PORT DE JIJEL, Ou comment donner une âme à des embarcations

Il est seize heures du côté de la petite entreprise de construction de bateaux de pêche. Plusieurs embarcations de différent gabarit, peut-être une dizaine entre celles en construction et celles en réparation. Le soleil de l’après midi n’a pas perdu de son dard. Messaoud, l’aîné des quatre garçons du patron de l’atelier de préparation des bateaux, Bouhenna Saïd, est au travail. L’ossature d’un futur sardinier à même le quai attend d’être mise en place. Dix personnes sont employées par l’entreprise entres autres des apprentis attirés par cette activité. « C’est un métier difficile physiquement et moralement. Il demande beaucoup d’efforts et d’énergie », précise Messaoud. Lui et le reste de sa fratrie, ont opté pour cette profession par le biais du « paternel ».
Celui-ci a été menuisier à Bou Ismail, dans l’Algérois. « Comme à Bou Ismail on a une tradition de construction de bateaux de pêche, il a embrassé ce métier après une formation à l’ ENAPECHE et l’ECOREP et est venu à Jijel s’y consacrer ». Le bois utilisé pour la construction des bateaux « est d’origine locale, à l’image du chêne zen, l’eucalyptus et le pin maritime mais aussi étrangère en provenance d’Afrique, d’Asie et du Canada », explique Messaoud en train de finir le sardinier de 16 mètres dont il a commencé la construction il y a six mois. Chalutiers, sardiniers, petites barques, esquifs attendent soit d’ être restaurés et remis à neuf, soit d’être assemblés avant une mise à l’eau et un départ vers le large et les longues heures de pêche. L. N. Horizon



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