Le voile traditionnel de la femme algérienne en voie de disparition

vendredi 17 février 2012
par APS

Symbole de pudeur et de décence, "Hayek Lemrama" le voile traditionnel qui a longtemps caractérisé la femme algérienne aussi bien à Alger que dans les villes de l’ouest du pays pour en devenir l’attribut, semble s’incliner devant "Le Hidjab".

Sensible aux mutations opérées dans la société à la lumière de la succession des générations, la femme algérienne a fini par échangée son habit traditionnel contre le hidjab, le réservant uniquement aux occasions. Effectivement, la valeur intrinsèque de ce legs ancestral demeure incontestable lorsqu’il s’agit de fêtes de mariage, car la mariée doit en être vêtue avant de quitter le domicile familial.

Bien qu’il soit quasiment rare de nos jours de croiser une femme vêtue du Hayek en sillonnant les artères de la capitale, il n’en demeure pas moins qu’il reste toujours présent sur les étalages des commerces réservés aux trousseaux de mariée.

"Il existe deux sortes de Hayek, Hayek Lemrama propre à Alger et El Acheachi propre à Tlemcen" a précisé un grand commerçant à la rue Ahmed Bouzerina ex rue de "la Lyre" à Alger, soulignant que "Hayek Lemrema est généralement fait à base d’un tissu blanchâtre de pure soie ou de soie mélangée avec des touffes de laine".

"Cette tenue enracinée dans les traditions et les coutumes algéroises entre autres régions du pays, donnait une image vivante de la femme algérienne" qui a inspiré beaucoup de poète, a-t-il ajouté. "Cependant la majorité de nos grands-mères restent attachées à ce vêtement qu’elles cachent soigneusement dans leurs armoires pour l’offrir à leurs petites filles le jour de leur mariage", ont indiqué certains commerçants, ajoutant que "plusieurs familles conservatrices continuent de l’exiger dans la dote de la mariée".

"Le prix du haïk de bonne qualité, importé généralement de Tunisie, est de 7500 DA. Pour savoir si le haïk est réellement de premier choix, il suffit de prendre un fil de son tissu et de le brûler. Si l’on sent une certaine odeur qui ressemble à celle de "Bouzelouf", alors c’est un haïk authentique", a confié Sid Ali, un jeune vendeur dans un magasin. "Le Haïk a disparu. On ne le voit plus dans les villes et villages.

Au milieu des années 80, avant l’invasion du Djilbab et de la mode importée, les femmes portaient le haïk avant de sortir, on n’en voyait, pour certaines, qu’un seul oeil qui paraissait à travers une toute petite ouverture ronde qu’on appelle +Laouina+", dira Siham, fonctionnaire dans une entreprise privée.

Hadja Zoubida, est parmi les rares femmes qui portent encore le haïk. Cette native de la Casbah qui n’a jamais quitté son grand voile blanc, déplore avec amertume la disparition de cet habit traditionnel des rues d’Alger. "Nous étions très fières à l’idée d’acheter un nouveau haïk. Le prix à cette époque, était entre 1000 et 2000 DA", a indiqué Houria, 52 ans, en se remémorant les années 60 et 70. Sa mère qui l’accompagnait, a évoqué le haïk au temps du colonialisme français lorsque les moudjahidine se couvraient avec pour fuir le contrôle des soldats francais et pour faire passer les armes.

Où est passé la M’laya constantinoise ?

La M’laya constantinoise a connu le même sort que le haïk algérois. Ce voile a lui aussi disparu de la majorité des régions de l’est du pays pour céder la place au hidjab. Les premières à avoir porté la M’laya sont les constantinoises pour exprimer leur deuil suite à la mort de Salah Bey en 1792. Elles furent suivies des sétifiennes.

Après les massacres du 8 mai 1945, le voile se répandit dans les régions avoisinantes comme Souk Ahras, Jijel, Annaba, Skikda et Batna, en signe de tristesse suite à ces évènements.

La M’laya se porte suivant une technique spéciale que seules les constantinoises maîtrisent. A noter qu’un petit voile en dentelle qu’on surnomme "Laadjar" est porté par les femmes de la ville du vieux rocher pour cacher leur visage. Le voile constantinois, désormais absent des rues de la ville, ne fera ses rares apparitions que dans les funérailles, une occasion qui lui va bien d’ailleurs.



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Réactions

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dimanche 19 février 2012 à 11h27, par  Fatma N’sumer

Vous n’avez qu’à le porter messieurs ce hayek qui vous manque tant et pour perpétuer une "tradition" qui enferme la femme et l’efface de la société.

Il est certes plus facile pour vous de regarder vers ce genre de traditions quand vous n’arrivez pas à maitriser le plus important.

Voyez dans quel état est votre pays et le monde musulman, vous ne pouvez rien y changer mais pour mieux cacher votre honte vous préférez couvrir les femmes et les cacher. Quand je pense que la majorité de ces femmes participe en travaillant à l’économie moribonde du pays !

Les traditions ne vivent pas éternellement pas plus que ne vivent ceux qui les portent.

Symbole de pudeur et de décence, Mon œil ! N’importe qui peut cacher son visage derrière un voile, un homme, une prostituée, un assassin, …Cessez de vouloir nous ramener en arrière et regardez bien en face ce qui vous attend !

Dans un pays comme l’Algérie,il y a des problèmes urgents à gérer et vous, vous préférez pleurer sur un morceau de chiffon d’origine étrangère à notre pays.

dimanche 19 février 2012 à 01h23

pour le mlaya ya pas qu’a constantine et setif les aures batna khenchela oum el bouagui j’y ai vecu et c’etait aussi le cas

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vendredi 17 février 2012 à 21h21, par  LAMRI FARID

je déplore le fait que nous ne somme pas en mesure de conserver nos traditions, un pays qui perd ses traditions perd ses repères , observons les grandes nations ils sont jaloux a l extrême de leur coutumes et traditions , l histoire est un autre repère d importance pour un peuple et ses enfants, nos grands parents ont transmis a nos parents leurs traditions, leur religion l islam, leur comportement dans la société, l union, la famille qui est une chose sacrée , le respect de l ainé , je parle de traditions il ya entre autre l habillement dans la décence, le Hayek couvrait la femme toute entière et ajouter du charme a sa féminité , nous perdons petit a petit toutes les bonnes choses de nos ancêtres et nous importons d autres comportements et d autres habilles qui nous font perdre notre patrimoine a qui la faute ??????

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