N’bâa (La source)

La localité de Bouafroune (Oudjana/Jijel) recèle maintes sources. La plus célèbre était celle nommée N’bâa, sise au lieu dit El-Hriyaika. De son mince filet d’eau douce, hiver comme été, pour leurs besoins de consommation ou managers, les riverains y remplissaient difficilement cruches et récipients en utilisant de rudimentaires moyens. Il fallait donc la valoriser pour améliorer un tant soit peu les conditions d’approvisionnement de la population. En 1951, M.Barier, administrateur de la commune mixte de Taher, chargeait Ahmed-Lakhdar BOUBRIM (1) de la construction d’un réceptacle et d’une fontaine avec bassin.
A l’issue des travaux, l’eau coulait à jet continu, s’égouttait et se perdait dans la nature, obligeant les différentes factions de la mechta sus-citée d’ériger à l’aide de pierres et d’argile en contrebas une retenue d’environ 30m3 pour les besoins de l’agriculture.
Cette infrastructure qui facilitait le captage, d’où la disponibilité du précieux liquide, donnait un allant aux agriculteurs pour l’élevage bovin et caprin, en encourageant aussi l’arboriculture. Dès lors, vergers et espaces cultivables devenaient forts nombreux. Ces activités étarquaient cette contrée parmi les premières localités de la commune.
L’eau stockée était distribuée à travers un circuit primaire, selon un programme arrêté d’un commun accord entre les habitants. Sans l’eau, il n’était pas certain que ce bourg eut connu une telle prospérité avant le chaos d’il y a plus de deux décennies à cause des dissensions tribales résultantes de l’égoïsme des uns, l’entêtement des autres, après la baisse sensible du débit de la fontaine qui provoquera de sérieuses perturbations dans le calendrier répartiteur de l’eau qui, ne répondait plus aux éxigences de l’irrigation, en été surtout.
Faute de consensus, et sans souci des conséquences, la retenue fût détruite. Du coup, c’est presque toute l’agriculture qui subissait de plein fouet le poide de cette incommensurable bêtise.
De nos jours, en dépit du raccordement de la quasi-totalité des foyers au réseau d’alimentation en eau potable (A.E.P), les gens continuent de s’alimenter de cette source en raison de son eau sapide. Enfin, les noms de l’administrateur et du constructeur demeurent gravés sur la plaque commémorative (voir photo).
M.F.TOUMI.
Note : (1) - Ahmed-Lakhdar Boubrim, natif de Tablalt/Taher/Jijel.,



Réactions