Médication spéciale

La crise qui ravage actuellement les pays du "tiers monde" est une crise globale. Elle paraît avoir,partout,des origines structurelles et condamner les pays qu’elle fouette par ses effets dévastateurs à assister "impuissants" au recul redoutable de leur développement. Conjuguée à des facteurs internes,elle semble même frapper de léthargie,l’analyse des phénomènes économiques et "mettre sous cale" toute théorie de développement.
En effet,face à "ce monstre qui dévore" cette partie du monde la moins développée de la planète,il y a comme une complicité -par le silence- à instaurer une condamnation - sur le plan national - de toute réflexion sur les solutions à trouver pour tenter de venir à bout,du moins à limiter les effets destructeurs d’une crise dont la génération sourd principalement dans le phénomène de dominance des relations internationales par un mode précis de gestion des affaires économiques. L’idée est coïncée,voire chassée par ce processus mis en place en vue de sa stérilisation. Le système universitaire devant concourir à sa naissance fait la preuve de son absence en tant que système universitaire et démontre son impuissance et son incapacité non seulement à prendre en charge parmi ses préoccupations de recherche - en-a-t-il une au moins ? - à prendre en charge donc les problèmes qui nous rongent mais surtout à entamer une réflexion au besoin. Devant ces absences et ratages,nous sommes condamnés à participer à la réalisation de ce qui est visé : prononcer l’anathème sur les "idéologies" et accorder la priorité aux nécessités quotidiennes de résoudre les problèmes du jour par rapport aux - choix de projets de société". Un autre choix est-il possible ? Il y a, comme une fatalité de renoncement et de retrait sous la pression alarmante et le poids étouffant des difficultés à gérer des perspectives conjuguées,tout au plus,qu’au futur,le plus immédiat. Ceci étant,il ne faut pas perdre de vue surtout que notre pays a financé jusqu’ici,son développement sur la base d’une mobilisation de ressources externes. La base d’accumulation nationale accuse un caractère d’externalité et se mesure aux poids des ressources issues de l’exportation de produits (et dans une certaine mesure de la force de travail)et d’endettement. En effet,les investissements ont été réalisés,en l’occurence,dans des secteurs où le niveau de coût de production est trés élevé, Ces projets ont nécessité dans tous les cas,la mobilisation de capitaux extraordinnaires qui a forcé notre Etat à se lancer dans une politique d’emprunt à l’extérieur. L’agriculture algérienne n’est pour l’instant d’aucun concours aux efforts de développement. Au contraire. Or,la conjugaison d’un certain nombre de facteurs a miné progressivement les prix des produits exportés par notre pays. La chute des prix des hydrocarbures a ruiné nos capacités de financement et laminé nos rentrées en devises. Le reste est connu. C’est dire combien notre démarche antérieure d’investissement est compromise. L’Etat ne pourrait,tout au plus,que garantir,avec plus ou moins de générosité,l’approvisionnement en matières premières de nos unités de production qui continuent de fonctionner dans une économie "empêchée" d’élever son taux d’intégration. La tâche n’est donc pas facile. Elle est même ardue et complexe d’autant que les menaces qui pèsent sur le devenir de notre développement économique sont réelles. Les faits sont là,objectifs et il faut les traiter en tant que tels. Car,les "faiseurs de système" ne désarment jamais. Ils apparaissent toujours au moment opportun pour proposer les "solutions-miracles".
A.B.A



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