Malek Haddad et les vertus patriotiques

Contribution faisant suite à l’article publié le 14/11/2010 sur JE.
Malek Haddad,qui se trouve être un constantinois de pure souche, n’est,on s’en doute bien, pas n’importe quel écrivain . Ses déclarations, empreintes, à l’époque, de beaucoup de pessimisme ;on ne sait pas trop à quoi les imputer, ont fait dire beaucoup de choses à beaucoup de monde ; mais de là à lui faire dire n’importe quoi, il y a un pas, difficilement franchissable à moins que l’on ne soit animé d’une ardeur militante telle qu’il faille absolument travailler pour son clocher et cela, en dépit du bon sens.
Par NINAS EL MADAURI.
Examinons les faits avec sérénité : Malek Haddad est, à ma connaissance le seul à s’être affirmé de la sorte par rapport à l’utilisation de la langue française ; ni kateb, ni Dib ; encore moins Mammeri ou certains autres, mais on ne peut pas citer tout le monde, ne se sont ingéniés à flétrir des comportements qui s’avérèrent pour lui, déviants. Affirmer comme le fait allègrement l’auteur que notre écrivain était imbu de la rhétorique zitouniène et azhariste par le biais du vénéré cheikh Ben Badis, c’est quand même un peu fort de café. Il faut avoir côtoyé ne serait-ce qu’un moment cet illustre enfant de Constantine pour comprendre à quel point il était à mille lieux de partager l’essentiel, à savoir la demande d’assimilation des oulémas qui aurait fait de la langue arabe une langue toujours minoritaire. Quant à l’affirmation selon laquelle la langue arabe classique était la langue maternelle des Algériens, là, manifestement, on se fourvoie. Kateb était plus près de l réalité lorsqu’il prônait que l’arabe dialectal fut intronisé, et cela dans un premier temps, langue nationale avec Tamazight comme alter-ego dans une deuxième étape Prétendre au moment où il le dit, qu’il écrivait pour un public qui ne pouvait le lire,il a rectifié sachant que les Algériens ne disposaient au temps de la colonisation d’aucun moyen linguistique qui leur aurait permis de lire quoi que ce soit ,dans quelque idiome que ce soit. Et puis certains de nos écrivains d’aujourd’hui sont lus par nombre d’Algériens qui possèdent aussi la langue française, ainsi d’ailleurs que de nombreux lecteurs étrangers, dans le monde entier. Inutile de donner des exemples . Est-t-il utile de dire que nombre d’œuvres écrites jusqu’alors sont, non seulement lues,partout dans le monde,mais également étudiées dans les lycées et les universités . Et en français,s’il vous plaît !Et cela n’a pas l’air de gêner qui que ce soit !



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