de sable fin blanc d’une cinquantaine d’hectares, de la flore et de la faune, protégées par la loi. De nombreux citoyens et associations de protection de l’environnement se mobilisent pour faire échouer ce projet qui fera disparaître toute forme d’activité touristique sur ce site, fréquenté par des dizaines de milliers d’estivants venant de toutes les wilayas de l’Est, et portera une grave atteinte à l’équilibre fragile de l’écosystème.
Le Soir d’Algérie



Réactions