Pour le rapatriement des restes mortuaires algériens conservés dans les musées français.

lundi 6 juin 2011
par Farid Belkadi

Nous signataires, auxquels se joignent des personnalités amies de l’Algérie, toutes familles politiques confondues, Appelons le Président de la République Abdelaziz Bouteflika et le gouvernement algérien, à entreprendre diligemment auprès de l’État français, les démarches nécessaires au rapatriement en Algérie des restes mortuaires de résistants algériens conservés dans les musées français. Appelons les membres influents de la société française à se joindre à cette noble action. Sachant que les insurrections des algériens contre la France coloniale sont consommées depuis bien longtemps. Une proposition de loi exigeant « la restitution de toutes les têtes maories détenues en France » a été adoptée le 4 mai 2010 par le parlement français, à l’issue d’une bataille engagée depuis de longues années par le peuple maori de Nouvelle-Zélande. La première tête d’un guerrier maori momifiée qui était conservée au muséum de Rouen depuis 1875, a ainsi été restituée lundi 9 mai à des émissaires néozélandais du musée Te Papa Tongareva de Wellington. La restitution des autres dépouilles maories doit se poursuivre au cours des mois à venir. Ces manquements détestables aux règles morales les plus rudimentaires, aucune culture ne saurait y souscrire, aucune croyance ne peut les admettre. Aucune pratique de piété ne peut permettre qu’un corps soit délibérément séparé d’un bras, d’une jambe ou de la tête pour finir naturalisé dans un musée pour la postérité. Sauf à faire volontairement don de son corps à la recherche scientifique ou pour des raisons médicales envers son prochain. Par delà les tactiques et les calculs politiciens, partant du principe démocratique que l’influence citoyenne sur les décideurs peut être non-négligeable, les signataires de la présente pétition demandent aux autorités françaises, d’étendre aux restes mortuaires des dizaines de partisans algériens à la colonisation, actuellement conservés dans les musées français, le bénéfice de la loi adoptée par le parlement de la France, qui préconise « la restitution de toutes les têtes maories détenues en France ». IL NE SAURAIT Y AVOIR DEUX POIDS ET DEUX MESURES DANS LE TRAITEMENT DES DÉPOUILLES HUMAINES CONSERVÉES DANS LES MUSÉES DE FRANCE.

Parmi les restes qui ont été identifiés au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, figurent les crânes appartenant à : Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Chérif "Boubaghla", à Cheikh Bouziane, chef de la révolte des Zaatchas, à Moussa El-Derkaoui, à Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui. La tête momifiée d’Aïssa Al-Hamadi, qui fut le lieutenant du Chérif Boubaghla, fait partie de cette découverte effectuée au début du mois de mars 2011 par le rédacteur de cette pétition, qui a pu constater la présence de restes mortuaires de plusieurs dizaines de partisans algériens dans le même musée. Selon Mr Philipe Mennecier, du MNHN de Paris, "rien n’empêcherait le rapatriement de ces restes mortuaires. Il suffit que la partie algérienne en formule la demande. Ce sont à l’origine des donations qui font partie du patrimoine national. Et seul un accord entre l’État algérien et l’État français pourrait faciliter la démarche de rapatriement". Nous, signataires de la présente pétition, ombrageux du sort indigne qui est fait à la mémoire de ces vaillants guerriers de l’Algérie, pays libre exerçant tous ses droits dans le concert des nations, demandons aux autorités algériennes et françaises d’agir en commun, sans attendre, par delà les tactiques et les calculs politiciens, pour le rapatriement impérieux des restes mortuaires de ces résistants à la colonisation française, afin qu’ils soient dignement enterrés dans leur sol natal.

Ali Farid BELKADI (Chercheur, Historien Alger/Paris). Date de création : 27-05-2011

LA PÉTITION qui doit comporter Nom, prénom, profession, ville, pays, est à adresser : Alifbelkadi@aol.com

Pour de plus amples informations sur cette étude effectuée au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris par l’auteur de ce Blog, lire le texte qui est paru le 9 mai 2011 dans le journal l’Expression (Alger) :

http://www.lexpressiondz.com/articl….

Tesxte repris sur le site de la Ligue des Droits de l’Homme Toulon :

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?…

Ainsi que par la plupart des journaux algériens :

http://www.elwatan.com www.elwatan.com www.algerie-focus.com/ www.el-annabi.com www.lepost.fr/ www.monjournal.ma www.lematindz.net/ www.forum-algerie.com/ www.tamanrasset.net www.en-afrique.info/ www.algeriesoir.com/ www.letempsdz.com/ www.horizons-dz.com/ www.lequotidienalgerie.org/ ……liste non exhaustive

les restes mortuaires de résistants algériens à la colonisation française retrouvés dans un musée parisien

Les restes mortuaires de dizaines d’Algériens qui ont résisté à la colonisation française au xixe siècle ont été retrouvés au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, a révélé un chercheur en histoire, l’Algérien Ali Farid Belkadi, dans une déclaration diffusée par l’APS, samedi 7 mai 2011.

On y trouve notamment des restes de Chérif Boubaghla [1] et de Cheikh Bouziane des Zaâtchas, le chef des révoltés qui ont tenu l’armée française en échec pendant deux mois en 1849, dans l’oasis des Zaâtchas, où il devait trouver la mort.

[Ajouté le 29 mai 2011] – Une pétition appelant le président Abdelaziz Bouteflika et le gouvernement algérien à entreprendre « auprès de l’État français, les démarches nécessaires au rapatriement en Algérie des restes mortuaires de résistants algériens conservés dans les musées français » a été lancée par Ali Farid Belkadi : http://restesmortuairesderesistants…

[Mis en ligne le 7 mai 2011, mis à jour le 29]

HISTOIRE DE L’HORREUR ORDINAIRE, les 900 Oreilles de Benghana

Les anciens égyptiens, sectionnaient les oreilles ou émasculaient les dépouilles de leurs redoutables ennemis berbères Tehenu ou Mashwasha sur les champs de batailles, avant de les amonceler en tas morbides sous les fenêtres de Pharaon. Leurs adversaires en faisaient autant, sinon pire. C’est ainsi que, jusqu’à une époque récente, tout le monde coupait la tête à tout le monde, les turcs suspendaient les suppliciés à des grappins de boucher sur les remparts de la porte Bab-Azzoun à Alger. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les français décapitaient les bretons. Les irlandais s’en prenaient de la même manière aux anglais et réciproquement. Le MNHN de Paris détient des myriades de têtes dans ses cartons. Elles portent chacune un numéro matricule, comme les vivants sont répertoriés à la sécurité sociale.

Du coté de l’Algérie, les Al-Mokrani qui furent de chevronnés coupeurs de têtes de résistants algériens, sont portés aux nues, et exagérément célébrés, par une fondation interlope de même nom, La fondation Al-Mokrani qui a pignon sur rue à Alger.

Benghana

Le Bachagha Benghana coupait les oreilles des résistants algériens auxquels il tendait des embuscades avec ses goumiers. Puis il les entassait dans des couffins, qu’il remettait ensuite aux officiels français, contre espèces sonnantes et trébucantes. On l’honora de menues broutilles pour services inestimables rendus à la France coloniale.

Benghana envoya au Général Négrier le sceau, les oreilles et la barbe du chef de guerre Farhat Bensaïd, qui fut attiré dans un guet-apens, chez les Oulad-Djellal. Le fils de Farhat Bensaïd, Ali-Bey, qui avait échappé aux coups des Bou-Azid, alliés à Benghana et aux français, accablé par l’évènement, se rendit au général Sillègue, à Sétif. Une autre fois, un membre de la famille Ben-Gana, Khaled, qui s’était vaillamment conduit lors d’une sanglante répression contre des insurgés algériens, présenta, au général, comme pièces justificatives, deux étendards (le troisième avait été déchiré par ses goumiers) et des sacs contenant 900 oreilles coupées aux cadavres. Le commandant de Constantine qui n’en demandait pas tant de la part des Benghana, ému par autant de zèle, envoya au gouverneur un rapport laudatif sur cette affaire. A l’occasion de la fête du roi (premier mai), le général Galbois se rendit auprès des Benghana et fut reçu au bruit des salves tirées avec les canons récupérés sur le champ de bataille. Les canons lui furent ensuite remis. Sont-ils aux Invalides, à Paris ? On déploya une pompe et une mise en scène grandiose à l’occasion, dont l’organisation fut attribuée à Ismaël Urbain. Benghana reçut à cette occasion, la croix d’officier et une gratification de 45.000 francs, comme appointements sur quoi furent prélevées les sommes payées de sa poche à ses goumiers.

Les Benghana et leurs goumiers investirent les Zaatchas avec les troupes du Général Herbillon, la tête de Bouziane et celle de son lieutenant Si Moussa Al-Darkaoui figurent parmi leurs sordides butins.

Un mot encore sur ces Juda de l’Algérie ancienne, c’est le caïd des Béni-Ayad, guide et interprète des colonnes françaises, parti en éclaireur à la recherche d’un point d’eau, qui découvrit par hasard au détour d’une colline, la fameuse Smala de l’Émir Abdelkader. Une ville nomade prodigieuse de 20.000 ou 30.000 âmes, s’étalait à perte de vue dans la vallée, sous les yeux ébahis du caïd des Béni-Ayad qui s’empressa de porter la précieuse nouvelle à son maître, le Duc d’Aumale. On sait la suite. Le Duc d’Aumale profita de l’effet de surprise pour enlever une menue partie de la Smala de l’émir Abdelkader, et non pas toute la Smala comme il est souvent écrit par les historiens coloniaux. C’est lors de cette opération militaire française que l’émir perdra sa précieuse bibliothèque, évaluée à des milliers de livres, dont d’inestimables manuscrits, qui sont de nos jours détenus dans des collections privées, éparpillés dans le monde. La mère de l’émir et une de ses femmes s’enfuirent sur un mulet, protégées par les cavaliers rouges de l’émir. Des notables, des femmes, des enfants furent faits prisonniers. Les adultes seront envoyés au bagne de l’île Sainte Marguerite. Les enfants pris, seront expédiés en France où ils reçurent une éducation gauloise. Parmi ces enfants, Ahmed Ben Rouila, né à Alger, en 1830 ; le fils cadet de Si Kaddour ben Rouïla, le lieutenant de l’Émir Abd-el-Kader et son conseiller personnel. C’est ainsi que, capturé enfant par le duc d’Aumale, lors de l’attaque de la smala de l’émir, à Taguin, en 1843, l’enfant sera conduit en France. Il deviendra élève au collège Saint-Louis, de Paris. Des années plus tard, entièrement francisé et n’ayant plus rien à voir avec la lutte de libération menée par son père, Ahmed ben Rouïla sera admis en 1850 au concours à l’emploi d’interprète. Deux ans plus tard, on le retrouve engagé volontaire dans l’armée française, il deviendra spahi. En 1864, au moment où éclata la révolte des Oulad Sidi-Cheikh, on le retrouve lieutenant adjoint au bureau arabe de Boghar, un grand bourg situé à l’orée du Sahara algérien.

Puis on perd sa trace, il est définitivement avalé par Charybde et Scylla.

Le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris détient une oreille, non-identifiée, un morceau de chair noircie, cataloguée parmi les têtes momifiées et les crânes, dans un registre officiel, en France, pays des droits de l’homme, au XXI° siècle. Il faudrait relire sérieusement cette Déclaration des Droits de L’homme, en filigrane, pour savoir si ces droits concernent pareillement l’homme mort, ou seulement ceux qui sont en vie, s’il s’agit de blancs. Au Maghreb ou en Afrique aucun musée ne détient de restes mortuaires humains dans ses réserves.

Les anciens égyptiens classifiaient-ils de la même manière les oreilles de leurs adversaires ? Eux qui écrivaient partout, sur les murs, sur les papyrus. L’oreille qui se dit ATENn dans la langue de l’Égypte ancienne, est proche de l’arabe OUDENn.

Espérons que l’on nous entendra et que les restes mortuaires des résistants algériens seront rapatriés à Alger.

Un grand merci à la fine-fleur algérienne, à l’élite, qui semble ne pas être concernée par ma pétition. Ils tiennent tout simplement à leurs postes.

Ali Farid BELKADI

1 juin 2011

Si Chérif Mohammed Lemdjed Ben Abdelmalek

Le résistant Si Chérif Mohammed Lemdjed Ben Abdelmalek, dit « BOUBAGHLA (l’homme à la mule) », en raison d’une belle mule grise qu’il montait, et qui composait toute sa fortune, fut le compagnon de lutte de l’héroïque Lalla Fatma N Soumer, qu’il devait épouser, n’eut été son assassinat par les frères Lakhdar et Boumezrag AL-MOKRANI en 1856. Son crâne sec, se trouve au MNHN de Paris.

Ch. A. Julien écrit : « Ces mahdi, sauveurs du peuple, représentent désormais la lutte intégrale contre l’envahisseur avec l’appui des confréries. Il ne s’agit plus d’une application de la loi religieuse mais d’une manifestation où le patriotisme prend une forme mystique. Il est caractéristique que la propagande des mahdi réussit surtout parmi les populations montagnardes, qui ne sont pas les plus religieuses mais les plus farou­chement attachées à leur sol natal.

Le crâne décharné de Boubaghla porte le numéro 5940, depuis la date de son entrée en 1880 au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. Pendant quatre ans, il tint constamment en haleine des dizaines de généraux du corps expéditionnaire français, l’armée d’Afrique. Un grand nombre de postes militaires, qui sont restés autant de points d’occupation, ont été créés dans plusieurs régions de la Kabylie pour contrarier les attaques incessantes des troupes de Boubaghla contre les soldats français et leurs alliés indigènes, parmi lesquels les Al-Mokrani.

Une lettre écrite par Lakhdar Al-Mokrani, adressée au commandant de la province de Constantine apporte son témoignage à la postérité : « Vous m’avez fait des compliments sur ma conduite, j’ai prié le colonel Dargent de vous assurer qu’il ne passerait pas un mois sans que le chérif Boubaghla soit tué ou soumis. C’est plus fort que moi je n’en ferai pas un mérite mais cet homme m’agaçait. Il fallait que lui au moi disparaissions S’il ne venait pas me chercher je voulais aller le tuer dans sa maison. Dieu me l’a mis entre les mains (sic) mardi soir (…) Je vous remercie des conseils que vous m’aviez donné car c’est à eux que je dois d’avoir pu satisfaire le besoin qui me tourmentait de me trouver face à face avec ce méchant homme. Dieu m’a récompensé en le mettant au bout de mon fusil ». Le signalement du résistant Boubaghla tel qu’il fut diffusé dans un tract de l’époque aux troupes françaises et à leurs alliés indigènes est le Suivant : « Taille moyenne, teint basané barbe noire assez forte, sourcils noirs, nez gros, lèvres très prononcées, embonpoint considérable. Tatoué au milieu du front sur chaque tempe et sur le dos de la main droite qu’il conserve toujours fermée Sur chaque épaule il y a écrit la formule La ilaha illa Allah Mohammed rassul Allah (nulle divinité si ce n’est Dieu Mohammed est son prophète) Il lui manque une dent incisive à la mâchoire supérieure. La peau qui porte le sourcil droit est détachée et retombe sur l’œil sans le recouvrir complètement, l’œil n’est pas endommagé ». Cette description, due au Colonel Robin est juste, car il manque effectivement une dent incisive au crâne de Boubaghla, tel que nous l’avons constaté au début du mois de mars dernier (2011) au MNHN de Paris. La mort du chérif Boubaghla est relatée dans les archives françaises de l’époque en ces termes : « L’alerte a été donnée à Tazmalt et le goum qui s’y trouvait sous les ordres de Lakhdar Mokrani était monté précipitamment à cheval et était accouru sur les lieux. Boubaghla cherche à regagner à toute vitesse les Beni-Mellikech. Mais le chemin qu’il a pris dans la plaine de Tablat est détrempé par les irrigations qu’on a faites la veille. Son cheval Djiouad qu’il montait ce jour-là ne peut plus avancer et déjà les cavaliers de Lakhdar Mokrani arrivent sur lui et lui envoient des coups de fusil. Il met alors pied à terre et gagne rapidement un ravin boisé où on ne pouvait pas le suivre à cheval et où il espérait rejoindre ses hommes des Beni-Mellikeuch, en se glissant dans les broussailles Abdelkader Al-Madboh et A’arab Oukerrouch ses deux compagnons avaient fui dans une autre direction. Le caïd Lakhdar AI-Mokrani n’avait avec lui à cet endroit que son frère Boumezrag AI-Mokrani et trois cavaliers. Il leur fait mettre pied à terme et tous se lancent à la poursuite du chérif (…) Boubaghla demande la vie sauve disant qu’on aura plus de profit à le livrer vivant que mort. Mais de nouveaux coups de feu partent sur le chérif et Lakhdar se précipite sur lui malgré sa blessure et lui coupe la tête avec son couteau sans attendre qu’il eut cessé de vivre ». Le jour de sa mort, Boubaghla, avait fait venir le barbier. Il s’était fait raser la tête en disant : « Il faut que ma tête soit propre car ce soir elle sera promenée dans les tribus ». Ses propos sont rapportés par sa femme. Le soir on rapporta le corps de Boubaghla. Il portait plusieurs blessures sur le corps. Sa main présentait une plaie, car il avait vainement tenté d’écarter le couteau avec lequel les Al-Mokrani allaient le décapiter. Au moment de son enterrement il se produisit quelque chose d’extraordinaire. Plusieurs perdrix vinrent se poser sur le monticule de terre que formait la tombe sans se soucier aucunement des gens qui se tenaient debout à proximité. La tête de Mohammed Lemdjed Ben Abdelmalek plus connu sous le sobriquet de Bou Baghla « l’homme à la mule » git quelque part, dans une boîte cartonnée , dans les réserves d’un musée français.

Ali Farid BELKADI 1 juin 2011

Louis Veuillot

"Par quel moyen le "Journal des Débats" veut-il que nous puissions détruire les croyances de toute l’Algérie ? Y en a-t-il un autre que de faire aux Arabes une guerre d’extermination, ou de ruiner, par les bienfaits chrétiens de la civilisation chrétienne, cette redoutable foi qui leur fait inaltérablement espérer la victoire et chercher la mort ? Il n’y a pas trois procédés pour soumettre l’Algérie et la tenir en paix : il faut vaincre Mahomet, ou exterminer les Arabes ; il faut amener ces peuples au Christianisme, qui seul les rendra Français, ou accepter la mission sauvage et funeste de les détruire. C’est à choisir entre le missionnaire qui donne, au besoin, sa vie sans la défendre pour frayer la route à l’Évangile, ou le soldat, dont le courage, respectable aussi, devient aisément cruel. Il faut bâtir des églises ou allumer des fascines aux issues des grottes du Dahra. De ces deux moyens, quel est celui que le Journal des Débats préfère dans sa tolérance et dans son amour pour l’humanité ?".

Mélanges religieux, historiques, politiques et littéraires, 1842-1856, Louis Veuillot, éd. Gaume, 1857, La croisade en Algérie (7 juin 1847), p. 565

http://restesmortuairesderesistants…

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Prise d’assaut de Zaatcha par le colonel Canrobert, le 26 novembre 1849, par Jean-Adolphe Beaucé (1818-1875)

Les restes mortuaires de chefs insurrectionnels algériens retrouvés dans un musée à Paris

[El Watan, le 7 mai 2011, 13h37 [2]]

Ce spécialiste de l’histoire antique et de l’épigraphie libyque et phénicienne, qui s’intéresse également à la période coloniale, a précisé que certains fragments de corps étaient conservés au MNHN de Paris, depuis 1880, date à laquelle ils sont entrés dans la collection "ethnique" du musée.

Ces restes, des crânes secs pour la plupart, appartiennent à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Chérif "Boubaghla" (l’homme à la mule), au Cheikh Bouziane, le chef de la révolte des Zaatchas (dans la région de Biskra en 1849), à Moussa El-Derkaoui et à Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui. La tête momifiée d’Aïssa Al-Hamadi, qui fut le lieutenant du Chérif Boubaghla, fait partie de cette découverte.

De même que le moulage intégral de la tête de Mohamed Ben-Allel Ben Embarek, le lieutenant et alter ego de l’Emir Abdelkader. Selon les indications fournies par le chercheur, l’origine, la date d’entrée au musée et l’identité des sujets algériens insurgés contre l’autorité française sont inscrites dans la base de données du MNHN sous la forme : "Don du Dr Cailliot, 1881-37 Yaya Ben Said N° 6872, crâne a.m.i" ou encore en ce qui concerne le crâne de Boubaghla : "Don de M.Vital, de Constantine, 1880-24, Bou Barla, dit Le Borgne. 5940, crâne s.m.i".

"Il a fallu des recherches subsidiaires pour savoir qui était qui, en ce qui concerne les donateurs ou les collectionneurs, certains sont médecins militaires, d’autres sont anthropologistes", a confié le chercheur, qui signale que les crânes de Boubaghla, de Bouziane, de Moussa Al-Darkaoui… portent tous un numéro d’ordre inscrit à même l’os.

Ils sont calfeutrés dans de vulgaires boîtes cartonnées, qui évoquent les emballages des magasins à souliers ! Ces boîtes sont elles-mêmes rangées dans les étagères d’énormes armoires métalliques grises aux portes coulissantes, fermées à double-clé, une bien triste fortune pour des hommes de la trempe de Chérif Boubaghla qui sacrifia sa vie et son existence pour que vive l’“Algérie libre”, a-t-il regretté, en exhibant des photos des restes de ces héros.

Pour le chercheur, qui est le premier algérien à avoir accès à cette collection, le but de son travail n’est pas de faire un exposé nécrologique sur la découverte "accablante" de restes mortuaires d’Algériens gardés dans des boîtes cartonnées ou du formol dans un Musée français, mais "d’attirer l’attention sur ces symboles forts de l’histoire contemporaine de l’Algérie, qui sont privés de sépultures".

Selon le directeur des collections au MNHN de Paris, Philipe Mennecier, "rien n’empêcherait le rapatriement de ces restes mortuaires. Il suffit que la partie algérienne en formule la demande". "Ce sont à l’origine des donations qui font partie du patrimoine national. Et seul un accord entre l’Etat algérien et l’Etat français pourrait faciliter la démarche de rapatriement", a-t-il précisé.

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L’Expression, le 8 mai 2011

Compléments [3]

Selon des récits concordants d’historiens, c’est le général Herbillon qui donna l’ordre d’exécuter le Cheikh Bouziane et ses compagnons.

La tête du Cheikh fut fixée à la baïonnette d’un fusil, à la baguette fut pointée celle de son fils et sur la capucine fut ajustée celle du chérif Moussa al-Darkaoui. Ces têtes furent exposées dans un camp pour "convaincre les sceptiques de leur mort et servir d’exemple à ceux qui essaieraient de les imiter", selon un texte de l’époque. Elles furent exhibées ensuite au marché de Biskra. Lors d’un séminaire national sur “l’épopée des Zaatchas” organisé en mai 2009 à Biskra, les participants avaient "exigé" de la France "la restitution des crânes de trois héros de la résistance", décapités lors de la révolte des Zaâtchas, sans avoir pu identifier le lieu de conservation des restes de Bouziane et de ses compagnons, ni attester de leur éventuelle existence.Selon M. Belkadi, on doit au Dr F. Quesnoy l’illustration représentant les têtes coupées de Bouziane, de son jeune fils et de Moussa Al-Darkaoui, qui furent exposées ensemble à Biskra, fixées sur des pals. Cependant, le crâne du fils de Cheikh Bouziane n’a pas pu être identifié dans les collections du MNHN. Il doit figurer sous un autre nom au MNHN, "ce qui signifie qu’il y a de fortes chances qu’il ait été définitivement égaré", a-t-il relevé.

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« Bou-Zian, son fils et le chériff Si Moussa, retrouvés parmi les défenseurs, furent décapités et leurs têtes exposées au camp afin que tous les Arabes sussent bien que les fauteurs de l’insurrection avaient payé de leur vie leur incroyable présomption.
« Après avoir été exposées pendant deux jours au camp sous Zaatcha, ces têtes furent également exposées au marché de Biskra, où tous les Arabes des Zibans et de l’Aurès s’étaient donné rendez-vous. [4] »

La prise de l’oasis de Zaâtcha en 1849

« […] la grande affaire africaine de l’année : le siège et la prise de l’oasis de Zaatcha par plusieurs puissantes colonnes sous le commandement du général Herbillon. La résistance a duré deux mois, les Français ont eu 1500 tués et blessés “sans compter les victimes du choléra”. Zaatcha restera dans les annales de la conquête comme l’un des combats les plus meurtriers. Canrobert, qui y a pris une part glorieuse, évoque la prise de Constantine. L’assaut s’est terminé par un massacre général, qui a donné lieu à des “scènes déplorables”, racontées par un témoin, Baudricour : “Les zouaves, dans l’enivrement de leur victoire, se précipitaient avec fureur sur les malheureuses victimes qui n’avaient pu fuir. […] Il est très fâcheux que les officiers ne soient pas plus maîtres en expédition de leurs troupes d’élite qu’un chasseur ne l’est d’une meute de chiens courants quand elle arrive avant lui sur sa proie. Sans doute l’ennemi vaincu tremble davantage en présence de pareils actes, mais aussi sa haine devient implacable contre le vainqueur.” Heureusement, le colonel Dumontet, du 43e de ligne, a une vision plus optimiste de l’événement : “L’élan de nos soldats a été admirable… Le sévère châtiment infligé à cette oasis a produit un salutaire effet.”

François Maspéro, L’honneur de Saint-Arnaud [5]

P.-S. [Ajouté le 8 mai 2011] – Un article de Ali-Farid Belkadi publié dans L’Expression : http://www.lexpressiondz.com/articl….

[Ajouté le 9 mai 2011] – La fierté retrouvée des Maoris : La restitution, lundi 9 mai, par la ville de Rouen d’une tête maorie à la Nouvelle-Zélande est suivie avec émotion dans ce pays.

Notes [1] Mohammed Lamjad ben Abdelmalek, dit le Chérif Boubaghla, fut l’initiateur d’une révolte populaire, qui porte son nom, contre la colonisation française dans la région du Djurdjura. Il dirigea cette insurrection, jusqu’à sa mort, le 26 décembre 1854. Plus de détails : http://www.1novembre54.com/frame.ph….

[2] Référence : El Watan, daté du 7 mai 2011.

[3] Référence : http://www.algerie-focus.com/2011/0….

[4] Dr F. Quesnoy, L’armée d’Afrique depuis la conquête d’Alger, 1888. Source : : http://ia600301.us.archive.org/0/it…. La gravure se trouve page 289, le texte page 290.

[5] Ed Points-Seuil, février 1995, pages 312 et 313


Documents joints

[LDH-Toulon] les restes mortuaires de résistants
[LDH-Toulon] les restes mortuaires de résistants

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Réactions

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lundi 6 juin 2011 à 21h34, par  Abderahmane Mokrani

bELKADI PETIT FILS DU rOI kOUKOU qui est le coupeur de tête, ne s’agit il pas de ton Aieul, qui a la suite avait tendu une embuscade à Abdelaziz Mokrani , lui a coupé la tête pour la livrer au fils de ker eddine Barberousse, en guise de réc…ompense Le fils de Kher eddine a épousé la fille de Koukou ? ALORS QUE LA tËTE DU sULTANT ABDELAZIZ était suspendu durant Une semaine à babe Azoune et après enterré dans une caisse en argentMe Belkadi avant de se lancer dans des hasardements verifier l’histoire, et je crois qu’elle n’est pas éloquante pour votre famille, quand a Boubaghla, revisiter l’histoire avant de porter des accusations pour vous laver les Mains pleines de" sang de votre aieul et de sa projéniture !!!!

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dimanche 5 juin 2011 à 12h56, par  anonymous

La France civilisatrice et les bienfaits du colonialisme ! Sarcose et ses larbins devront relire l’histoire.

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