Malek Bennabi : sa vie, son oeuvre et ses idées

Malek Bennabi se situe dans la lignée des penseurs musulmans qui, à partir de la fin du 19e siècle, ont essayé de se pencher sur le monde musulman, comme des médecins, pour diagnostiquer son mal et proposer des remèdes susceptibles de le remettre sur la voie d’une renaissance possible et souhaitée. A l‘instar de Djamel Ed-Dine Al Afghani, Mohammed Iqbal du Pakistan, Chakib Areslan, le Syrien, Bennabi l’Algérien s’est mis à écrire et à publier des ouvrages dans lesquels, avec beaucoup de sérieuse, de foi et d’engagement, il a émis des théories qui ont eu une grande résonance, aussi bien dans le monde musulman qu’en Europe et qui ont été reprises et approfondies par beaucoup de chercheurs et aussi des hommes politiques.
Bennabi est surtout un homme de réflexion, un homme de culture. Ses idées doivent être comprises et expliquées sous cet angle. Loin de lui toute action organisée et coordonnée. Loin de lui toute action violente. La pensée commande l’action et non l’inverse.
I. Sa Vie
Né en 1905 à Tébessa berceau de la civilisation depuis les temps les plus reculés, au sein d’une famille honorable et attachées aux valeurs musulmanes, il manifesta dès son jeune âge une curiosité toute particulière aux « choses » de l’esprit. Vif et studieux, il fit des études régulières et continues, dans sa ville natale tout d’abord, ensuite à Constantine à la Médersa et enfin à Paris où il obtient un diplôme d’ingénieur en électricité.
Versé dans la culture islamique et rompu à la logique des mathématiques et des sciences exactes, il semble avoir compris la synthèse qu’il devait en tirer de ce savoir large, varié et profond. Ayant vécu en Algérie au début du 20e siècle qui a connu L’émir Khaled et Cheikh Ben Badis, c’est le problème de l’islam qui le préoccupe. Décadence, renaissance, colonialisme, il prolonge sa réflexion dans les méandres de ces fantasmes. Loin de l’action que propose l’Association des Oulémas ou le Parti du Peuple Algérien, il se met à écrire et publier des ouvrages dans les lesquels il se montre critique à l’égard de cette action.
Pendant la Révolution du 1er Novembre 1954, il se refuge au Caire et il continue à écrire. A l’indépendance, en 1962, il revient en Algérie et il continue à écrire et à publier des ouvrages. En 1969, on le voit quand même participer au festival culturel panafricain, une manifestation purement culturel qui le conforte dans la réflexion. Sa célébrité fait converger, chez lui, dans sa demeure, des hommes, surtout des jeunes hommes attirés par ses idées et son auréole. Sa maison à Alger, finit par devenir un centre de regroupement, une école d’où sont sortis des disciples qui n’ont pas hésité de se jeter dans l’action politique. Le pouvoir le laisse faire, connaissant son aversion pour l’action politique : En 1970 il écrit ses mémoires. En 1973 il meurt à Alger, laissant derrière lui une vingtaine d’ouvrages et des idées mondialement connues et commentées.
II. SON ŒUVRE
En voulant établir une classification des œuvres de Malek Bennabi, on est tenté de voir trois étapes dont le noyau conducteur aurait pu être la Révolution Algérienne, c’est-à-dire avant, pendant et après la Révolution. Il n’en est rien.
La révolution n’est pour lui qu’un épiphénomène qui ne retient pas son attention. L’essentiel est ailleurs, c’est l’Islam, c’est le présent et l’avenir des musulmans qui préoccupent le plus Bennabi. Aussi son premier ouvrage en 1947, s’intitule « Le Phénomène Coranique » qui est un essai sur une théorie du Coran qui recentre les préoccupations sur l’Homme d’où l’humanisme musulman. Ce premier ouvrage est suivi, une année après d’un roman « Lebeik » ou le pèlerinage des pauvres et en 1954, à la veille de la Révolution d’un autre ouvrage fondamental « Vocation de L’Islam » qui fait une analyse sociologique du monde musulman « de ses faiblesses, de ses ressources profondes et de ses possibilités de renaissance. »
Plusieurs autres ouvrages qui traitent toujours de l’Islam ont été publiés au Caire entre 1956 et 1962 « le Problème de la Culture » en 1957 ; « Discours sur la nouvelle édification » en 1958 ; « La lutte idéologique en pays colonisés » en 1958 « Le Commonwealth Islamique », en 1959 ; « Réflexions » et « Naissance d’une société » en 1960. Dans tous ces ouvrages, Malek Bennabi analyse profondément la société musulmane et dégage des théories que nous analyserons plus loin.
Cependant, il est à noter, que la réflexion de Malek Bennabi sur l’Islam et les musulmans à pour socle la société Algérienne. C’est à partir de l’Algérie qu’il élabore sa réflexion, sur l’Algérie tout d’abord et sur le monde musulman ensuite.
Dès 1949, il publie à Alger aux éditions « En-Nahdha » un ouvrage intitulé « Les conditions de la renaissance Algérienne », où il énumère les conditions de cette renaissance. Le Docteur Khaldi, ami intime de Bennabi, écrit au sujet de ce livre « C’est la lutte entre l’idole et l’idée qui durent l’aspect nouveau du drame Algérien…La colonisation n’est pas un simple accident, mais une conséquence inéluctable de notre décadence. Tout le problème et là et même l’idée serait vaine si elle n’inclut pas cette donnée essentielle que souligne vigoureusement Bennabi en affirmant que « pour cesser d’être colonisé, il faut cesser d’être colonisable ».
Une théorie qui fait « mouche » et qui à l’époque a suscité des critiques cinglantes de nationalistes comme Cherif Sahli et Mustapha Lacheraf. En 1956, il publie un autre ouvrage « L’Afro Asiatisme » qui repend la théorie de la « Colonisabilite » que nous venons de voir. En 1957, il publie « SOS Algérie » et en 1961 « Dans le souffle de la bataille » où il évoque le drame que vivait l’Algérie à cette époque. En 1965 il publie « perspectives Algériennes ». En 1970, miné par la maladie, il arrive à rédiger ses « Mémoires d’un témoin du siècle »
III. Ses Idées
Avec Malek Bennabi peut-on parler de doctrine ? A-t-il élaboré préalablement une doctrine ? Nous pensons plutôt qu’il a eu tout d’abord une profonde réflexion sur le devenir du monde musulman, réflexion qui lui a inspiré beaucoup d’idées que l’on peut peut-être présenter en doctrine. Ce sont ces idées qui nous intéressent. Un ensemble de ces idées peut constituer une théorie. Le Docteur Khaldi résume cette « difficulté » en disant « La doctrine naît fragment par fragment d’une façon dialectique à partir de la synthèse fondamentale de toute civilisation, l’homme, le sol, le temps ». Pour présenter ces idées schématiquement nous avons préféré les regrouper en trois thèmes généraux : 1° Son aversion pour la politique, 2° La notion de la colonisabilité, 3° L’avenir de l’Islam.
1) Aversion pour la politique :
C’est un aspect peu connu, aujourd’hui, de Malek Bennabi. Occulté par ses biographes, cet aspect explique, dans une grande mesure, le parcours, un peu cahoteux de sa vie. Il nous éclaire sur ses positions, son attitude à l’égard des événements qui ont agité l’Algérie. De quoi s’agit-il ? Dans le prologue qui présentait son ouvrage « Les Conditions de la Renaissance Algérienne », Bennabi a été très clair sur ce problème. Pour lui l’activité politique n’est rien d’autre que de l’idolâtrie : « on a paré l’idole pour humilier l’idée ». Auparavant, dans ce texte ; il a glorifié avec beaucoup de poésie le semeur d’idées « chante mon frère le semeur pour guider de la voix, les pas qui viennent dans l’obscurité de l’aurore, vers le sillon qui vient de loin » .Et d’ajouter, plus loin « on a dressé tréteaux et tribunes pour bouffons et saltimbanques afin que le vacarme couvre les accents de ta voix ». L’allusion est nette. Nous sommes en 1949 et Bennabi désignait par « bouffons » et « saltimbanques », les militants du Parti du Peuple Algérien qui faisaient beaucoup d’agitation à l’époque. D’ailleurs, très vite une polémique éclata avec Cherif Sahli et Mostapha Lacheraf, écrivains et nationalistes très proches du P.P.A.
Par ailleurs, ce prologue qui est une sortie d’hymne adressé à l’Idée parle avec poésie d’aurore, d’Orient, d’Astre Idéal, et rappelle un autre texte écrit par l’Emir Khaled, en 1923, juste avant son exil et qui parle, lui aussi d’Aurore et de l’Orient, mais avec cette différence que l’Emir Khaled ne fustige pas la politique et ne l’assimile pas à l’idolâtrie. Dans le même ouvrage, Bennabi est plus explicite. Il fait l’historique de l’Idée. Celle-ci commence avec Djamal Eddine al Afghani. En 1925, elle pénètre en Algérie avec Ben Badis. Mais voilà, dit-il, en 1936, les « Oulémas ont suivi le sillage fatal d’une caravane politique ». L’allusion ici est dirigé vers la Fédération des Elus » du Docteur Bendjelloun. Bennabi conclut cet historique par ceci « Le mouvement algérien se renversa, marcha les pieds en l’air et la tête en bas ». Il est très critique aussi à l’égard des Oulémas : « 1936 c’est le faîte atteint par l’islahisme ; le faîte marqué par la naissance et la mort du congrès algérien ». L’orage est passé sur un déclin momentané de la renaissance algérienne et une éclipse de l’idée ». Cette aversion de Bennabi à l’action politique n’est pas un phénomène isolé.
Dans l’histoire de l’Algérie, on la retrouve graduellement chez Omar Racim et Omar Ben Kaddour avant la première guerre mondiale, chez Mohamed Abdou en 1903 au cours de sa visite en Algérie et finalement chez les « Associanistes » français en Algérie, à partir de 1880. Chez ces derniers, l’activité politique, en suscitant la répression, ne favorise pas le développement économique et social. Cette attitude à l’égard de la politique a favorisé aussi le développement de son aversion. Bennabi n’était pas certainement au courant de cette origine, mais sa théorie de la colonisabilité en découle sans aucun doute.
2) De la colonisabilité :
Une idée qui s’est vite transformée en théorie, elle a comme une grande diffusion et a suscité un large débat. Bennabi s’est inspiré d’un verset du Coran qui dit : « Dieu ne change rien à l’état d’un peuple tant que celui-ci n’as pas d’abord changé son comportement intérieur ». En sociologue avisé ; Bennabi a constaté et il a suffisamment développé dans ses ouvrages que « le comportement intérieur » du peuple algérien est déplorable, parce qu’il s’est éloigné de la voie de Dieu, et que par conséquent, abandonné par Dieu, il mérite l’état dans lequel il se trouve c’est-à-dire la colonisation. Le syllogisme consiste à dire que tant qu’on est colonisable de cette façon, la colonisation est inéluctable.
Naturellement présentée ainsi, cette théorie justifie la colonisation et donne raison à l’administration coloniale en Algérie. D’où la polémique que cette théorie a soulevé, alimenté par la réplique vive des intellectuels nationalistes comme Cherif Sahli et Mostapha Lacheref, comme nous l’avons souligné plus haut. Mais peut-on dire que Bennabi cherchait vraiment à justifier la colonisation ?
Dans son ouvrage « Les conditions de la renaissance algérienne », Bennabi consacre un chapitre à ce problème et l’intitule « Le coefficient colonisateur ». Dans ce chapitre il développe l’idée « L’individu comme facteur de civilisation est lié à deux valeurs l’une fondamentale et l’autre accidentelle ». La valeur fondamentale découle « de son héritage biologique », celle-ci l’algérien la détient toujours. Quant à la valeur accidentelle, elle découle de son « milieu social ». « C’est ici, dit-il, que le fait colonial intervient pour l’algérien et affecte finalement son existence d’un coefficient accidentel. » « En Algérie, ajoute-il, ce coefficient à son histoire ». Suit un développement sur la noblesse de Bugeaud qui a pris conscience de « la valeur fondamentale » de l’algérien et qui a voulu l’enrichir, dit-il, par la valeur coloniale » mais à partir de 1870, dit-il, la colonisation s’est engagée dans une politique dangereuse en voulant diminuer « la valeur fondamentale » de l’algérien et lui opposer « la médiocrité des colons », lui affectant ainsi un « coefficient réducteur : le coefficient colonisateur ». En conclusion Bennabi affirme : « Historiquement, la colonisation est une régression dans l’histoire humaine… mais, enfin si c’est cela le fait colonial, il faut avouer que c’est lui qui nous a réveillés… Le coefficient colonisateur est un leurre pour les fanatiques de l’obscurantisme qui voudraient sonner minuit à l’aurore. Il est aussi un alibi pour les burlesques bouffons de la foire électorale … ».
L’explication de Bennabi est ambiguë. Elle ne condamne pas la colonisation à son origine en Algérie ; elle semble même lui trouver des « bienfaits » (Elle a réveillé le peuple algérien !!!) Il me semble que Bennabi n’as pas voulu ou n’as pas osé remonter à l’origine de la colonisation, en 1830. Il aurait trouvé là une agression caractérisée ; une volonté criminelle de détruire une nation, de faire disparaître « la valeur fondamentale » de l’algérien. Bennabi se place au vingtième siècle, aveuglé peut-être par les éclats du Centenaire. Or la colonisation est un tout, condamnable. Elle n’est pas simplement un facteur réducteur, mais bel et bien un facteur destructeur. En se basant sur le verset coranique, cité plus haut, pour élaborer sa théorie, il a voulu comprendre et conforter son idée que le changement de l’état d’une société dépend de sa volonté d’aller dans le sens de ce changement, volonté qui coïncide logiquement avec la volonté de Dieu, Mais le Coran parle d’une société libre dégagé de toute entrave extérieure. Bennabi n’as pas tenu compte de cette particularité fondamentale.
3) L’avenir de l’islam
Malek Bennabi a mené une profonde réflexion sur l’avenir de l’islam dans son ouvrage fondamental « vocation de l’Islam ». Dans la conclusion de cette étude, il écrit : « Aujourd’hui l’Islam est en devenir, il a un avenir….Le concept de vocation enveloppe ces deux aspects : les conditions d’un mouvement et sa finalisation par la collectivité humaine qui se trouve placée dans ces conditions ». Malek Bennabi pense que le monde musulman a retrouvé aujourd’hui son dynamisme d’antan. Ce dynamisme lui assure forcement un avenir dans un monde en perpétuelle transformation. Cet optimisme repose sur une analyse fine et pertinente de la société musulmane depuis son avènement à l’époque du prophète Mohamed que le salut soit sur lui. C’est cette analyse que nous allons brièvement exposer ci-après. Tout d’abord, il y a bien de souligner que pour Bennabi, il y a civilisation lorsqu’il y a une connexion efficace entre trois facteurs : l’homme, le sol, et le temps. Cette connexion s’est produite à l’époque du prophète et le « phénomène coranique » développé avec ferveur par Bennabi a redonné à l’islam une emprise efficace sur le sol et a déclenché un mouvement de civilisation.
Les cycles de la civilisation
Le mouvement civilisationnel n’est pas uniforme. Il évolue le plus souvent en dents de scie « La civilisation, dit-il, se présente comme une série numériques se poursuivant par termes semblables mais non identiques. Ainsi apparaît une donnée essentielle de l’histoire, le cycle de la civilisation ».
Malek Bennabi tire de ce constat une théorie remarquable sur le cycle de la civilisation musulmane, pour lui ce cycle présente trois moments importants : Le premier moment est celui de la Révélation qui fonde la dynamique civilisationnelle et qui se prolonge jusqu’à la bataille de Siffne qui a opposé Ali et Moawiya dans un affrontement sanglant pour l’accession au Khalifat. Cette bataille a sonné l’arrêt de l’ascension civilisationnelle sans pour autant en détruire la dynamique.
Le deuxième moment va de cette bataille et se prolonge jusqu’à la chute de la dynastie almohade au Maghreb. Pendant cette période la connexion entre l’homme, le sol et le temps reste toujours efficace, mais son dynamisme à tendance à faiblir.
La civilisation musulmane est cependant florissante et généreuse. Le troisième moment se situe à la fin de la civilisation almohadienne qui a vu émerger un génie comme Ibn Khaldoun. Bennabi qualifie cette période de post-almohadienne ; elle va plonger le monde musulman dans une décadence qui va se prolonger pendant plusieurs siècles ; elle a crée un homme nouveau, l’homme post-almohadien, entièrement déconnecté du sol et du temps et incapable de créer et d’innover. Pour Bennabi, cet homme a créé une société colonisable. Ce n’est pas un homme complet, c’est un demi homme « incontestablement, dit-il, cette société avait au moins quelques besoins rudimentaires : ceux de boire et de manger, par exemple. Or depuis sept siècles, à défaut du « fil à couper le beurre », elle n’a même pas inventer le manche à balai ». Bennabi est sévère à l’égard de cette dernière période et de ce demi-homme.
Si l’homme post almohadien n’est pas toujours facile à reconnaître que lorsque il se personnifie sous les traits d’un Agha khan, il n’en est pas moins l’incarnation de la colonisabilité, le visage typique de l’ère coloniale, le clown auquel le colonisateur fait jouer le rôle d’indigène et qui fut accepter tous les rôles même celui « d’empereur » si la situation l’exige. « Mais, ajoute Bennabi, c’est là une donnée qu’il ne faut pas perdre de vue lorsqu’on étudie la genèse et les solutions des problèmes qui semblent aujourd’hui passionner de plus en plus la conscience musulmane. »
Si, comme nous l’avons souligné plus haut, le monde musulman se réveille aujourd’hui, il est en devenir. Bennabi est optimiste. Deux voies se présentent, celle tracée par l’action et le mouvement réformiste crée par Djamal ed Dine Al Afghani et continué par Mohamed Abdou en Egypte et Abdl Hamid Ben Badis en Algérie, mais aussi par Hassan Al- Banna avec les frères musulmans. La deuxième voie est celle du modernisme, suscitée par le contact avec l’occident mais démunie de toute âme et par conséquent dépourvue de toute assise fondamentale. Bennabi pense, cependant, que l’islam ne peut retrouver son dynamisme vivifiant que dans l’aire asiatique « le monde musulman, doublement polarisé, semble d’ailleurs obéir maintenant à l’attraction de Djakarta plus qu’à celle du Caire ou de Damas ». Il ajoute « La fin de l’ère méditerranéenne marque pour l’Islam, sa libération des entraves internes ». La vision de Bennabi à l’époque était tournée vers l’Asie et particulièrement vers l’Indonésie et surtout le Pakistan qui a vu émerger un Iqbal et toute proche de l’Inde où venait de s’éteindre le grand Gandhi. Sa vision, plus tard prendra plus d’ampleur en préconisant, un Commonwealth musulman englobant cette fois les pays d’Asie et d’Afrique. Pour Bennabi, la fin du vingtième siècle a vu disparaître peu à peu l’homme post-almohadien et avec lui la colonisabilité.
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