Modernité, Coca Cola et Rai

jeudi 21 mai 2009
par BENKAM

L’humanité contemporaine,qui s’émiette en Etats souverains de plus en plus nombreux,voit en même temps son unité renforcée sans cesse par le progrès des moyens de transport et de communication de la pensée,par le caractère mondiale des grands problèmes économiques,diplomatiques et militaires. Une interdépendance réelle existe désormais entre tous les groupements humains. Elle trouve son expression dans la volonté accrue des pays du Tiers-monde d’accéder au modernisme.

Si nous définissons la notion de modernisme par "le caractère de ce qui est moderne" ou encore par "le goût pour ce qui est moderne", nous constatons que dans la plupart des cas, les pays en voie de développement ont un goût de plus en plus prononcé pour ce qui se fait de mieux en Occident. Technologie de pointe, robotisation, consommation de masse, informatisation. L’imitation s’étend à tous les niveaux,du vêtement à la philosophie, des institutions politiques aux arts à l’économie. Il faut faire table rase avec le passé, transplanter l’Occident dans les pays en voie de développement. Dans "The Solitary Crowd", David Reisman, sociologue américain, divise l’histoire de l’humanité en trois périodes :
- La société primitive archaïque,
- La phase du développement capitaliste concurrentiel,
- La période que nous vivons, celle de la société industrielle. A la première phase correspondrait un homme dominé par le mythe en tant que phénomène social réglementant le comportement du clan ou de la tribu. La deuxième phase est celle de l’homme "introverti" tourné sur lui-même, phase qui serait celle des pionniers, des premiers capitalistes individuels et enfin, la troisième phase serait celle de l’homme "extraverti", l’homme des masses, celui qui ne réagit qu’en fonction des stimulis de la publicité, des modes de comportement créés à son insu, celui qui sait faire la différence entre Coca Cola et Pepsi Cola. Le Tiers-monde importe (peut-être malgré lui) ce dernier type de société. Il serait certes plus judicieux de faire une typologie des pays du Tiers-monde, mais d’une façon générale, on peut retrouver les mêmes constantes dans les grandes villes. Que ce soit à Sao Paulo,à Buenos-Aires, à Abidjan,ou à New Delhi, on aura la même image. Super-marchés,publicité criarde,grandes lumières, mêmes rythmes, disco, rock… La technologie n’est pas neutre, elle véhicule un type de comportement, des valeurs, un rêve : "L’American Dream of Life", est en ce sens un danger réel pour les pays du Tiers-monde, dans la mesure où il signifie frustration et manque. L’Africain, l’Asiatique ou encore le Latino-américain rêvent comme l’Américain, mais à la différence de ce dernier, ils réalisent leur rêve dans l’imaginaire et le fantasme. Cette similitude des valeurs et espoirs,ce style de vie en commun, cette assimilation sociale sont le reflet d’une intégration constante des pays de la périphérie à la mouvance du capitalisme international. Dans "The Analysis of International Relations "K.Deutsh définit la communauté intégrée ou amalgamée par les conditions suivantes :
- Similitude des valeurs et espoirs,
- Style de vie en commun,
- Espoirs de liens économiques étroits,
- Augmentation de la capacité politique d’au moins quelques-unes des unités membres (Etats-Unis et un degré moindre les pays européens),
- Existence de liens continus de communications sociales entre diverses régions et diverses couches sociales,
- Élargissement des élites politiques,
- Mobilité des personnes,spécialement au niveau des couches influentes (cadres,étudiants…),
- Multiplicité des modes de communication et d’échanges,
- Importante prédictibilité (amitié mutuelle de comportement). En reprenant une à une ces différentes conditions,on remarque qu’elles rendent compte de l’état actuel de la société internationale. Une société internationale dominée dans ses transactions,sa nature et son essence par le capitalisme international,dont le centre moteur se trouve aux Etats-Unis. La motivation économique -financière n’est pas toujours la motivation essentielle. Alors qu’elle reste telle dans le cas des Etats impérialistes de moindre importance,dans le cas des Etats-Unis,l’enjeu est tout autre. Contrôle du processus d’orientation,de régulation et de décision de l’évolution du monde à partir du monopole des secteurs avancés de la connaissance et de la créativité idéelle capitalistes. Faut-il pour autant condamner le " Modernisme " ? Rejeter tout ce qui vient de l’Occident,vivre en autarcie,loin du monde ? Une telle façon de voir serait-elle à même d’induire le développement des pays du Tiers-monde ?


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Réactions

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mercredi 27 octobre 2010 à 16h24, par  BENKAM

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invité(e) Posté le : 21/05/2009 12:59 Mis à jour : 21/05/2009 13:16
Re : Modernité, Coca Cola et Rai
Bonjour,

Pour répondre à ces questions,il faut reformuler la notion de Modernisme,la prendre non comme une fin en soi,mais comme processus menant à un authentique développement économique,social et culturel.
Pour ce faire,il est indispensable que les indépendances formelles cèdent le pas à l’instauration d’un État indépendant dont la caractéristique essentielle serait cette reconquête en profondeur du pouvoir de décision sur tous les plans et tous les domaines ressortissant à l’existence de la Nation. Nous désignerons un tel processus par le terme de "Modernité", L’échelle de référence est celle que déterminent les forces nationales de leur propre chef. Selon leurs préoccupations globales propres.
La modernité serait donc, à l’inverse du Modernisme,l’ensemble des moyens permettant d’arriver à un haut degré d’industrialisation alliant la technique de pointe à une authentique culture nationale "moderne". Elle puiserait ses sources du patrimoine culturel,un patrimoine enrichi,rénové,ouvert au monde,mais dans l’essence serait avant tout nationale.
Certaines formes d’expression artistique en témoignent.
Le RAï en Algérie,phénomène qui semble nouveau et qui embrasse dans sa mouvance une grande partie de la jeunesse. Genre musical en vogue,drainant avec lui un comportement spécifique,une nouvelle façon d’appréhender la vie,d’extérioriser le mal de vivre,reflétant les aspirations et les rêves d’une nouvelle génération. Le Raï emprunte son rythme à la culture populaire,ses métaphores rendent compte des différentes représentations du terroir. Le look artistique s’est cependant occidentalisé :instruments modernes,synthétiseur,batterie,guitare électrique…l’enthousiasme qu’il suscite,les fans qu’il attire ne sont pas différents de l’atmosphère qui entoure les groupes rocks ou disco ailleurs. Dans une très large mesure,il y a quelque chose de nouveau.
Le risque majeur du Raï réside dans son incapacité à se renouveler. Pour le profane,il s’agit toujours du même rythme,les mêmes paroles reviennent. La jeunesse y adhère actuellement,mais elle se lasse très vite,c’est là son défaut et sa vertu.

Suite de l’article du même lecteur (A.B.A)


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invité(e) Posté le : 21/05/2009 14:59 Mis à jour : 21/05/2009 15:09
Re : Modernité, Coca Cola et Rai
Dans le comportement social de l’algérien apparaissent des phénomènes nouveaux qu’il faudrait appréhender peut-être de façon sérieuse. La "Tchi-tchi", les "Bouhis",….Ces nouvelles "catégories" sociales sont le reflet d’une façon de vivre nouvelle. L’occident a eu ses hippies,ses punks,le Tiers-monde crée ses modèles. On s’en réjouit,mais il faut faire attention au mimétisme. Seule une étude sérieuse de ces phénomènes peut répondre à la question de savoir si ces modèles ne sont pas en fait le reflet d’un modèle importé,revêtu d’une couleur local trompeuse.
Reste cependant que ces moyens d’expressions sont spontanés et ne concernent pas l’ensemble de la société. Seule une politique culturelle nationale serait à même d’induire un développement harmonieux et de promouvoir une société à l’abri des tentations de l’Occident. ;-confus
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invité(e) Posté le : 21/05/2009 15:52 Mis à jour : 21/05/2009 17:12
Re : Modernité, Coca Cola et Rai
la modernité est dans les tetes. Elle n,existe pas dans les tetes des habitants des régions sous developpées. Nous subissons la dynamique des pays et peuples modernes , et au mieux nous essayons de les mimer. Mais comme on est pauvre, et absence de democratie, Il n’y aura jamais modernisme chez nous. Nous resterons une societeé en décriitude. Nous somme et resterons des charlatans. Il n’y aura ni sursaut social, ni sursaut ecomnomique , ni dans les moeurs , ni aucune espece de revolution engagée par nous memes. Nous vivons dans une ambiance tribale et primitive. Le rai n’est pas nouveau , il a toujours existé dans l’ouest algérien. Et nul chez nous n,est capable d’une IDÉE revolutionnaire dans aucun aspect de notre vie.
Regardonsjuste nos creations : Nulles, fades , moribondes, oiseuses, et plates.
Notre victoire contre la RFA ou le succés de Morcelli nordine nous aveuglent.


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invité(e) Posté le : 21/05/2009 15:42 Mis à jour : 21/05/2009 15:51
Re : Modernité, Coca Cola et Rai
Les tentatives d’intégration sont pernicieuses. Elles sont présentes dans la nature même des relations internationales. La communauté internationale, au-delà des États disparates qui la constituent, obéit aux lois du capitalisme international et défend ses valeurs les plus sacrées. Le mode de fonctionnement de cette communauté reflète les représentations que se fait la métropole des rapports humains. Les relations individuelles capitalistes sont transposées au niveau international. Les acteurs sont des États,mais ils se meuvent dans les schémas occidentaux de comportement.
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invité(e) Posté le : 21/05/2009 16:25 Mis à jour : 21/05/2009 17:13
Re : Modernité, Coca Cola et Rai
Le dessein du capitalisme international est avant tout économique. Créer un espace capitaliste où tous les États auraient un rôle précis,conçu à l’avance. La communauté internationale doit être à l’image de l’Occident. Le Modernisme ne serait en fait qu’un moyen de cette politique. Il faut que les pays du Tiers-monde se modernisent pour être à même de répondre aux exigences du capitalisme.

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