Le tourisme, richesse de notre avenir

Juste une idée comme ça. Le pétrole, cadeau empoisonné naturel, nous a détournés d’une autre richesse : le tourisme, aussi utile que les futures énergies renouvelables et dont nous aurions pu entamer le développement, il y a près de 50 ans. Un incroyable ratage, à la vue des énormes potentialités que compte notre pays, pour développer le tourisme sur ses 2 300 000 km2 de superficie. Notre passé historique parle de lui-même avec les innombrables vestiges, les legs intacts offerts par d’ancestrales colonies de l’Est à l’Ouest de l’Algérie. De Taghest (Souk Ahras) et Hippone (Annaba) via Icosium (Alger) et Césarée (Cherchell) à Pomaria (Tlemcen), le passage des Romains, qui ont surmonté celui des Vandales et des Byzantins, est là, figé depuis plus de deux milliers d’années, nous tendant les bras de leurs fières ruines pour que le monde entier vienne les admirer et qui transformeraient positivement notre existence de cinq longues décennies fades et difficiles. A l’image des Tunisiens et des Marocains, notre tourisme, jugé sur sa véritable valeur, aurait permis à notre pays de sortir d’une longue léthargie et dégager d’énormes possibilités de croissance. Encore mieux, il aurait, sans aucun doute, positivement façonné nos comportements tant sur l’accueil que sur la courtoisie et ouvrir des perspectives qui nous auraient déviés de la terrible décennie noire. Pourtant, quand bien même notre religion nous le dicte, nous avons perdu les valeurs liées à l’hospitalité et à la bienséance, car l’Algérien très fier, emmuré et replié sur lui, est aujourd’hui frustré et ne comprendrait pas l’esprit d’accueil et de celui censé nous lier au tourisme. C’est tout un recyclage moral qu’il y a lieu de faire à nos concitoyens. Cela ne nous empêche pas d’entamer le développement de cette autre source de devises. La corniche jijelienne, par exemple, est notre Eden. Ziama Mansouriah, les Aftis, El Aouana ne sont-elles pas des sites merveilleux ? Des étendues de sable fin unique et doré au soleil, entre une magnifique mer rocailleuse et de très belles montagnes qui auraient encore mieux inspiré Jean Ferrat. On y implanterait des infrastructures pour touristes en améliorant conjointement la route de cet endroit idyllique. On pourrait faire de même avec les côtes ouest à Ténès ou Mostaganem, par exemple. Au-delà des innombrables sites rappelant le passage de plusieurs cultures colonisatrices, installées particulièrement sur tout le nord du pays, nous opposerons le Sud, qui nous offre des lieux magiques et féeriques, que le touriste connaisseur apprécierait à sa juste valeur. Notre chance est la position géographique de notre pays, entre mer et désert, et qui est un atout formidable pour notre tourisme qui s’étalerait sur le long de l’année : l’été pour le balnéaire et l’hiver pour nos régions du Sud. A plein temps nous y développerons le tourisme thermal, ainsi que le tourisme de nostalgie pour les Européens de souche pied-noir. Nous avons également la chance de constater les activités de nouvelles entreprises axant indirectement leurs projets vers le tourisme, avec leurs apports technologiques ou par l’élaboration et la diffusion de cartes géographiques richement conçues. Ces cartes très complètes comprennent toutes les villes du pays, toutes les routes et la nouvelle autoroute Est-Ouest actuelle et virtuelle, ainsi que tous les sites touristiques, thermaux et artisanaux. Ce n’est pas une utopie (et le ministre du Tourisme et de l’Artisanat l’a très bien compris en évoquant nos richesses depuis l’ère de St Augustin), que de croire que nous pouvons rivaliser avec les pays limitrophes, sinon décrocher la première place sur le nombre de touristes qui viendraient visiter nos impérissables sites et jouir de nos immenses plages. Une décision politique, appuyée par une bonne volonté d’ouverture, apporterait à coup sûr, comme le pétrole, des rentrées conséquentes en devises. Les créations d’emplois par milliers (hôtellerie, restauration, transports, guides, objets souvenirs etc. ) seront l’aboutissement heureux d’une autre politique puisée de notre lointain passé, mais orientée vers un meilleur avenir. Kamel Adjou Retour de la chasse, Alger/El-Watan



Réactions