Les Hommes qui ne meurent pas !

Hommage au grand militant Jean–Claude Ponsin‏
mercredi 3 août 2011
par Chérif Boudelal

Notre amie Olivia Zémor de CAPJPO-EuroPalestine vient de nous apprendre par un courrier (que vous trouverez ci-après) la disparition tragique du grand militant et défenseur acharné de la justice et des droits de l’Homme, Jean –Claude Ponsin. Les associations « L’Immigration Repères et Citoyenneté » et le « Collectif Paix Comme Palestine » présentent leurs condoléances à la famille et aux amis du défunt, Jean–Claude Ponsin. Jean–Claude Ponsin est l’un de ces Hommes qui ne meurent pas car il ne s’est pas tu face à l’injustice que recèle ce monde plein de contradictions. Il s’est élevé contre l’injustice faite au peuple palestinien après avoir cru (comme beaucoup de gens) en la justice du sionisme qui prétendait vouloir faire d’ « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » la société la plus juste au monde. Mais une fois l’Etat d’Israël créé, il s’est rendu compte, sur le terrain, du vrai visage du sionisme et décider de lutter contre son idéologie de la haine.

Il est des hommes dont la mort pèse le poids d’une montagne chez ceux qui les ont connu, et c’est le cas de notre camarade Jean –Claude ; comme il y en a d’autres dont la mort pèse moins qu’une feuille morte, et c’est le cas de ceux qui pratiquent et/ou soutiennent les barbaries qui se pratiquent à travers le monde, ou encore ceux se rendent complices par le silence.

Que l’exemple de Jean–Claude Ponsin soit un guide pédagogique pour chaque être humain dans sa lutte contre l’injustice afin de faire de ce monde une Société dans laquelle tous les êtres humains seront égaux en droit et en devoir.

Chérif (du CPCP/IRC)


C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès de notre camarade Jean-Claude Ponsin, survenu ce week-end à l’âge de 81 ans. Les obsèques de Jean-Claude Ponsin, qui a demandé à être incinéré, auront lieu jeudi 4 août, au cimetière du Père-Lachaise à Paris (rendez-vous à 15 heures, au crématorium).

Originaire du département du Gers, Jean-Claude était né dans une famille de militants communistes, internationalistes. Alors qu’il était encore un enfant, sous l’Occupation, sa mère avait par exemple, fait le choix de l’envoyer à l’école avec l’étoile jaune cousue sur son tricot, pour manifester sa solidarité avec les juifs persécutés.

Brillant élève, Jean-Claude Ponsin intégra la prestigieuse école Polytechnique, où il ne faisait pas bon, au tournant des années 1940, de s’afficher comme communiste, et il entama ensuite une carrière d’ingénieur : c’est en travaillant en Israël, où il s’était porté volontaire dans les années 1950, qu’il découvrit, derrière le mythe de la « construction du socialisme dans les kibboutz », la réalité de l’injustice faite au peuple palestinien.

Découverte qui déterminera tout son engagement, jusqu’aux derniers jours de sa vie, en faveur de la reconnaissance des droits du peuple palestinien, et en soutien à sa résistance.

Mettant son expertise d’ingénieur au profit d’autres peuples en lutte contre l’impérialisme –notamment à Cuba, où il travaillera trois années dans la décennie 1960 – Jean-Claude Ponsin changea ensuite d’orientation professionnelle, et poursuivit, avec succès, des études médicales, qui le virent exercer au service des plus vulnérables, dans le populaire 18e arrondissement de Paris.

Et c’est en qualité de médecin qu’on le retrouvera en 1982, à Beyrouth, pendant le terrible siège de l’armée israélienne. CAPJPO-EuroPalestine avait eu l’honneur de compter Jean-Claude Ponsin parmi ses membres fondateurs. Lorsque notre association fut créée, début 2002, nous avons ainsi pu bénéficier, d’emblée, de l’ expérience accumulée par ce militant admirable.

Jean-Claude a consacré les dernières années de son engagement en faveur de la Palestine à la mise sur pied, avec son complice du camp de réfugiés palestiniens d’Aïda (Bethléem) Abdelfattah Abou Srour, de la compagnie de théâtre Al-Rowwad, dont la dernière tournée en France vient d’ailleurs de s’achever.

Jean-Claude avait réussi ces dernières années, grâce à sa volonté inébranlable, à triompher d’un méchant cancer. Les circonstances de sa mort, suite à une intoxication par des champignons vénéneux, ne rendent sa disparition que plus douloureuse encore.

A son épouse Sylvie, à ses enfants et petits-enfants, à ses amis de l’association des amis du théâtre Al-Rowwad qu’il avait fondée, CAPJPO-EuroPalestine présente ses condoléances émues.

CAPJPO-EuroPalestine


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