Malek Bennabi : "Le droit du pauvre"

lundi 8 août 2011
par BNIBRAS

l est superfétatoire de dire que le droit du pauvre a constitué de tout temps et dans tous les pays, le centre d’intérêt majeur autour duquel s’est développée la pensée religieuse comme la pensée politique ou la pensée morale. Nous voulons signaler au lecteur, la place qu’il a occupé dans la pensée musulmane depuis son avènement et surtout depuis la disparition du Maître Mohammed Ibn Abdallah qui le révéla aux hommes.

En effet, c’est pour la première fois que nous voyons dans l’histoire de l’humanité un empire qui vient seulement de recevoir son baptême de naissance, engager tout son avenir temporel dans une guerre pour le droit du pauvre.

Cette guerre menée sous le nom de Harb Arridahl , fut la première dans l’islam constitué en État pour arracher le droit du pauvre à ceux qui avaient osé le renier dès les premiers jours après la disparition du Prophète.

On pourrait être tenté dans une étude systématique, de faire apparaître des figures aussi auréolées que celles de Abou Dhar El Ghifari2, illustrant ce combat pour le droit du pauvre à travers toute la civilisation musulmane.

Nous nous permettons seulement de l’illustrer par deux réflexions, l’une venant de l’homme d’État, l’autre de l’homme de la doctrine.

Le point de vue de l’homme d’État

As-Sa’ib Ibn Yazidl rapporte les propos suivants du Khalife Omar Ibn El Khettab :

« Par Dieu, et il n’y a point d’autre divinité que Lui ! (3 fois), toute personne possède sur ces biens un droit qu’il m’appartient de satisfaire ou de refuser. Nul n’y a davantage droit qu’un autre. Moi-même n’y ai pas plus titre que l’un quelconque d’entre-vous. Selon les directives du Coran et les parts qui nous étaient attribuées du vivant même du Prophète :

- A chacun selon les sacrifices qu’il a consentis pour l’Islam.

- A chacun selon son antériorité en Islam.

- A chacun selon son dévouement pour l’Islam.

- A chacun selon ses besoins.

Par Dieu ! S’il m’était donné de vivre encore, je ferais parvenir jusqu’au berger (même), des monts de Hadhour (au Yémen) sa part de ces biens (à domicile, sans même qu’il bouge de sa place) »

Le point de vue de l’homme de droit

De la règle de droit régissant les rapports riches-pauvres en Islam, selon Ibn Hazm El Andaloui2 (d’Andalousie) :

« …Et c’est une obligation (fardh) pour les riches de prendre leurs pauvres entièrement en charge. L’État les y contraint quand la Zakat ne suffit pas à leur subvenir.

Ainsi il leur sera assuré la nourriture nécessaire, les vêtements pour l’été et l’hiver, le logement qui les protège de la pluie, de la chaleur et des regards des passants. Et il n’est pas permis à un musulman de se nourrir de viande de porc ou de charogne, d’y recourir même en état de dénuement, alors que son compatriote musulman ou dhimi (chrétien ou juif) possède un surplus de nourriture. En effet, il ne peut pas y avoir contrainte

vu le principe d’obligation (fardh) faite à quiconque possède de la nourriture, de ravitailler celui qui est dans le dénuement.

Le musulman est en droit de prendre les armes pour faire respecter ce principe ».

Que sais-je de l’Islam, n°10 Juin 1973

http://www.assala-dz.net/


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