Polémique autour de la débaptisation de l’université d’Alger, L’ONM écrit à Bouteflika

mardi 31 août 2010
par BENKAM

Cette mesure, en apparence anodine, éveille les soupçons de l’ONM qui se pose des questions sur ses non-dits politico-historiques.

Le ministre de l’enseignement supérieur a véritablement mis les pieds dans le plat en prenant une décision de procéder au changement de dénomination des universités d’Alger. Trois décrets exécutifs signés par le Premier ministre portant “changement de la dénomination de l’université d’Alger” viennent d’être publiés dans le journal officiel du 14 juillet 2010. En vertu des ces décrets, la faculté d’Alger devient “université d’Alger 1”, la faculté des sciences humaines et sociales de Bouzaréah devient “université d’Alger 2” et celle de Dély-Ibrahim “université d’Alger 3”. Ce changement de dénomination, auquel Rachid Harraoubia a fini par accéder, est en fait une revendication des étudiants.

Ces derniers considèrent qu’un diplôme aurait plus de valeur et de reconnaissance à l’étranger en portant l’entête de l’université d’Alger, qui garde tout de même un certain prestige. Pour nos partenaires étrangers, selon les étudiants, l’université de Bouzaréah, Birkhadem ou tataouine-les-bains, ça ne veut rien dire. Il y a donc, a priori, un souci de pragmatisme à la base de cette décision qui met, du coup, nos universités un peu à la mode française avec des appellations comme “Paris 1” “Paris 2”. Sauf que dans le cas de l’université d’Alger, il y a un télescopage entre pragmatisme et histoire. Pour la simple, mais bonne raison que cette université porte le nom d’une personnalité historique et pas des moindres, en l’occurrence Benyoucef Ben Khedda, le 2e président du GPRA. Si d’aventure la plaque portant son nom au fronton de la “fac” d’Alger venait à être retirée, le geste n’échappera pas à des interprétations politiques dans ce contexte où l’histoire de la révolution algérienne est au cœur du débat politique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la puissante organisation des moudjahidine, à travers son bureau d’Alger, vient d’écrire une lettre au président Bouteflika qui, soit dit en passant, avait présidé il y a quelques années, à l’occasion de la journée de l’étudiant, célébrée chaque 19 mai, une cérémonie officielle de baptisation de l’université d’Alger du nom de Benyoucef Ben Khedda. Dans cette lettre, l’ONM d’Alger fait part de son émotion tout en s’interrogeant sur les motifs de la démarche. “Nous avons l’honneur et le devoir de vous faire part de l’émotion et des réactions qu’a suscitées parmi les moudjahidine la publication au journal officiel n°44 du 21 juillet 2010 du décret exécutif portant changement de dénomination de l’université d’Alger”, écrivent l’ONM d’Alger et l’Association historique et culturelle du 11 décembre 1960. Pour ces deux associations, il ne s’agit ni plus ni moins qu’“en fait et en droit à supprimer purement et simplement la baptisation de cette université au nom du défunt et regretté Benyoucef Ben Khedda que vous avez personnellement présidée”. Les signataires de la lettre tentent de mettre en porte-à-faux la démarche du ministère de l’enseignement supérieur avec le président de la république en soulignant que “cette mesure, dont le prétexte et le motif ne sont pas indiqués, ignore votre décision qui vous honorait et qui a d’ailleurs reçu une application officielle et publique durant plusieurs années”. Est-ce que la décision a eu l’approbation préalable du président ? La chose reste à vérifier pour les auteurs de la lettre, à moins qu’il ne s’agisse, disent-ils, que “d’une simple clause de style”. En tout état de cause, cette mesure est jugée “discriminatoire” au sens où la débaptisation n’a touché aucune autre université portant un nom d’une personnalité historique. “L’histoire jugera en fonction du passé révolutionnaire et du comportement personnel et politique de ce grand patriote qui a été de tous les combats pour la libération du peuple algérien et qui a toujours placé l’intérêt du pays au-dessus de toute considération ou ambition”, concluent les auteurs de la lettre. Ce qui nous amène, par ailleurs, à se demander si le ministre de l’enseignement supérieur a agi sans mesurer la portée politique de la décision ou bien il y a une volonté quelque part d’orchestrer une seconde mort de Benyoucef Ben Khedda.

Liberté


Noter cette article :
bottom

Réactions

Logo de BENKAM
mardi 30 novembre 2010 à 13h12, par  BENKAM

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 31/08/2010 08:00 Mis à jour : 31/08/2010 13:36
Re : Polémique autour de la débaptisation de l’université …
Curieuse coincidence…avec le CEM D’EL HARRACH.Le gouvernement essaye d’effacer la "mémoire" de tout un peuple.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 31/08/2010 16:00 Mis à jour : 31/08/2010 16:31
Re : Polémique autour de la débaptisation de l’université …
Pourquoi veut on mettre college Dahmane el Harrachi à la place de Malika Gaid ?
Pourquoi veut on mettre Université d’Alger à la place de Benyoucef Ben Khedda ?
Pourquoi la toute puissante « ONM » réagit pour Benkhedda et pas pour Malika Gaid ?
Pourquoi nos cités ont des noms en chiffres (cité des 1000, cité des 800 lgts,) ? ou cité Ekité, bon marché ?

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 31/08/2010 16:58 Mis à jour : 31/08/2010 17:22
Re : Polémique autour de la débaptisation de l’université …
Vous dites pourquoi nos cités sont nommées par des numéros ? Vous avez raison de pose cette question. Ma mère allah yarhamha en ce Ramadhan béni, me disait : "Pourquoi nos pièces de monnaie sont à l’effigie des animaux ?" Je n’ai pas trouvé réponse à lui donner.
Quant à débaptiser certains édifices, les autorités, elles seules savent pourquoi elles le font, ce n’est certainement pas sans raison.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 31/08/2010 17:46 Mis à jour : 31/08/2010 17:56
Re : Polémique autour de la débaptisation de l’université …
« Ce changement de dénomination, auquel Rachid Harraoubia a fini par accéder, est en fait une revendication des étudiants. »
C’est une explication qui n’a aucun sens, aussi depuis quand vous écouté les condoléances des étudiants ? Vous aurez pu rajouter Alger 1 ou 6 sans toucher au nom de l’illustre militant Benkhedda. En France, votre référence en matière de beaucoup de choses, les universités gardent les noms des illustres hommes de science ou de politique tout en rajoutant le 1, le 2 ou 10… exemple :

Université Paris Descartes - Paris 5
Université Charles de Gaulle - Lille 3
Université Jean Moulin- Lyon 3
Université Montesquieu - Bordeaux 4

Etc etc etc etc

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 31/08/2010 22:22 Mis à jour : 31/08/2010 22:37
Re : Polémique autour de la débaptisation de l’université …
Peut-être vont-ils baptiser un édifice encore plus prestigieux au nom Benkhedda.

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 02/09/2010 00:21 Mis à jour : 02/09/2010 00:42
Re : Polémique autour de la débaptisation de l’université …
Oui bientôt nos universités seront : Boutef1…Boutef2…..pauvre algérie. Un Snipper ;-sans commentaire

Auteur Conversation
invité(e) Posté le : 04/09/2010 12:25 Mis à jour : 04/09/2010 14:11
Re : Polémique autour de la débaptisation de l’université …
Bonjour,

Imaginez un instant qu’ne France on débaptise l’université Charles de Gaulle de Lille ou Mendes France de Grenoble ou… ON aurrait eut un tolé général.
Ou est la classe politique ? ou est la famille révolutionnaire
Allah Yerahmek ya Si BEN KHEDDA

Brèves

22 mai - Salon des arts plastiques de Jijel Une vitrine pour encourager et promouvoir les plasticiens locaux

Ces derniè

22 mai - TEXENNA (JIJEL) 67 millions de dinars pour l’assainissement

Une envelo

22 mai - TAHER : 8,44 MILLIONS DE DINARS POUR L’ÉTUDE DU RÉSEAU DE DISTRIBUTION D’EAU

Une étude

19 mai - EL MILIA PROLIFÉRATION DES RATS

La ville

19 mai - RAHIMA NEMER. Elue députée sur la liste de l’UFDS

Ademi-mot,
tonimage tonimage

Top Articles