Phytothérapie : une médecine parallèle ancestrale

jeudi 29 septembre 2011
par Khelaf Benhadda
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La prudence reste de mise Retour n La phytothérapie a d’abord été marginalisée par la médecine moderne, mais elle semble marquer son retour aujourd’hui.

Les sympathisants de cette philosophie sont nombreux. Comme Antoine Rodriguez, un thérapeute français joint par nos soins, qui estime que la nature demeure un moyen fort et grandement efficace dans le traitement de plusieurs maladies auxquelles la médecine moderne a encore du mal à faire face.

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Lentisque

Ainsi, la phytothérapie, comme son nom l’indique, est un traitement (thérapie) par les plantes (phyto). L’histoire des médecines naturelles remonte aux origines de l’humanité. Depuis toujours, les hommes ont consommé les plantes non seulement pour se nourrir, mais aussi pour soulager leurs maux. Ce savoir s’est transmis de génération en génération pour parvenir jusqu’à nous. C’est donc l’une des plus vieilles médecines du monde car, depuis la nuit des temps, l’homme a su trouver dans les plantes ses ingrédients pour la beauté et pour guérir. Nos grands-mères savaient utiliser la camomille pour raviver les cheveux blonds, la rose pour éclaircir le teint et la bourrache pour nettoyer.

En effet, les plantes sont riches en minéraux et en oligo-éléments qui sont véhiculés par la sève. Leurs vertus thérapeutiques sont dues aux principes actifs localisés dans leurs différents organes : feuilles, fruits, fleurs, racines, rhizomes… Les plantes sont nombreuses, complexes, mais, au fil du temps, l’homme a appris à les apprivoiser.

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Aubepine

La phytothérapie a d’abord été marginalisée par la médecine moderne, mais elle connaît aujourd’hui un nouveau regain d’intérêt. La science a permis d’isoler certains composants actifs des plantes pour les étudier et a ensuite confirmé leurs propriétés curatives.

Toutefois, il reste encore un nombre considérable de composants non identifiés ce qui nourrit la méfiance de certains chercheurs à l’égard de la phytothérapie. Mais prudence, beaucoup d’utilisateurs des plantes médicinales pour se soigner ne savent pas comment s’y prendre. Or la phytothérapie présente aussi des risques, c’est pourquoi il ne faut jamais en négliger les précautions d’emploi.

Les conséquences de sa mauvaise utilisation sont graves et peuvent même être à l’origine de maladies. Il faut donc demander l’avis d’un professionnel avant d’y avoir recours.

Un complément incontestable

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Ortie piquante

Thérapeutique n Le développement de la phytothérapie n’a nullement pour but de se substituer aux médicaments de synthèse ou à la médecine conventionnelle. Bien au contraire.

Ces dernières années, de plus en plus de personnes fréquentent les magasins de vente de plantes médicinales dans l’espoir d’une guérison par la grâce de la nature, surtout si la médecine moderne s’est montrée, pour de multiples raisons, impuissante face au mal dont elles souffrent.

Cependant, ce qui inquiète le plus, c’est que certains citoyens recourent directement et ce, au premier bobo, à la phytothérapie sans en référer au préalable à un médecin ni faire les analyses biologiques nécessaires pour déterminer la maladie qui les affecte. Le Dr Salim Ouarabet, cardiologue, admet que la médecine naturelle ou médecine alternative comprend un large éventail de branches, y compris la phytothérapie, qu’elle est une pratique ancienne et fait partie intégrante de la médecine moderne, mais il avertit contre le risque qu’elle s’y substitue.

D’autres spécialistes mettent en garde aussi contre le fait que la plupart des plantes vendues ne sont pas soumises à des contrôles de qualité, d’autant que certaines d’entre elles peuvent être dangereuses avec souvent un effet rétroactif. Le Dr Mohamed Bekat Berkani, président du conseil de l’Ordre des médecins algériens, dans l’une de ses déclarations à la presse, signale que les herbes médicinales « peuvent être efficaces mais dans certains cas seulement », tels que un léger rhume ou une fièvre passagère. Il ajoute que certaines de ces plantes, même si elles sont d’extraction naturelle, peuvent représenter un réel danger pour le patient car pouvant contenir des composants toxiques inconnus et par le vendeur et par le patient.

Scrutant bien « ces avancées », une question s’impose : la phytothérapie constitue-t-elle un concurrent féroce et risqué pour la médecine moderne ? Non, s’accordent à dire les spécialistes. Pour Antoine Rodriguez, un phytothérapeute français exerçant à Paris à titre bénévole, la phytothérapie « est un appui pour la médecine moderne ». « Elles se complètent l’une l’autre », précise-t-il. Pour lui, la médecine moderne s’intéresse principalement aux effets, tandis que la phytothérapie axe sur les causes des maux. Pour le Dr Hachaichi, directeur médical de MagPharm, un laboratoire algérien de production et de commercialisation des produits touchant à la phytothérapie, contacté par InfoSoir, « le développement de la phytothérapie n’a nullement pour but de se substituer aux médicaments de synthèse ou à la médecine conventionnelle. Bien au contraire, ils sont là pour enrichir l’arsenal thérapeutique du médecin et du pharmacien et assurer la prise en charge la mieux adaptée et la plus adéquate à chaque profil de patient (…) Actuellement, les praticiens en Algérie et un peu partout dans le monde font de plus en plus appel aux médicaments à base de plantes dans la prise en charge de leurs patients, car ils voient en cette thérapeutique un complément incontestable à la médecine conventionnelle ».

A la recherche du remède miracle

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Menthe

Espoir n Beni Tamou, paisible localité de la wilaya de Blida, est réputée pour être la pierre angulaire de médecins phytothérapeutes.

On vient de partout pour se soigner à Beni Tamou, une localité où, en effet, sont installés la plupart, si ce n’est la totalité, des 57 « commerçant-médecins » recensés dans la wilaya de Blida par le Centre national du registre du commerce. En effet, Beni Tamou est la destination privilégiée des patients à travers le territoire national. Il suffit de souffler un mot comme « el-aàchab » à Blida ou même dans les wilayas environnantes pour se voir orienter vers Beni Tamou. Sur place, on a l’embarras du choix : les « aâchabine » sont partout dans la ville. Parfois même l’un à côté de l’autre. Dans une villa avec grande cour, l’un des « médecins herboristes » reçoit ses « patients ». Les deux salles d’attente grouillent de monde. La somptueuse villa compte trois services, un généraliste. Il faut d’abord passer par la réception pour s’inscrire. Dans une autre salle, cinq femmes préparent les traitements à base de plantes médicinales purement traditionnelles. Le traitement est préparé sur prescription du médecin juste après la consultation. En ce vendredi matin, on note une affluence record. D’ailleurs, les retardataires risquent carrément d’y passer la journée. « C’est toujours le cas. Il a une bonne réputation ce médecin. Les gens viennent de partout. Pour passer tôt en consultation, sans exagérer il faut passer la nuit ici », nous déclare Soumia, visiblement harassée par un long voyage.

Venue soigner sa stérilité, elle nous raconte : « Cela fait cinq ans que je suis mariée, mais je n’ai pas encore enfanté. Mon mari a fait tous les bilans nécessaires, et il s’est avéré que le problème vient de moi. J’ai fait le tour des spécialistes, en vain. On m’a parlé de cette méthode qui a porté ses fruits, alors je tente ma chance ! Peut-être que cela donnera un résultat ». Assise à côté d’elle, une mère de famille venue avec son fils nous a affirmé : « J’ai appris récemment qu’avec des plantes, on peut réguler le taux de glycémie et même la tension. Me voici donc ici. Et j’espère partir avec un peu d’espoir ». Dans l’autre salle d’attente, Mohand, venu d’Aïn El-Hammam, souffre d’insuffisance rénale. « Tous les bilans que j’ai faits indiquent que mon état est critique et nécessite immédiatement l’hémodialyse, ce que je n’admets pas. J’ai fait des bilans même en Tunisie et en France, le diagnostic est le même. Tous les indicateurs sont au rouge pour moi. Dernièrement, ma belle-fille m’a parlé de cette thérapie. Il paraît qu’il y a des plantes qui peuvent diminuer le taux de créatine dans les reins. Donc, je n’ai pas hésité une seconde à venir », nous a-t-il déclaré.

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PLantes medicinales d’Algérie

Un terrain conquis

Engouement n Au 15 juin 2011, le nombre des commerçants inscrits au registre du commerce dans l’activité « Herboriste » avait atteint les 1 597.

La phytothérapie, une des plus vieilles branches de la médecine alternative, semble gagner du terrain en évoluant en parallèle de la médecine moderne pour finalement s’imposer comme son « concurrent le plus acharné et le plus risqué », à en croire les connaisseurs. En effet, un grand nombre de boutiques se spécialisent dans la vente de plantes médicinales, ce qui n’a rien de bien original sauf que, lentement mais sûrement, la simple opération de vente de ces produits cède la place à des consultations et des pratiques proches, à s’y méprendre, de l’acte médical en vigueur chez les médecins ou en milieu hospitalier. Pourtant, avertissent des agents des autorités publiques, si l’activité de vente d’herbes médicinales relève de la pratique commerciale normale, la transformation de ces commerces en cliniques médicales est purement illégale.

Des chiffres recueillis par InfoSoir auprès du Centre national du registre du commerce (CNRC) confirment en effet ce constat. Ainsi, le nombre de commerçants inscrits au registre de commerce dans l’activité « Herboriste », et ce jusqu’au 15 juin 2011, est de 1 597. Un chiffre important vu le retard accusé dans cette activité en Algérie. Et Alger pointe à la première place en nombre d’herboristes « légaux » avec un total de 153 sur tout le territoire de la wilaya, suivie de Bordj Bou-Arréridj et Sétif avec respectivement 141 et 119 herboristes inscrits. Pour les commerçants inscrits au CNRC dans l’activité « Marchand ambulant en herboristerie » jusqu’en juin 2011, leur nombre a atteint au total 584.

La wilaya de Sétif caracole largement en tête du classement avec 232 marchands ambulants, suivie d’Alger avec seulement 38 exerçant. Pour Abdelhamid Boukehnoune, le directeur général de contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce, dans une déclaration récente à l’APS, la vente d’herbes médicinales est, juridiquement, « une activité commerciale normale qui relève du code d’activité et n’est soumise à aucune licence, mais la pratique du traitement et de la conversion de ces magasins en cliniques médicales n’est pas autorisée légalement ».

Le Dr Soheib Hachaïchi* à InfoSoir

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Plantes médicinales d’Algérie

Entité n MagPharm est un laboratoire pharmaceutique algérien dont la vocation est de fournir des solutions pour la santé, le bien-être et la beauté. Il a vu le jour en 2003 avec la création de la première gamme de phytothérapie en Algérie. Soheib Hachaichi, son directeur, a accepté de répondre à nos questions.

- InfoSoir : Quel est l’état général de l’activité de la phytothérapie en Algérie ?

Le Dr Hachaïchi Soheib : L’utilisation des plantes médicinales fait partie intégrante de notre culture et de nos traditions. Mais après l’indépendance, la mise sur le marché de médicaments (faciles d’utilisation) remboursés par la sécurité sociale, a eu pour conséquence l’abandon du traitement par les plantes. En moins de dix ans, nous avons adopté un mode de vie à l’occidentale et là, nous nous sommes retrouvés confrontés à de nouvelles maladies. Des maladies qui n’ont pas forcément un traitement spécifique, d’où le retour en force des Algériens vers la nature et particulièrement la phytothérapie. Reconnues pour leurs actions thérapeutiques en profondeur sur l’organisme, les plantes médicinales s’avèrent la solution idéale aux problèmes et désordres secondaires liés à notre mode de vie actuel. MagPharm Laboratoire a pour vocation d’apporter des solutions naturelles spécifiques pour la santé et le bien-être qui sont spécialement adaptées à notre population.

Nous avons donc développé la gamme PhytoPharm™ qui propose aux patients, aux médecins et aux pharmaciens un panel d’environ 40 produits à base d’extraits standardisés de plantes, dont l’efficacité a été cliniquement prouvée et qui ont su satisfaire les différents besoins de toute la famille algérienne, du nourrisson à l’adulte, en passant par l’adolescent, la femme qui allaite, la femme ménopausée, etc. Nos produits sont présentés sous des formes modernes et pratiques d’utilisation : gélules, sirops, baumes, tisanes en infusettes…

- D’aucuns estiment que c’est imprudent de faire appel à des plantes et des herbes pour se soigner. Ils n’y croient pas. Qu’en dites-vous ?

A mon avis, c’est tout à fait légitime d’être sceptique et donc prudent vis-à-vis de produits utilisés pour soigner, principalement lorsque ces derniers sont vendus sous forme de sachets, qui ne comportent aucune information ni sur la composition ni l’origine ni la posologie… D’ailleurs, l’une des raisons qui nous ont poussés à développer notre gamme est justement de pouvoir offrir aux professionnels de la santé ainsi qu’aux patients pour la première fois en Algérie, des produits à base de plantes certes mais testés, étudiés et fournis dans un emballage et munis d’une notice d’informations à même de rassurer le plus possible le patient sur ces remèdes fabriqués selon des normes pharmaceutiques internationales strictes.

Propos recueillis par K. B.

*Directe ur médical de MagPharm

InfoSoir


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Réactions

Logo de Saphir Bleu Azur
jeudi 29 septembre 2011 à 00h45, par  Saphir Bleu Azur

Oubliée par mégarde avec l’apparition de la médecine gratuite et vu la crise économique ,elle reviens pas car ces praticiens ont disparus , mais on la sillicite aveuglement .

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