Les inquiétudes de l’été

Avec l’approche de l’été, les inquiétudes liées à l’impact de la dégradation de l’environnement sur la santé se font plus grandes, nourries par les problèmes déjà vécus durant les saisons estivales passées. La pollution des milieux récepteurs — air, eau et sols — l’exposition aux substances chimiques ou au bruit (sport national des organisateurs de spectacles), peuvent être à l’origine de cancers, d’affections respiratoires et cardiovasculaires. Dans ce domaine, il y a urgence mais faute de ce que l’on appelle la « bonne gouvernance », les conditions n’existent malheureusement même pas pour lancer une véritable mobilisation générale autour du problème le plus facile et le plus simple : l’hygiène dans les cités et lieux d’habitations pour éliminer les foyers de propagations de maladies.
La participation de la population peut contribuer à réduire considérablement les risques d’épidémies liés à la prolifération des déchets ménagers et aux rejets d’eaux usées. La preuve en est donnée par les initiatives lancées par des associations locales et des comités de quartiers ou de cités qui demandent à être soutenues et consolidées pour en faire des actions permanentes.
Il y a des exemples qui montrent qu’il est possible de faire changer de comportement aux citoyens pour peu que les autorités s’y mettent. Les habitants sont conscients des problèmes posés par la dégradation de l’environnement. Ils ont moins besoin d’être sensibilisés par les autorités qu’écoutés par celles-ci quand ils lancent leur SOS pour la suppression de décharges sauvages où se mêlent déchets ménagers et dangereux, parmi lesquels les déchets de soins et sans doute des substances chimiques dangereuses, qui empoisonnent leur vie chaque jour encore plus. Ils savent également ce que coûte la consommation d’une eau de boisson de mauvaise qualité, contaminée à cause d’un réseau d’assainissement défectueux. La crédibilité de la politique publique de l’environnement tient non pas aux effets d’annonce produits par le discours officiel mais aux faits réels, immédiatement perceptibles par tous. Prenons la pollution atmosphérique qui constitue une menace pour la santé, particulièrement pour les enfants qui y sont plus sensibles que les adultes. Aucune mesure concrète n’a été prise pour limiter les émissions des polluants de l’air les plus dangereux, dont font partie les particules de poussière. Que respirent les enfants sur le chemin qui les conduit à l’école quand ils sont obligés de traverser des rues polluées par les gaz d’échappement des véhicules dont la plus grande partie roulent au gazole. On ne sait même pas si les effets de la pollution de l’air sur la santé sont sérieusement mesurés. Or, ils peuvent provoquer depuis les simples irritations oculaires jusqu’aux atteintes des voies respiratoires dont la manifestation la plus fréquente est l’asthme, mais aussi les maladies cardiovasculaires ou les cancers du poumon, qui conduisent à l’hôpital et peuvent entraîner la mort. Ne parlons pas des nouveaux risques entraînés par l’utilisation des produits chimiques — maladies dermatologiques, bronchite chronique, dysfonctionnements du système nerveux ou cancers – qui sont apparemment négligés.
M’Hamed Rebah
La Nouvelle République



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