Message aux berbéristes

Je ne supporte pas les jeunes berbéristes, et je trouve souvent leurs blogs et leurs forums assez idiots. Trop politisés et incroyablement égocentriques, ils racontent souvent tout et n’importe quoi avec une grande gueule grosse comme une piscine. Ils aiment se positionner en victimes tout en accusant les arabes de tous les malheurs qui frappent la culture berbère. En effet, les jeunes militants berbéristes sont trop politisés. Ils se laissent trop manipuler par des politiciens, qui instrumentalisent la cause berbère afin d’accéder au pouvoir, alors qu’ils devaient s’intéresser davantage aux études des historiens et des sociologues.
L’idée que les arabes persécutent les berbères et cherchent à tuer la culture berbère est une idée reçue très répondue dans les milieux berbéristes d’aujourd’hui. Mais elle est fausse et sans fondement. Les algériens sont d’origine berbère à 98%. A part l’arrivée de quelques tribus il y a des siècles, le nord de l’Afrique n’a pas connu de mouvement colonial arabe. Jamais aucune loi n’a été créée par les anciens royaumes du Maghreb musulman afin d’interdire l’usage général du berbère. Il n’y avait donc pas de persécution. La plupart des algériens et des maghrébins qui parlent arabe aujourd’hui se sont arabisés volontairement, et personne ne les a obligés. Et si la culture berbère s’est considérablement affaiblie, c’est parce qu’elle n’était pas vraiment brillante dès le début (comparée aux grandes civilisations comme la Chine, l’Inde…). Et puis c’est en grande partie parce que les berbères l’ont plus ou moins délaissée. Aujourd’hui, l’école et la télévision (et récemment les télés orientales) continuent d’accélérer cette arabisation, mais c’est une arabisation qui reste toujours volontaire.
Ayant fréquenté de nombreux écrivains et poètes ultra arabophones, je peux l’affirmer de façon très catégorique. La plupart de ces écrivains et poètes qui se revendiquent "auteurs arabes" et qui militent de façon hystérique pour l’arabisation totale du Maghreb, sont des gens généralement issus de Khenchla, Jijel, Sétif, Tlemcen, Souk Ahras… c’est-à-dire des berbères arabisée il y a moins de cent ans. J’ai aussi remarqué qu’il y avait bon nombre de kabyles parfaitement arabisés dans le milieu culturel et intellectuel, qui se sont approprié l’idéologie de l’arabisation pour combattre, à leur tout, tout ce qui n’est pas arabe. Idem pour les journalistes qui travaillent dans la presse arabophone. La plupart sont des Chaouias, kabyles et autres, et seule une minorité parmi eux est vraiment arabes. D’ailleurs, l’idéologie de l’arabisation n’est pas née dans les pays arabes. Les vrais arabes ne ressentent pas le besoin de le crier sur tous l’univers. Les vrais arabes ne ressentent pas le besoin d’arabiser la planète. C’est chez les faux arabes, ces gens qui doutent d’eux même, qu’on retrouve l’idéologie de l’arabisation dans sa dimension la plus agressive et la plus violente. C’était, par exemple, le cas de Tahar Ouettar (devenu le chantre des arabisants en Algérie), que je connaissais personnellement. Quand on se retrouvait, il me parlait en berbère. Mais quand il se retrouvait avec les journalistes, il devenait obsédé par l’idée d’un Maghreb complètement arabe et tenait des propos agressifs de conquérant au service de l’arabité. Je crois qu’il avait un complexe, comme tous les faux arabes. Il voulait être plus arabe que les arabes. Il en faisait des tonnes, pour qu’enfin ils se sentent lui-même 100%arabe. C’était aussi le cas de ce grand ennemi de la culture berbère, qu’était Boumédiene. En Algérie, son époque était la seule qui avait vraiment connu une période de grande persécution berbère. Des amis écrivains qui le connaissaient m’ont dit que le simple fait d’entendre quelqu’un parler en berbère lui donnait des migraines. Il détestait la culture berbère car il la trouvait dangereuse pour la cohésion du pays. Boumedienne était un Chaoui berbère de Guelma. Et ce n’est non plus pas un hasard si l’Egypte est devenue la championne du panarabisme dans le monde musulman de nos jours. Les anciens égyptiens n’étaient pas des arabes et n’avaient rien à avoir avec la culture arabe. Alors pour oublier leur passé, nos braves égyptiens arabisé passent aujourd’hui leur temps à se regarder dans un miroir et se répéter (je suis arabe, je suis arabe, je suis arabe…) en espérant qu’ils vont s’en convaincre. Nous retrouvons aussi de nombreuses autres idées sans fondements chez les berbéristes. Ils disent par exemple souvent que les berbères sont exclus en politique, qu’ils sont marginalisés… Tout ça est faux. Ce sont des blabla mensongers répondus et entretenus par les politiciens berbéristes. Dès les premiers gouvernements qu’à connu le pays après l’indépendance, il y avait eu un grand nombre de kabyles et de Chaouias qui exerçaient de très hautes fonctions à l’intérieur du pouvoir et des entreprises. Dès l’indépendance, les kabyles et les chaouis pouvaient se déplacer et aller vivre partout dans le pays sans que personne ne les empêche de travailler ou de prospérer. Il suffit d’ailleurs de visiter les grandes villes du pays pour s’en apercevoir. Oui, des familles kabyles, chaouis, mozabites et autres… sont installées depuis 30 ou cinquante ans dans toutes les régions. Ben Bela, Boumedienne, et ceux qui les ont suivi après, n’ont jamais été racistes au sens racial du terme. Ce qu’ils détestaient, c’était le mélange entre la culture berbère et la politique. Pour eux, la culture berbère devait juste rester un folklore et ne pas chercher à s’imposer en politique ou dans les institutions. Quand un Chaoui ou un kabyle parlait bien l’arabe et reniait ses origines, Ben Bela et Boumédiene l’aimaient beaucoup et voyaient en lui un citoyen model… Alors si j’ai un message à passer aux militants berbéristes, c’est « apprenez à mieux connaitre l’histoire de votre pays et à analyser la société, au lieu de raconter et de répéter âneries des politiciens. » Les vrais arabes n’ont jamais été les ennemis des berbères ou de la culture berbère.
Par R. Benidiri



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