Le port de Jijel fait des remous à Béjaïa

Les pouvoirs publics qui ont annoncé l’ouverture « imminente » du nouveau port de Jijel, n’est pas pour plaire aux 2000 travailleurs, environ, du port de Béjaïa qui craignent sérieusement une répercussion directe sur le nombre de manipulations quotidiennes donc sur le nombre de postes d’empois appelés à disparaître.
Une grande partie des emplois dépendent entièrement du nombre de bateaux qui accostent au port de Béjaïa. C’est-à-dire, que la majorité des ces employés sont à titre temporaires dépendant entièrement du nombre d’accostages durant l’année. Pour rappel, le port de Béjaïa a été l’un des plus performants durant plus d’une dizaine d’années pour la simple raison que cette région était épargnée par les actes terroristes et elle offrait donc un lieu sûr pour l’ensemble des opérateurs économiques qui affluaient de tout le pays. Le premier coup dur qu’a vécu le port de Béjaïa remonte à presque dix ans, lors des tragiques événements de 2001, date à laquelle des dizaines d’opérateurs ont préféré recevoir leurs marchandises hors de cette wilaya, qui vivait une situation insurrectionnelle. Selon des représentants syndicaux, les événements de 2001 ont certes fait fuir des centaines d’opérateurs mais le drame se situe dans le fait qu’une fois ces opérateurs eurent quitté cette région, des centaines de postes d’emplois directs et indirects ont tout bonnement disparus. D’après certains opérateurs, actuellement après le constat de 2001, cette région renoue, ces derniers mois, avec les sempiternels blocages des routes, devenus quasi-quotidiens, à telle enseigne que ces actes ne surprennent plus la population locale. « Les transporteurs de toute l’Algérie refusent de se rendre au port de Béjaïa et au cas où certains d’entre eux acceptent de s’y rendre ils demandent des prix exorbitants sachant pertinemment qu’ils auront beaucoup le malheur d’être bloqué quelques part au niveau de cette wilaya ». Faut-il encore rappeler que les autorités portuaires ont tiré la sonnette d’alarme suite à ces multiples blocages des axes routiers reliant la wilaya de Béjaïa aux wilayas de Bordj Bou- Arréridj, Tizi Ouzou, Sétif et Jijel en brandissant la menace qui pèse sur le port de Béjaïa, sur lequel repose toute une économie régionale. Seulement cet avis est loin d’être partagé par tous, pour la simple raison que ces citoyens ne font qu’exprimer un rasle- bol qui dure depuis des années concernant des problèmes qui devaient être réglés depuis des années, mais qui ne voient rien venir depuis. Pour le moment, rares sont les élus et les partis politiques qui se sont exprimés sur cette menace qui pèse sur le port de Béjaïa une fois que celui de Jijel sera opérationnel. Ça ne saurai tarder, si ce n’est le fait d’interpeller les autorités du pays sur l’urgence de l’extension de cette structure portuaire, certes importante, mais qui ne règle pas un problème qui se pose d’ores et déjà à très court terme. Des centaines de travailleurs temporaires continuent à se rendre chaque matin au port de Béjaïa dans l’espoir de repartir deux heures ou quatre heures après avec quelques dinars en poche, mais vivant la peur au ventre que même ces quelques dinars gagnés en shift et double shift (dans le jargon portuaire, cela signifie la somme de deux ou quatre heures de travail selon le nombre de bateaux à l’accostage), ne puissent durer longtemps. Boubekeur Amrani



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