Ouyahia au secours de la France

lundi 9 janvier 2012
par Nadjia Bouaricha
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Ahmed Ouyahia invite Erdogan à « cesser de faire de la colonisation française de l’Algérie un fonds de commerce ». Le Premier ministre a rapellé que la Turquie s’est prononcée contre l’indépendance de l’Algérie de 1954 à 1962 .

Il est apparemment de bon ton que nos dirigeants se mettent à lancer des signes de « bienveillance » envers l’Etat français. Sarkozy ne pouvait sûrement pas trouver meilleure défense contre l’attaque du Premier ministre turc l’appelant à balayer devant sa porte avant de criminaliser le génocide arménien, que celle que lui a offert hier le Premier ministre algérien, Ahmed Ouayhia.

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FONDS DE COMMERCE

Ce dernier, qui n’a pas adopté le ton de la neutralité et encore moins donné la part belle au sens de la mesure vis-à-vis de deux belligérants d’une polémique née entre deux pays que sont la France et la Turquie, choisit de s’en prendre à l’un des deux Etats qui est la Turquie l’invitant à « cesser de faire de la colonisation de l’Algérie un fonds de commerce ». Le secrétaire général du RND, mais surtout Premier ministre, qui n’a pas trouvé « opportun » de critiquer la colonisation française et rappeler les horreurs subies par le peuple algérien du fait de 132 années de colonisation, a choisi de s’attaquer à la seule Turquie qui a « osé » rappeler à la mémoire ces horreurs dont ont été victimes les Algériens. « Personne n’a le droit de faire du sang des Algériens un fonds de commerce », dit-il en invoquant à son tour l’histoire pour rappeler que « la Turquie, qui était membre de l’OTAN, pendant la guerre d’Algérie, et qui l’est encore, avait participé, de par sa qualité de membre de cette Alliance, à fournir des moyens militaires à la France, dans sa guerre en Algérie, au moins par l’achat d’une bombe larguée en Algérie ou d’une balle tirée contre des Algériens ».

Ceci et de noter que la même Turquie « avait voté contre la question algérienne de 1954 à 1962 ». Ne s’arrêtant pas à cette page de l’histoire, Ahmed Ouyahia, et comme pour enfoncer davantage les Turcs, souligne que « la flotte militaire algérienne ayant pris part à la bataille de Navarin, en 1827, opposant les Ottomans à la coalition militaire française, anglaise et russe, a été entièrement détruite… Même le dey Hussein (dey de la régence d’Alger au moment du débarquement des troupes militaires française à Alger en 1830) avait quitté le pays trois jours après l’invasion d’Alger par les troupes militaires du roi Charles X ». Au-delà des faits que l’histoire et les peuples ont le loisir de juger la sortie, peu mesurée d’Ouayhia, est sans conteste un signe de faveur adressé à l’Etat français en ces temps où il est important pour le régime de s’attirer des soutiens extérieurs, notamment de cet ancien colonisateur qui veut garder une influence certaine sur ses anciennes colonies. Outre ses attaques contre la Turquie qui ouvrent un front de discorde avec un pays qu’il qualifie pourtant « d’ami », Ouyahia enfonce le clou en citant la tentative avortée d’une loi criminalisant la colonisation française en Algérie. Il estime qu’une telle loi serait « une carte politique, pas plus » et qu’elle serait un « désaveu aux dirigeants algériens depuis 1962 qui n’avaient pas élaboré une telle loi ». Et d’ajouter : « Défendre la révolution passerait par l’édification d’une Algérie forte. »

Ainsi, pour Ouyahia, il faut des conditions pour défendre son histoire ! Le Premier ministre assimilerait-il la faiblesse actuelle du régime comme celle de l’Algérie ? Quand nos dirigeants cesseront de confondre régime et Etat ce ne sera que salutaire pour l’Algérie qui n’a heureusement pas à rougir de son histoire et encore moins de sa belle révolution contrairement au régime qui, lui, a toutes les raisons du monde d’aller quémander le satisfecit des puissants du monde. Après les regrets à peine voilés, prononcés à l’Assemblée française, du ministre des Affaires étrangères, de ne pas faire partie de l’Union européenne « à cause » de l’indépendance de l’Algérie, le Premier ministre offre une nouvelle tribune à Nicolas Sarkozy pour toiser d’un œil indifférent la mémoire de la guerre de Libération nationale.

El-Watan


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Réactions

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lundi 9 janvier 2012 à 03h56, par  Noureddine Kias

Alors, l’un ou l’autre ?

Alger veut criminaliser le colonialisme français

NOUVELOBS.COM | 07.02.2010 | 17:59

Une proposition de loi soumise au parlement algérien prévoit la création de tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux et demande à la France excuses et indemnités.

Le maire d’Alger Jacques Chevallier, ici en compagnie de paysans algériens, était favorable à des réformes pour améliorer les conditions politiques et sociales des musulmans en Algérie (1954) (AFP)

Le parlement algérien envisage d’adopter une loi criminalisant le colonialisme français (1830-1962), a indiqué, dimanche 7 février, un député du Front de libération nationale (FLN). "Une proposition de loi criminalisant le colonialisme français a été déposée le 13 janvier au bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du parlement). Le projet sera soumis au gouvernement avant d’être adopté par le Parlement probablement lors de la session de printemps", a déclaré à Alger Moussa Abdi, député du FLN (conservateur), au cours d’un débat au Forum du quotidien El Moudjahid (gouvernemental).

Cette proposition de loi a été signée par 125 députés de différents partis, notamment le FLN, le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, le Mouvement pour la société de la paix(MSP, islamiste) et El Islah, a indiqué Moussa Abdi.

"Injuste par nature"

Le FLN, le RND et le MSP forment l’Alliance présidentielle, largement majoritaire au Parlement. "Nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux", a précisé Moussa Abdi à l’AFP. Les représentants du MSP et du parti Islah (réforme, islamiste) ont demandé à la France de "présenter ses excuses pour la période coloniale et d’indemniser le peuple algérien".

Lors d’une visite en Algérie en décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait fermement dénoncé le système colonial "injuste par nature". Mais le président français refuse toute idée de "repentance", estimant qu’il s’agit d’une forme de "haine de soi" et de "dénigrement" de son pays.
(Nouvelobs.com avec AFP)

dimanche 8 janvier 2012 à 15h48

Nos gouvernants ne pouvant défendre la mémoire de leurs compatriotes et la dignité de ceux qui sont morts pour que vive l’Algérie indépendante, ne manquent jamais l’occasion de montrer leur dévouement et leur soumission aux français, aux américains, leurs maitres d’hier et de toujours……Pauvre Algérie…..Tous nos remerciements à la turquie et ses dirigeants qui ont au moins osé dénoncer les crimes commis par l’occupant français, quant aux nôtres ils ont peur de provoquer la colère des puissants de ce bas monde. Un lecteur

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