Les familles de disparus veulent déposer plainte pour "crime contre l’humanité"

Septième condamnation de l’Algérie par l’ONU dans le dossier des disparus
vendredi 3 juin 2011
par BNIBRAS

Le Comité des droits de l’homme de l’ONU a, pour la septième fois, condamné l’Algérie pour des disparitions forcées durant les années de terrorisme. La dernière condamnation, confirmée fin mai, pour la disparition forcée de Brahim Aouabdia est « une grande victoire » pour Nassera Dutour, porte‑parole du Comité des familles de disparus en Algérie (CFDA). « Ils (les dirigeants algériens, ndlr) veulent convaincre le monde entier que le dossier des disparitions forcées est clos. Il ne le sera jamais. L’Algérie a déjà été condamnée à six reprises pour des disparitions forcées. La condamnation sur le dossier de Brahim Aouabdia est la septième. Nous serons toujours là pour en parler », a indiqué ce jeudi 2 juin, Mme Dutour dans une déclaration à TSA.

Brahim Aouabdia, 41 ans, a été arrêté le 30 mai 1994 par des policiers à Constantine. Sa famille ne l’a plus jamais revu depuis. Le 22 mars dernier, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a pris une décision qu’il a rendue publique à la fin du mois de mai. Il donne raison à la plaignante, sa femme, représentée par l’association suisse de lutte contre l’impunité, Trial (Track Impunity Always).

Notre interlocutrice est convaincue qu’on ne peut effacer l’histoire. Elle précise d’ailleurs que d’autres dossiers seront déposés dans les prochaines semaines. « À l’ONU, ils (les Algériens, ndlr) font tout pour bloquer les dossiers relatifs aux disparitions forcées. Leur argument est le fait que la Charte pour la réconciliation nationale a réglé le problème. Ce qui n’est bien évidemment pas le cas », affirme‑t‑elle.

En décembre dernier, une convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées est entrée en vigueur. « Nous sommes en train de préparer 100 dossiers individuels mais que nous allons déposer collectivement. Notre objectif est de faire valoir le crime contre l’humanité, en nous basant sur les articles de la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, même si l’Algérie ne l’a pas encore ratifiée, et je pense qu’elle va tarder à le faire », poursuit Mme Dutour. En vertu de cette convention, les responsables de crimes contre l’humanité peuvent être interpellés sur le sol de l’un des États qui ont ratifié la convention (25 à ce jour).

Hadjer Guenanfa/TSA


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