Paroles historiques

mardi 9 juin 2009
par BENKAM

L’AFRIQUE A TRAVERS LE TEMPS

Ecrire l’Histoire de l’Afrique n’est pas une tâche facile en raison du manque relatif de documents écrits. Les seuls documents relativement anciens qui existent sont l’oeuvre d’auteurs musulmans tels qu’El Bekri, Ibn Khaldoun, Ibn Batouta, Abderrahmane Es-Saadi et El Idrissi. Mais cela reste quand même insuffisant. Que faut-il faire dans ce cas ? la réponse est connue depuis plus de cinquante ans déjà.

En plus des vestiges archéologiques et paléontologiques dont l’examen s’avère déterminant dans la connaissance du passé,les chercheurs se sont mis à accorder davantage d’intérêt pour tout ce qui relève de l’oralité.

L’Africain,ignorant l’écriture généralement,a de tout temps affiné sa parole en la chargeant de poésie,de symboles et de points de repère à même de pérenniser les moments importants de son passé. L’Africain de l’antiquité ignorait les livres et les bibliothèques,mais il a su pallier ce manque en devenant lui-même un livre,car il enregistrait religieusement tout ce que son père lui disait afin de transmettre à ses enfants qui en faisaient de même avec leur progéniture et ainsi de suite. Les contes,les légendes,les récits anciens et les proverbes sont certes sujets aux fluctuations et déformations du temps mais en les examinant de très près,on constate que chaque mot,chaque détail,chaque métaphore peuvent cacher des vérités historiques,des dates et des événements importants que l’on ne soupçonne pas de prime abord. Lorsque,par exemple,un conte algérien met en scène un lion ou une femme s’entretenant avec la lune,on ne peut que rendre hommage au génie populaire qui l’a enfanté et par le biais duquel on apprend qu’autrefois les lions faisaient partie de la faune algérienne et que la lune autrefois,en vertu des croyances animistes,était considérée comme un être vivant. En 1924,un explorateur hangrois a passé au Congo un long séjour au cours duquel il a noté tout ce que la tribu des Bu-Chongo a bien voulu lui raconter.Il était question,dans les récits,de rois qui s’étaient succédé et des événements importants qui avaient marqué leurs règnes respectifs. Tout cela était égrené avec moult précisions sans qu’à aucun moment une date ne soit donnée. C’était bien gênant,car l’histoire,avant tout,c’est des dates.Et puis soudain,un des informateurs dit que durant le règne de Bo-Kama Bomantchala le 98e roi des Bu-Chongo,le soleil disparut momentanément en plein jour ! Ce détail de l’éclipse est apparemment insignifiant,mais lorsque l’explorateur eut effectué de longues et minutieuses recherches,il découvrit que ce phénomène astronomique avait eu lieu le 30 mars 1680 ! Autrement dit,la transmission orale a permis aux Bu-Chongo de "se souvenir" d’un événement qui s’était produit plus de deux siècles plus tôt ! De plus,si l’année 1680 correspond au 98e roi, à quels siècle et année correspond le premier ? Et jusqu’où les paroles transmises de bouche à oreille peuvent-elles nous entraîner à reculer dans le temps ? L’Africain est si attaché à son passé que lorsqu’on lui demande son nom,par exemple,il l’exhume de manière spectaculaire comme le faisait un érudit de l’université de Tombouctou au 16e siècle et qui aimait se présenter en disant qu’il était Ahmed Ben Ahmed Ben Ahmed Ben Omar Ben Mohamed Akit Ben Omar Ben Ali Ben Yahia Ben Koutalata Ben Bekr Ben Mik Ben Zak Ben Yahia Ben Tachata Ben Tabkar Ben Hiran Ben El Badjard Ben Omar Ben Abou Bekr Ben Omar El Lameci. Cette longue liste nominative s’étale sur quarante mots ! Ce procédé est propre aux peuples à culture orale. Son but est de situer les individus dans le temps en dressant leur arbre généalogique et celui de leurs ancêtres. Il nécessite un effort mental hors du commun. Mais c’est un effort nécessaire,car de lui dépend la survie du passé et la mémoire de ceux qui l’ont peuplé.

ABA.


Noter cette article :
bottom

Réactions

Logo de BENKAM
mercredi 27 octobre 2010 à 23h19, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 10/06/2009 11:24 Mis à jour : 10/06/2009 11:35
Re : Paroles historiques
Avant que les sociologues ne nous le rappellent,n’était-ce pas déjà l’enseignement majeur de la culture africaine ? Sans céder à notre tour à l’ethnocentrisme,qu’il nous suffise d’en évoquer quelques traits irréfutables. L’idéal communautaire qui l’anime est aux antipodes de cette conception élitiste.
La culture africaine a beaucoup ignoré par ailleurs l’esthétisme gratuit,la recherche de l’art pour l’art et le cloisonnement étanche entre les activités de l’esprit et celles du corps. Par un mode d’appropriation global du monde,elle échappe à la la dichotomie qu’on déplore souvent dans la civilisation occidentale entre une vision idéaliste et une mainmise utilitaire et brutale sur les choses. Elle lie spontanément l’homme à la nature,l’individu au groupe,le passé au présent,la pensée à l’action.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 10/06/2009 12:36 Mis à jour : 10/06/2009 12:42
Re : Paroles historiques
Ainsi,cette culture nationale est-elle autant attachée aux comportements présents et à venir qu’aux œuvres accomplies. Elle doit donc être associée à l’ensemble des idées que l’homme entreprend pour maitriser son environnement et sa propre vie.
Elle contribue d’abord à l’émancipation de l’individu par la capacité de réflexion et de compréhension qu’elle lui confère. La maitrise de sa propre culture lui permet de porter un regard à la fois personnel et distancié sur son héritage,d’en dresser un inventaire critique. Il assume dès lors la responsabilité d’un choix : à lui d’élucider les éléments irrationnels qui l’oppriment,d’écarter les traditions caduques comme les intrusions étrangères artificiellement plaquées,de se libérer des préjugés qu’il a jusque-là passivement endossés. A lui aussi de fertiliser le présent par ce qu’il découvre de plus authentique et de plus fort dans la personnalité nationale.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 10/06/2009 21:08 Mis à jour : 10/06/2009 21:33
Re : Paroles historiques
La culture est aussi un instrument de libération par le savoir-faire qu’elle tire d’un savoir,par les forces créatrices qu’elle puise dans le génie autochtone et qu’elle revivifie. " L’artiste ou l’ingénieur retrouve et perfectionne les gestes de l’artisan,le poéte ou le romancier prolonge la voix du conteur" ;en tout homme renait le goût de s’affirmer et de créer,sans avoir à rougir de ce que son peuple fut. Or,cette confiance en soi et cette créativité sont devenues indisponsables dans un monde dont l’évolution de plus en plus rapide requiert un constant effort d’adaptation et d’invention.
Il est bien évident que cette émancipation de l’individu est totalement solidaire du développement national. Sans se perdre dans les cent cinquante définitions que compterait le mot "culture",qu’on se contente de revenir à l’acceptation originelle : action de cultiver la terre autant que celle de mettre en valeur nos capacités intellectuelles et spirituelles. Il serait d’ailleurs vain de séparer développement moral et développement économique. C’est lorsqu’il est libéré de ses préoccupations de subsistance et que ses tâches matérielles sont allégées que l’homme peut songer à exercer son esprit et à parfaire ses connaissances. Réciproquement,c’est grâce à celles-ci qu’il assure sa souveraineté sur le monde. Ici encore,la culture nationale doit affirmer ses vertus propres. Elle seule permettra de résister à l’identification hâtive du développement au modéle occidental,alors même que ce modéle donne des signes d’essoufflement dans sa propre aire d’origine et révèle ses tares : mépris des besoins et des rythmes naturels,destruction de l’environnement,assimilation du progrés à des niveaux de vie artificiellement déterminés.
B.B.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 10/06/2009 22:04 Mis à jour : 10/06/2009 22:06
Re : Paroles historiques
Il faut :

- Ouverture aux autres cultures avec discernement et sans complexe,car il est non seulement impossible,désormais,de vivre en vase clos dans un monde où les moyens de communication et d’information annulent les frontières,mais parce qu’il ne peut y avoir de progrès sans échanges et sans métissages.

- Ouverture aussi à tous les aspects positifs de la modernité pour participer de façon responsable à la maîtrise scientifique et technique de la matière,pour éviter que les technocrates et autres spécialistes ne nous confisquent le sens d’un univers de plus en plus artificiel,mais de ce fait même conçu et façonné par l’homme et donc plus accessible à sa compréhension.

- Ouverture enfin à toutes les réalités pratiques : car la culture pour un Africain d’aujourd’hui c’est aussi bien le pouvoir de réparer une voiture ou d’interpréter les statistiques que celui de retrouver un rythme ancestral ou de s’exprimer dans sa langue.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 11/06/2009 21:49 Mis à jour : 11/06/2009 21:52
Re : Paroles historiques
Qui n’a vibré aux vieux contes qui font flamber la mémoire ? Qui n’a jamais tenté de vivre les légendes et méditer les énigmes ?

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 11/06/2009 21:58 Mis à jour : 11/06/2009 23:09
Re : Paroles historiques
Un écrivain,Camara Laye,s’est fait depuis longtemps le patient écouteur des splendides palabres. Il faut lire "Le maître de la parole", et "Le regard du roi", Deux authentiques chefs-d’oeuvre.
Pour Camara Laye,l’Afrique n’a pas laissé d’archives. Tout était proclamé de vive voix. Un roi au Burundi,semble-t-il,se baladait avec la constitution,les lois inscrites en signes sur son corps : premier témoignage de l’écrit…

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 12/06/2009 16:06 Mis à jour : 12/06/2009 16:10
Re : Paroles historiques
Camara Laye a retrouvé le maillon qui manquait au destin de l’Afrique. Ce maillon c’est le verbe,le chant,la mémoire collective à la lisière des légendes anciennes. Il a recueilli les épopées Mandingues qui décrivent la splendeur de l’Empire du Mali,au 14 ème siècle. Comme lui Amadou Hampaté Bâ collait son oreille à l’histoire des peuples du Haut-Niger. Alors que Djibril Tamsir Niane se consacrait à retrouver les traces de l’illustre Soundjata,l’homme aux noms multiples,qui ne craignait pas les sortilèges…

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 12/06/2009 18:59 Mis à jour : 12/06/2009 19:34
Re : Paroles historiques
Citation :
Un écrivain,Camara Laye,s’est fait depuis longtemps le patient écouteur des splendides palabres. Il faut lire "Le maître de la parole", et "Le regard du roi", Deux authentiques chefs-d’oeuvre.

Merci pour cette orientation, je tacherai de trouver ses deux ouvrages pour avoir une idée

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 13/06/2009 16:05 Mis à jour : 13/06/2009 17:09
Re : Paroles historiques
D’autres écrivains encore sont allés trainer sur les terres anciennes. Amos Tutuola,écrivains Yorouban,a repris les contes de ses propres ancêtres,et dans un magnifique ouvrage. "Arrow of god" (flèche de Dieu).
Chinua Achebe a eu la grande et légitime ambition de reconstituer toute l’histoire culturelle de Nigéria.
Les livres scolaires honoreront un jour tous ces précurseurs. Déjà des recueils sont parus. Celui de Tchicaya U Tam’Si (légendes africaines) est un torrent de délices,une fresque vivante.
Légendes : mode de vie nocturne.
Manby Sidibé (contes de savanes) rapporte que raconter des histoires le jour serait,selon la croyance populaire,provoquer la mort d’un parent,du père et surtout de la mère…
Tout se passe donc la nuit. Obscurité propice aux ruses,au silence.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 13/06/2009 18:30 Mis à jour : 13/06/2009 18:34
Re : Paroles historiques
Berceau d’anciennes civilisations,l’Afrique n’apparaît plus aujourd’hui comme sans passé,sans mémoire. Avec la parution des premiers volumes de "l’Histoire générale de l’Afrique",publiée en coédition par l’UNESCO,avec la collaboration des spécialistes du monde entier et en particulier des Africains,les idées préconçues,les mythes et les préjugés s’effacent,tout un continent auquel,depuis des siècles,l’on a dénié un passé,retrouve son histoire et ses traditions. l’Afrique,patrie de l’homme,montre enfin son vrai visage.
Pour la première fois,notamment,et grâce à l’UNESCO et à son directeur général,l’étude du rayonnement et de l’expansion extraordinaire de l’Islam en Afrique est abordée avec sérieux et objectivité.
La publication de "L’Histoire générale de l’Afrique" est d’autant plus appréciée qu’elle intervient à un moment où,il faut l’avouer, les structures traditionnelles et leurs expressions,quelles que soient les formes revêtues,subissent la pression d’une évolution imparfaitement contenue par suite notamment de l’absence de maîtrise des solutions qui devraient être apportées aux problèmes nés des séquelles de la colonisation.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 13/06/2009 18:49 Mis à jour : 13/06/2009 19:03
Re : Paroles historiques
La connaissance du passé,de tout le passé,avec ses lumières et ses ombres,permet une conscience aiguê de l’identité,à même d’affronter,sans démagogie aucune,avec sérieux,gravité,et sens de responsabilités,les problèmes de l’affirmation de l’indépendance et du vrai développement qui se posent aujourd’hui,avec d’ailleurs d’autant plus d’acuité que les vraies solutions ne sont pas toujours réellement esquissées. Partout dans le tiers Monde,surtout au niveau de ceux qui détiennent autorité et responsabilité,il faut - le temps ne jouant pour personne - s’attaquer à ces vrais problèmes,refouler parfois un certain nombre de rêves au plus profond de soi-même,nul ne possédant le monopole de l’intelligence,de la sagesse et de la connaissance des vraies aspirations populaires. On est jugé sur les résultats obtenus dans la lutte contre l’ignorance et la maladie,pour l’élévation du niveau de vie et le bien-être de tous.
D.B.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 13/06/2009 20:47 Mis à jour : 13/06/2009 21:24
Re : Paroles historiques
Bonsoir,

En fait, il n’est pas question d’une histoire des événements mais de celle vue de l’intérieur,des civilisations,des institutions,des sociétés , des techniques agraires,industrielles,commerciales,des courants philosophiques,des rapports entre les différents peuples,des phénomènes liés à la colonisation et à la période contemporaine.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 14/06/2009 11:41 Mis à jour : 14/06/2009 11:42
Re : Paroles historiques
D’une manière générale,toutes les civilisations africaines,des plus anciennes comme celle de l’Egypte et de Kouch aux plus récentes,en passant par celles de Carthage et des Etats libyco-berbères,contribuèrent à la transformation du continent jusqu’en 1880,juste avant la conférence de Berlin qui va décider du partage de l’Afrique entre les puissances européennes. La suite est connue. Mais, c’est avec un vif intérêt et passion que les historiens complétent aujourd’hui leurs études et recherches sur les fameux royaumes du Soudan,du Ghana,du Mali,du Songhay,du Kanem,du Benin,des Zandj sans oublier la civilisation de l’Afrique orientale où les poètes écrivaient au moyen de caractères arabes modifiés.
La civilisation musulmane,il y a plus de 1000 ans,a donné au monde moderne naissant les germes de son épanouissement a aussi profondément marqué l’évolution historique de l’Afrique.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 14/06/2009 14:06 Mis à jour : 14/06/2009 16:26
Re : Paroles historiques
Dans l’importante préface de "l’histoire générale de l’Afrique" (Huit volumes), le Directeur général de l’UNESCO, met l’accent sur l’importance de cet ouvrage pour l’Afrique et pour le monde entier ; sur la nécessité de faire connaître un patrimoine culturel bien de toute l’humanité,à un moment où les peuples d’Afrique combattent pour s’unir et forger ensemble un destin solidaire.
Le DG de l’UNESCO rappelle que " Longtemps,mythes et préjugés de toutes sortes ont caché au monde l’histoire réelle de l’Afrique. Les sociétés africaines passaient pour des sociétés qui ne pouvaient avoir d’histoire. On se limitait en écrivant l’histoire d’une grande partie de l’Afrique à des sources extérieures à l’Afrique,pour donner une vision non de ce que pouvait être le cheminement des peuples africains,mais de ce que l’on pensait qu’il devait être. Le "Moyen-Age" européen étant souvent pris comme point de référence,les modes de production,les rapports sociaux comme les institutions politiques n’étaient,perçus que par référence au passé de l’Europe. En fait,on refusait de voir,en l’africain,le créateur de cultures originales qui se sont épanouies et perpétuées,à travers les siècles,dans des voies qui leur sont propres et que l’historien ne peut donc saisir sans renoncer à certains préjugés et sans renouveler sa méthode."

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 14/06/2009 20:34 Mis à jour : 14/06/2009 20:56
Re : Paroles historiques
De même,le continent africain n’était presque jamais considéré comme une entité historique. L’accent était,au contraire,mis sur tout ce qui pouvait accréditer l’idée qu’une scission aurait existé,de toute éternité,entre une "Afrique blanche" et une "Afrique noire" ignorantes l’une de l’autre.
On présentait souvent le Sahara comme un espace impénétrable qui rendait impossible des brassages d’ethnies et de peuples,des échanges de biens,de croyances,de moeurs et d’idées,entre les sociétés constituées de part et d’autre du désert. On traçait des frontières étanches entre les civilisations de l’Egypte ancienne et de la Nubie,et celles des peuples sud-sahariens.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 15/06/2009 10:21 Mis à jour : 15/06/2009 10:34
Re : Paroles historiques
Certes,l’histoire de l’Afrique nord-saharienne a été davantage liée à celles du Bassin méditerranéen que ne l’a été l’histoire de l’Afrique sud-saharienne,mais il est largement reconnu aujourd’hui que les civilisations du continent africain,à travers la variété des langues et des cultures,forment,à des degrés divers,les versants historiques d’un ensemble de peuples et de sociétés qu’unissent des liens séculaires.

Logo de BENKAM
mercredi 27 octobre 2010 à 23h18, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/06/2009 22:43 Mis à jour : 09/06/2009 22:55
Re : Paroles historiques
Bonsoir,
Ce sont les Romains qui ont donné à la Tunisie actuelle le ce nom d’Afrique qui veut dire en langue locale : habitants des grottes. "Afer" veut dire grotte. C’est fort possible que Beni "Afer" vient du berbère ancien. comme beni "Felkai", Beni-"Zoundai", Beni "Ourtilane", etc

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/06/2009 22:44 Mis à jour : 09/06/2009 22:57
Re : Paroles historiques
Mais les menaces d’aliénation culturelle n’ont pas disparu avec le colonialisme . C’est aujourd’hui la supériorité économique et technique de l’Occident qui tend à imposer comme référence universelle ses concepts et ses modes de vie ;lesquels sont largement véhiculés par les médias et parés des séductions faciles de la société de consommation. Certes,il n’est plus question de nier nos cultures.Il s’agit plutôt pour la civilisation occidentale de les absorber,comme furent absorbés,chacun au moment opportun,la pensée arabe ou l’art négre ;il s’agirait plutôt de les assimiler et de les fondre dans une sorte de "meltingpot" où l’Occident se réserve le droit de synthèse et d’orchestration. N’éprouve-t-on pas souvent avec malaise le sentiment que,par le biais de l’universalité,s’opére une autre forme de mainmise ? Qu’il y ait ou non récupération volontaire,il semble que la spécificité de nos cultures et leur vigueur se perdent dans cet insipide électisme.

Un lecteur.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/06/2009 23:12 Mis à jour : 09/06/2009 23:17
Re : Paroles historiques
Citation :
Les contes,les légendes,les récits anciens et les proverbes sont certes sujets aux fluctuations et déformations du temps mais en les examinant de très près,on constate que chaque mot,chaque détail,chaque métaphore peuvent cacher des vérités historiques,des dates et des événements importants que l’on ne soupçonne pas de prime abord

Bien dit monsieur ABA
j’ai eu le plaisir d’entendre récemment un récit local et après virification j’ai constaté qu’il parle d’une personnalité locale du 19 siècle (1800)

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/06/2009 23:43 Mis à jour : 09/06/2009 23:50
Re : Paroles historiques
Aussi ne pouvons-nous attendre que de nous-mêmes leur vraie réhabilitation et la pleine restitution de leurs sens dans leurs propres contextes. A notre enseignement revient le rôle primordial de leur redonner une juste place et d’en restaurer les outils ;à nos médias celui de les diffuser et de leur rendre une large audience auprès de nos peuples ;à nos intellectuels et à nos artistes de les rendre à nouveau fécondes.
Or,il ne s’agit pas là d’une pieuse entreprise d’archéologues. "Le mot culture continue à désigner trop souvent dans l’esprit du grand public la connaissance d’un héritage d’ordre essentiellement spirituel et intellectuel. Au mieux,en ferait-on un blason de la dignité collective,au pire,un objet de consommation ou un critère de destruction sociale." On arborerait sa culture à l’instar d’un titre de noblesse ou d’une décoration.
Il est bien évident qu’on ne peut s’en tenir à cette conception traditionnelle et statique. Si la culture,en tant que façon de penser et de s’exprimer,inclut la vision plus ou moins idéalisée du passé,le rite,le mythe et toute forme de sublimation,elle est aussi façon d’agir quotidiennement affirmée. Tout acte est pleinement culturel,fût-ce à travers le geste le plus simple,comme celui de manger ou de sourire.

Logo de BENKAM
mercredi 27 octobre 2010 à 23h18, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/06/2009 15:03 Mis à jour : 09/06/2009 15:05
Re : Paroles historiques
Le mot culture continue à désigner trop souvent dans l’esprit du grand public la connaissance d’un héritage d’ordre essentiellement spirituel et intellectuel. Au mieux en ferait-il un blason de la dignité collective,au pire un objet de consommation ou un critère de destruction sociale.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/06/2009 15:18 Mis à jour : 09/06/2009 15:41
Re : Paroles historiques
La culture, à la fois témoignage et levain de notre liberté, par laquelle s’affirme le pouvoir de l’homme sur lui-même et sur son environnement, constitue de nos jours,plus que par le passé, un enjeu capital.
Les puissances coloniales ne se sont pas méprises sur l’importance de l’enjeu : en mettant en première ligne de leur stratégie, l’occultation, voire le destruction des cultures nationales, elles ont essayé de briser les formes de communication à travers lesquelles s’élabore et se développe une conscience collective ; elles ont tenté de faire des peuples des foules sans âme et sans histoire. Imbues du sentiment de leur supériorité, elles ont d’abord vu dans les manifestations des cultures indigènes l’expression d’une mentalité "primitive et prélogique" ; au mieux n’y ont-elles trouvé plus tard qu’un aliment à leur curiosité esthétique ou ethnologique.

Auteur Conversation
Gimli Posté le : 09/06/2009 18:00 Mis à jour : 09/06/2009 18:01
Aspirant

Inscrit le : 10/05/2009
De :
Envois : 24 Re : Paroles historiques
Bravo, beau commentaire ! ;-Bravo

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/06/2009 20:12 Mis à jour : 09/06/2009 20:16
Re : Paroles historiques
Les préjugés eurent tôt fait de servir d’alibis à la substitution d’un système de valeurs et d’un modèle de comportements imposés par le colonisateur,et dont on ne peut même pas dire qu’il ait offert le meilleur visage de la culture nationale. Or,l’on sait que,pour être plus insidieuse,l’emprise culturelle n’en a pas moins des effets plus pernicieux et plus durables que la domination politique et militaire. Après des décennies d’indépendance,nous ne sommes pas encore totalement libérés de certaines attitudes de rejet à l’égard de nos propres civilisations ;des complexes d’infériorité continuent à paralyser les pouvoirs créateurs et entretiennent de douleureux malaises tant dans l’individu lui-même qu’au sein du groupe social. On n’est pas toujours parvenu non plus à combler le fossé que la politique coloniale avait creusé entre une élite gagnée à la culture dominante et une masse dont on se désintéressait,ses pratiques culturelles étant dévalorisées et progressivement vidées de leur substance.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 09/06/2009 21:31 Mis à jour : 09/06/2009 22:05
Re : Paroles historiques
Au webmaster. Je crois avoir lu dans une édition de Jeune Afrique, datant de l’année 1975, un petit encart, qui expliquait l’origine du mot Afrique, dans le sens que ce dernier est composé de deux syllabes : AFRI et QUE, allant signifier que les premiers habitants du continent sont les Beni 3afer de notre région. WA’ALLAHOU A3LAM. ;-confus

Brèves

9 juin 2011 - كتاب : "كذبة بيع الفلسطينين لأرضهم" للحاج أمين الحسيني

كتاب : "كذبة
tonimage tonimage

Top Articles